{"id":19405,"title":"Koen Theys - 1999 - Un cauchemar précieusement découpé [FR, essay]","dimensions":"4 p.","date_begin":null,"material":"","art_status_id":13,"legal_status_id":47,"category_id":25,"platform_id":1,"deleted":false,"asset_count":1,"stream_count":0,"collection":"Hans Theys Archive / Archief Hans Theys","cached_tag_list":"essay","publishing_process_id":1,"annotation":"","date_end":null,"reference":"","stream_count_app":13,"permalink":"koen-theys-un-cauchemar-precieusement-decoupe-fr-essay","description_ca":"","short_description_ca":"","description_it":"","short_description_it":"","cached_primary_asset_url":null,"cached_actor_names":"Hans Theys","hide_from_json":true,"prev_platform_id":null,"description_uk":null,"short_description_uk":null,"description_tr":null,"short_description_tr":null,"mhka_works":false,"category":{"en":"Text","nl":"Tekst","fr":"Texte"},"poster_image":null,"poster_credits":null,"translations":[{"locale":"en","short_description":"","description":"\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eUn cauchemar pr\u0026eacute;cieusement d\u0026eacute;coup\u0026eacute;\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eQuelques mots \u0026agrave; propos d\u0026rsquo;une exposition de Koen Theys\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nEn 1998 Koen Theys a r\u0026eacute;alis\u0026eacute; deux expositions avec des figures d\u0026eacute;tour\u0026eacute;es \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un ordinateur. La premi\u0026egrave;re exposition a eu lieu dans les couloirs d\u0026rsquo;un minist\u0026egrave;re bruxellois, la deuxi\u0026egrave;me \u0026agrave; la Galerie Xippas. Plusieurs personnes lui ont fait remarquer que la fa\u0026ccedil;on de d\u0026eacute;tourer ces images, de les coller sur de la mousse et de les accrocher au mur \u0026eacute;voquait pour elles l\u0026rsquo;\u0026eacute;cole maternelle. A la m\u0026ecirc;me \u0026eacute;poque, il est tomb\u0026eacute;, en parcourant des photos plus anciennes, sur une photo o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on voyait comment on \u0026laquo; apprenait \u0026raquo; collectivement \u0026agrave; des enfants \u0026agrave; remplir la silhouette d\u0026rsquo;un mouton avec des boules d\u0026rsquo;ouate et de la colle. Ce sont ces deux circonstances qui lui ont donn\u0026eacute; l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;aller prendre des photos dans des \u0026eacute;coles maternelles.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Difficile de saisir la \u0026laquo; signification \u0026raquo; de ces photos : d\u0026rsquo;abord elles repr\u0026eacute;sentent des choses assez h\u0026eacute;t\u0026eacute;roclites et puis nous ne comprenons pas pourquoi Koen Theys a photographi\u0026eacute; pr\u0026eacute;cis\u0026eacute;ment ces choses-l\u0026agrave;. En g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral, il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;objets, de dessins ou d\u0026rsquo;illustrations qui ont \u0026eacute;t\u0026eacute; accroch\u0026eacute;s aux murs, coll\u0026eacute;s aux armoires ou aux fen\u0026ecirc;tres d\u0026rsquo;une classe, sans doute dans le but d\u0026rsquo;\u0026eacute;gayer le local ou de le rendre plus convivial. Malheureusement, le r\u0026eacute;sultat n\u0026rsquo;est pas toujours r\u0026eacute;ussi. Nous percevons bien l\u0026rsquo;intention de la ma\u0026icirc;tresse ou du ma\u0026icirc;tre, mais cette intention ne s\u0026rsquo;est pas vraiment concr\u0026eacute;tis\u0026eacute;e. Des images comiques d\u0026rsquo;animaux domestiques jouant du violon ont d\u0026eacute;teint, sont d\u0026eacute;chiquet\u0026eacute;es ou jaunies, des poup\u0026eacute;es dorment dans des barquettes de chez le boucher et sur le mur des dessins d\u0026rsquo;enfants c\u0026ocirc;toient fraternellement les portraits-robots de criminels recherch\u0026eacute;s. Partout se dressent des obstacles : des murs r\u0026eacute;calcitrants, des punaises qui plient, du papier collant dess\u0026eacute;ch\u0026eacute; ou jauni, des boules d\u0026rsquo;ouate, boutons de porte et interrupteurs qui se d\u0026eacute;tachent, des vues moins idylliques, des \u0026eacute;tiquettes de prix, d\u0026rsquo;\u0026eacute;tranges imprim\u0026eacute;s, etc.\u003cbr /\u003e\r\nLes photos de Koen Theys semblent sugg\u0026eacute;rer que ces tentatives de d\u0026eacute;coration ratent souvent. Nous pourrions attribuer ces \u0026eacute;checs \u0026agrave; la gaucherie des ma\u0026icirc;tres et des ma\u0026icirc;tresses, mais cela ne nous dirait pas pourquoi ces images fascinent tant Koen Theys. L\u0026#39;une des raisons est peut-\u0026ecirc;tre que l\u0026#39;\u0026eacute;chec de ces tentatives de d\u0026eacute;coration n\u0026#39;est pas le r\u0026eacute;sultat d\u0026#39;un d\u0026eacute;raillement, mais la cons\u0026eacute;quence in\u0026eacute;luctable d\u0026#39;une certaine conception du beau et de l\u0026#39;agr\u0026eacute;able. Je crois qu\u0026rsquo;il y a une fa\u0026ccedil;on aveugle de confronter la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; et la beaut\u0026eacute;. Je crois que cette fa\u0026ccedil;on se traduit dans la mani\u0026egrave;re dont ces classes sont d\u0026eacute;cor\u0026eacute;es et qu\u0026rsquo;elle s\u0026rsquo;impose \u0026agrave; de nouvelles g\u0026eacute;n\u0026eacute;rations \u0026agrave; travers ces d\u0026eacute;corations. Je crois que Koen Theys est touch\u0026eacute; par cela, mais que son intuition ne se laisse pas facilement formuler. Je pense aussi que toute activit\u0026eacute; artistique peut souffrir de la m\u0026ecirc;me c\u0026eacute;cit\u0026eacute; et qu\u0026rsquo;en cela r\u0026eacute;side le lien intime avec les autres \u0026oelig;uvres de cet artiste, ou ce th\u0026egrave;me est r\u0026eacute;current.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa perception narcissique de la r\u0026eacute;alit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa personne narcissique a peu de confiance en elle-m\u0026ecirc;me. Elle attache beaucoup d\u0026rsquo;importance \u0026agrave; ce que les autres pensent d\u0026rsquo;elle. Elle se regarde \u0026agrave; travers le regard des autres. La valeur intrins\u0026egrave;que des choses ou des \u0026eacute;v\u0026eacute;nements lui \u0026eacute;chappe. Les autres n\u0026rsquo;existent pas. Puisque la personne narcissique ne consid\u0026egrave;re le monde ext\u0026eacute;rieur qu\u0026rsquo;en fonction d\u0026rsquo;elle-m\u0026ecirc;me, ce monde n\u0026rsquo;existe pas vraiment. Le monde n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;une extension de la personne narcissique. Mais sans monde ext\u0026eacute;rieur, il n\u0026rsquo;y a pas d\u0026rsquo;exp\u0026eacute;rience. La personne narcissique n\u0026rsquo;apprend rien. Elle est vide au d\u0026eacute;part et elle sera vide \u0026agrave; la fin.\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\nQuelque part ces photos semblent sugg\u0026eacute;rer que la convivialit\u0026eacute; v\u0026eacute;ritable, la beaut\u0026eacute; v\u0026eacute;ritable et les hommes v\u0026eacute;ritables n\u0026rsquo;existent pas. La r\u0026eacute;alit\u0026eacute; n\u0026rsquo;est pas assez belle et elle a besoin d\u0026rsquo;\u0026ecirc;tre d\u0026eacute;cor\u0026eacute;e. En m\u0026ecirc;me temps nous sentons que cette d\u0026eacute;coration est produite de fa\u0026ccedil;on automatique ou m\u0026eacute;canique. Les ma\u0026icirc;tres et les ma\u0026icirc;tresses respectent des codes qui pr\u0026eacute;tendent garantir la beaut\u0026eacute; et la convivialit\u0026eacute;, mais en m\u0026ecirc;me temps le spectateur sent partout l\u0026rsquo;absence d\u0026rsquo;une v\u0026eacute;ritable exp\u0026eacute;rience.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nL\u0026rsquo;individu disparu\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nDans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys, chaque individu a un ou plusieurs sosies. A c\u0026ocirc;t\u0026eacute; d\u0026rsquo;une poubelle ou d\u0026rsquo;un banc dans un parc public il place une autre poubelle ou un autre banc faisant partie de la m\u0026ecirc;me s\u0026eacute;rie de production. Souvent l\u0026rsquo;individu est confront\u0026eacute; \u0026agrave; une foule ou \u0026agrave; une s\u0026eacute;rie d\u0026rsquo;individus identiques. Le miroir en caoutchouc ne r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chit pas de visage. Partout, l\u0026rsquo;individu est \u0026eacute;cras\u0026eacute; ou rel\u0026eacute;gu\u0026eacute; dans un coin. Les spectateurs des vitres sabl\u0026eacute;es deviennent eux-m\u0026ecirc;mes des objets que l\u0026rsquo;on regarde.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Depuis quelques ann\u0026eacute;es ce th\u0026egrave;me est combin\u0026eacute; avec l\u0026rsquo;image r\u0026eacute;currente du terrier. Un autoportrait en caoutchouc est fait de deux moulages du c\u0026ocirc;t\u0026eacute; post\u0026eacute;rieur d\u0026rsquo;un individu, coll\u0026eacute;s ensemble et formant une esp\u0026egrave;ce de larve \u0026agrave; deux dos dont les faces se seraient recourb\u0026eacute;es \u0026agrave; l\u0026rsquo;int\u0026eacute;rieur. Un autre autoportrait montre une figure couch\u0026eacute;e sur le sol, face contre terre, comme une plaque d\u0026rsquo;\u0026eacute;gout ou une taupini\u0026egrave;re. Dans plusieurs \u0026oelig;uvres nous voyons comment Koen Theys essaie d\u0026rsquo;ordonner son \u0026oelig;uvre dans un environnement qui ressemble \u0026agrave; un terrier, mais son \u0026oelig;uvre a pris vie et ne se laisse plus dompter. L\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre est devenue en m\u0026ecirc;me temps toile et araign\u0026eacute;e. L\u0026rsquo;artiste est d\u0026eacute;vor\u0026eacute; et rendu invisible par son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\nDans le texte \u0026laquo; Un autocar, c\u0026rsquo;est une cam\u0026eacute;ra roulante dans laquelle on peut s\u0026rsquo;asseoir \u0026raquo;, je qualifiais l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys de b\u0026ecirc;te polymorphe, rampante et grimpante, qui se reproduit sous terre et en surface, et que l\u0026rsquo;artiste parvient \u0026agrave; peine \u0026agrave; dominer, alors qu\u0026rsquo;en r\u0026eacute;alit\u0026eacute;, il ne s\u0026rsquo;agit ni plus ni moins que du reflet de ses propres investigations. Je me rends compte \u0026agrave; pr\u0026eacute;sent que nous pourrions tr\u0026egrave;s bien consid\u0026eacute;rer les classes dans lesquelles toutes ces photos ont \u0026eacute;t\u0026eacute; prises comme un r\u0026eacute;seau de galeries et de terriers dans lequel, tout comme dans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de l\u0026rsquo;artiste, on exp\u0026eacute;rimente avec des images. L\u0026rsquo;image d\u0026rsquo;ensemble confuse, anguleuse et parfois sombre de ces exp\u0026eacute;riences rappelle la fa\u0026ccedil;on dont Koen Theys lui-m\u0026ecirc;me cherche des relations entre les diff\u0026eacute;rentes images qu\u0026rsquo;il a r\u0026eacute;alis\u0026eacute;es. Ainsi, cette collection de photos h\u0026eacute;t\u0026eacute;roclites devient un pendant de son \u0026oelig;uvre personnelle.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nUne image d\u0026eacute;viante fait r\u0026eacute;appara\u0026icirc;tre l\u0026rsquo;individu\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nCe qui frappe dans cette photo d\u0026rsquo;enfants qui apprennent \u0026agrave; dessiner un mouton avec de l\u0026rsquo;ouate, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;elle fait penser \u0026agrave; une cha\u0026icirc;ne m\u0026eacute;canique. On se demande \u0026agrave; quoi vont servir ces futures reproductions de moutons, si c\u0026rsquo;est pour les r\u0026eacute;aliser toutes \u0026agrave; l\u0026rsquo;identique. Apparemment, on apprend aux jeunes \u0026eacute;coliers \u0026agrave; se familiariser avec les images comme au moyen \u0026acirc;ge en Europe, ou comme \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque \u0026eacute;gyptienne, lorsque tout le monde savait encore clairement \u0026agrave; quoi devait ressembler une image.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nCe qui choque, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;il y a aussi une v\u0026eacute;rit\u0026eacute; sous-jacente \u0026agrave; cette approche de l\u0026rsquo;image. La seule chose qu\u0026#39;il nous soit vraiment donn\u0026eacute; de voir dans une \u0026oelig;uvre, c\u0026rsquo;est sa texture. Les intentions de l\u0026rsquo;artiste doivent nous parvenir \u0026agrave; travers cette texture. C\u0026rsquo;est pourquoi il semble plus juste de dire qu\u0026rsquo;un artiste n\u0026rsquo;exprime pas ses sentiments ou des pens\u0026eacute;es dans un objet ou une image, mais bien qu\u0026rsquo;il r\u0026eacute;alise un objet ou une image qui \u0026eacute;veille des sentiments ou des pens\u0026eacute;es chez le spectateur ou l\u0026rsquo;auditeur. Dans ce cas, il pourrait effectivement suffire d\u0026rsquo;apprendre \u0026agrave; quelqu\u0026rsquo;un comment il doit r\u0026eacute;aliser un objet de fa\u0026ccedil;on \u0026agrave; ce que cet objet soit capable d\u0026rsquo;\u0026eacute;mouvoir ou de faire r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chir le spectateur.\u003cbr /\u003e\r\nSi cette id\u0026eacute;e doit mettre certains artistes mal \u0026agrave; l\u0026rsquo;aise, elle est vite relativis\u0026eacute;e par la conscience que personne n\u0026rsquo;est en mesure de r\u0026eacute;aliser une \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art rien qu\u0026rsquo;en appliquant des r\u0026egrave;gles. En effet, l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art, l\u0026rsquo;\u0026eacute;motion ou la nouvelle perception des choses na\u0026icirc;t pr\u0026eacute;cis\u0026eacute;ment de l\u0026rsquo;\u0026eacute;cart des r\u0026egrave;gles, par l\u0026rsquo;\u0026eacute;chec, la d\u0026eacute;formation ou l\u0026rsquo;impr\u0026eacute;visible. Le d\u0026eacute;routement de l\u0026rsquo;image fait r\u0026eacute;appara\u0026icirc;tre l\u0026rsquo;individu ou l\u0026rsquo;exp\u0026eacute;rience individuelle.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nKitsch et sentimentalit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nAutre \u0026eacute;l\u0026eacute;ment r\u0026eacute;current dans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys, \u0026eacute;l\u0026eacute;ment qui semble \u0026eacute;galement en rapport avec cette s\u0026eacute;rie de photos : l\u0026rsquo;int\u0026eacute;r\u0026ecirc;t qu\u0026rsquo;il voue aux images archa\u0026iuml;ques et aux int\u0026eacute;rieurs rustiques, et qui \u0026eacute;tait d\u0026eacute;j\u0026agrave; pr\u0026eacute;sent dans les vid\u0026eacute;os \u0026laquo; Diana \u0026raquo;, \u0026laquo; Sleepless Night \u0026raquo; et \u0026laquo; L\u0026rsquo;Or du Rhin \u0026raquo;. Depuis le d\u0026eacute;but, Koen Theys est en effet fascin\u0026eacute; par le kitsch et la sentimentalit\u0026eacute;, qui s\u0026rsquo;incarnent dans des troph\u0026eacute;es de chasse, des croix qui se consument et des nappes en tissu Vichy. Dans ses r\u0026eacute;alisations ult\u0026eacute;rieures, nous le remarquons moins et nous avons m\u0026ecirc;me l\u0026rsquo;impression que le moindre soup\u0026ccedil;on de kitsch a \u0026eacute;t\u0026eacute; gomm\u0026eacute;, alors qu\u0026rsquo;en r\u0026eacute;alit\u0026eacute;, ce th\u0026egrave;me est \u0026agrave; la base m\u0026ecirc;me des collages r\u0026eacute;alis\u0026eacute;s avec des photos de maisonnettes, et de toutes les \u0026oelig;uvres faites \u0026agrave; partir de reproductions de bancs publics, poubelles, lampadaires, arbres \u0026eacute;t\u0026ecirc;t\u0026eacute;s et \u0026oelig;uvres d\u0026rsquo;art tr\u0026egrave;s modernes qui servent \u0026agrave; embellir nos villes. Dans cette s\u0026eacute;rie de photos \u0026eacute;galement, nous sentons que la laideur g\u0026ecirc;nante des classes d\u0026eacute;cor\u0026eacute;es repose sur une aspiration - celle de les rendre plus douillettes - qui, formellement, n\u0026rsquo;a pas vraiment abouti, de sorte que nous avons l\u0026rsquo;impression que la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; est sacrifi\u0026eacute;e au profit d\u0026rsquo;un r\u0026ecirc;ve narcissique. Un peu \u0026agrave; la mani\u0026egrave;re des id\u0026eacute;ologies nostalgiques qui condamnent le pr\u0026eacute;sent en s\u0026rsquo;appuyant sur un pass\u0026eacute; harmonieux qui n\u0026rsquo;a jamais exist\u0026eacute;. (\u0026laquo; Celui qui prend la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; pour un r\u0026ecirc;ve la fera tourner en cauchemar \u0026raquo;, a \u0026eacute;crit Carlos Montera.)\u003cbr /\u003e\r\nEn m\u0026ecirc;me temps, le kitsch douillet de ces classes implose en un bombardement de couleurs. Pour Koen Theys, il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;une exp\u0026eacute;rience passionnante. A chaque photo qu\u0026rsquo;il nous montre, il prend plaisir \u0026agrave; d\u0026eacute;noncer le mauvais go\u0026ucirc;t de la juxtaposition des couleurs les plus vives. Il doit \u0026ecirc;tre amusant de pouvoir faire des photos qui bafouent toutes les conventions chromatiques parce que le th\u0026egrave;me le veut ainsi.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nUn art qui n\u0026rsquo;ajoute presque rien \u0026agrave; la r\u0026eacute;alit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLorsque, l\u0026rsquo;ann\u0026eacute;e derni\u0026egrave;re, la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations invita Koen Theys \u0026agrave; organiser une exposition \u0026agrave; Paris, il proposa de donner un sosie \u0026agrave; la demoiselle charg\u0026eacute;e, \u0026agrave; l\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e, d\u0026rsquo;accueillir les spectateurs et de leur fournir des renseignements sur l\u0026rsquo;exposant. Cette deuxi\u0026egrave;me demoiselle, assise \u0026agrave; une m\u0026ecirc;me petite table, informerait le spectateur sur la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations. En qu\u0026ecirc;te d\u0026rsquo;informations utiles, Koen Theys \u0026eacute;choua dans les archives de cette banque o\u0026ugrave; il mit la main sur une importante phototh\u0026egrave;que. Pendant des ann\u0026eacute;es, en effet, la banque avait r\u0026eacute;alis\u0026eacute; des photos de tous les b\u0026acirc;timents qu\u0026rsquo;elle avait \u0026eacute;rig\u0026eacute;s, financ\u0026eacute;s ou assur\u0026eacute;s. Koen Theys op\u0026eacute;ra une s\u0026eacute;lection parmi ces photos et d\u0026eacute;cida de pr\u0026eacute;senter la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations au public comme un nouveau photographe. Ce qui \u0026eacute;tait bien dans cette exposition, c\u0026rsquo;est que Koen Theys parvenait \u0026agrave; nous raconter quelque chose sur les banques, les expositions, les photographies et la politique fran\u0026ccedil;aise du logement sans ajouter personnellement quoi que ce soit \u0026agrave; ce qui existait d\u0026eacute;j\u0026agrave;.\u003cbr /\u003e\r\nJe mentionne ce travail ant\u0026eacute;rieur parce que cette fois-ci encore Koen Theys agit comme un commissaire d\u0026#39;expositions qui nous pr\u0026eacute;sente de nouveaux artistes - en l\u0026#39;occurrence les ma\u0026icirc;tres et les ma\u0026icirc;tresses qui ont d\u0026eacute;cor\u0026eacute; leur classe - mais aussi parce que l\u0026#39;exemple de la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts montre qu\u0026#39;il agit dans la grande tradition fran\u0026ccedil;aise du positivisme. En allant \u0026agrave; la recherche de la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; dans des archives souterraines ou dans des classes qui normalement \u0026eacute;chappent \u0026agrave; notre exp\u0026eacute;rience quotidienne, il ram\u0026egrave;ne l\u0026rsquo;art contemporain \u0026agrave; ses origines, lorsque le r\u0026eacute;alisme et le naturalisme sont n\u0026eacute;s en copiant des compte rendus juridiques et en d\u0026eacute;crivant la vie de tous les jours.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, le 28 d\u0026eacute;cembre 1999. Pour Jot\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\nTraduit du n\u0026eacute;erlandais par Mich\u0026egrave;le Deghilage\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"nl","short_description":"","description":"\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eEen mooi uitgeknipte nachtmerrie\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eEnkele woorden over een tentoonstelling van Koen Theys\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nIn 1998 heeft Koen Theys twee tentoonstellingen samengesteld met op schuim aangebrachte afbeeldingen die hij met de computer heeft \u0026lsquo;gedetoureerd\u0026rsquo; en nadien op de muur gekleefd, eerst in de lange gangen van een administratief gebouw in Brussel en nadien in Galerie Xippas. Verschillende mensen die deze werken hebben gezien, vertelden Koen Theys dat de manier waarop hij de figuurtjes had uitgeknipt en opgehangen hen aan kleuterscholen deed denken.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Omstreeks dezelfde tijd stootte hij, bij het doornemen van vroeger gemaakte foto\u0026rsquo;s, op een foto van kinderen die leerden hoe ze met lijm en watten het silhouet van een schaap dienden vol te plakken. Deze vondst herinnerde Koen Theys aan de opmerkingen over zijn uitgeknipte figuurtjes en bracht hem ertoe foto\u0026rsquo;s te gaan maken in kleuterscholen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Het is niet duidelijk wat deze foto\u0026rsquo;s \u0026lsquo;betekenen\u0026rsquo;, omdat ze nogal uiteenlopende dingen tonen en omdat we niet meteen begrijpen waarom juist deze dingen gefotografeerd werden. Meestal gaat het om voorwerpen, tekeningen of afbeeldingen die werden aangebracht op muren, kasten of ramen van een klas, allicht met de bedoeling de klas op te vrolijken of gezelliger te maken. Helaas valt het resultaat soms tegen. We begrijpen de bedoeling van de kleuterleidster of kleuterleider, maar deze bedoeling heeft niet echt gestalte gekregen. Grappig bedoelde afbeeldingen van vioolspelende huisdieren zijn uitgelopen, afgebladderd of verbleekt, popjes liggen te rusten in doosjes van bij de slager en kindertekeningen hangen broederlijk naast robotfoto\u0026rsquo;s van gezochte misdadigers. Overal duiken obstakels op: weerbarstige muren, toe plooiende duimspijkers, verdroogd of bruin geworden plakband, loskomende watten, deurknoppen, schakelaars, minder idyllische uitzichten, prijskaartjes, vreemde opdrukken, enzovoort.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Het lijkt wel alsof de foto\u0026rsquo;s van Koen Theys erop wijzen dat de pogingen tot versiering van kleuterklassen vaak mislukken. We zouden deze mislukking aan de onhandigheid van de kleuterleidsters of kleuterleiders kunnen wijten, maar dat zou niet verklaren waarom deze beelden Koen Theys zo fascineren. Een mogelijke reden is dat de mislukking van deze versieringen misschien geen ontsporing is, maar juist een onafwendbaar gevolg van de opvatting van schoonheid en gezelligheid die eraan ten grondslag ligt. Ik vermoed dat er een blinde manier van omgaan met de werkelijkheid en de schoonheid bestaat die haar uitdrukking vindt in de manier waarop deze klassen worden versierd en die juist door middel van deze versiering bestendigd wordt. Ik vermoed dat Koen Theys dit aanvoelt, maar dat deze intu\u0026iuml;tie moeilijk onder woorden gebracht kan worden. Ik vermoed ook dat elke artistieke activiteit op elk moment ten prooi kan vallen aan diezelfde blindheid en dat hierin het intieme verband schuilt tussen deze foto\u0026rsquo;s en de rest van het oeuvre van deze kunstenaar, waarin dit thema vaak opduikt.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHet narcistische werkelijkheidsbesef\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eDe narcistische mens heeft weinig zelfvertrouwen. Hij hecht daarom veel belang aan wat anderen over hem denken. Hij beschouwt zichzelf doorheen de blik van de anderen. De innerlijke waarde van de dingen of de gebeurtenissen ontgaat hem. De anderen bestaan niet. De wereld is niets meer dan een verlengstuk van de narcist. Omdat hij de wereld enkel kan beschouwen als iets dat naar hemzelf verwijst, wordt niets buiten hem ooit werkelijk. Maar zonder buitenwereld is er geen ervaring mogelijk. Het innerlijk van de narcist is als een bodemloze put zonder kapstokken. Er blijft niets hangen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Iets in deze foto\u0026rsquo;s lijkt te suggereren dat echte gezelligheid, echte schoonheid of echte mensen niet bestaan. De werkelijkheid is niet mooi genoeg en moet versierd worden. Tegelijk voel je dat deze versiering als het ware automatisch verloopt. Er worden codes gerespecteerd die zogezegd schoonheid en gezelligheid garanderen, maar tegelijk voel je overal de afwezigheid van een werkelijke ervaring.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHet verdwenen individu\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eElk individu in het werk van Koen Theys heeft een of meerdere dubbelgangers. Naast een vuilnisbak of zitbank in een park wordt een andere vuilnisbak of zitbank uit dezelfde productiereeks geplaatst. Vaak wordt het individu tegenover de massa of tegenover een reeks identieke individuen geplaatst. Overal wordt het individu uitgevlakt of in de hoek gezet. Een rubberen spiegel weerspiegelt geen gezicht. De toeschouwers van de gezandstraalde glasramen worden zelf als voorwerpen bekeken.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dit thema wordt sinds enkele jaren gecombineerd met het terugkerende beeld van het hol. Een rubberen zelfportret bestaat uit twee op elkaar geplakte afgietsels van de achterkant van een persoon. Zowel vooraan als achteraan zien we een rug. Het lijkt alsof deze figuur naar binnen is gegroeid en daar in zichzelf kijkt als in een grote lege binnenkant. Een ander zelfportret toont een figuur die met het gezicht naar beneden op de vloer ligt, als een putdeksel of een molshoop. In tal van andere werken zien we hoe Koen Theys zijn werk tracht te ordenen in een soort van gangenstelsel, maar zijn oeuvre is tot leven gekomen en laat zich niet meer temmen. Het oeuvre is zowel spin als web geworden. De kunstenaar lijkt verslonden en aan het gezicht onttrokken te worden door zijn eigen werk.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; In de tekst \u0026lsquo;Een autocar is een rijdende camera waar ge in kunt zitten\u0026rsquo; heb ik het werk van Koen Theys beschreven als een veelvormig kruip- en hangbeest dat zich ondergronds en bovengronds voortplant en door de kunstenaar schijnbaar ternauwernood in bedwang wordt gehouden, terwijl het in werkelijkheid niet meer is dan het spiegelbeeld van zijn eigen onderzoekingen. Nu merk ik dat we de klaslokalen waarin al deze foto\u0026rsquo;s werden gemaakt, evengoed zouden kunnen beschouwen als een holenstelsel waarin, net zoals in het oeuvre van de kunstenaar, ge\u0026euml;xperimenteerd wordt met beelden. Het warrige, hoekige en soms sombere totaalbeeld van deze experimenten doet denken aan de manier waarop Koen Theys zelf verbanden zoekt tussen de verschillende beelden die hij heeft gemaakt. Zo wordt deze verzameling heterogene foto\u0026rsquo;s een pendant van zijn eigen oeuvre.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nEen afwijkend beeld maakt het individu weer zichtbaar\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eWat opvalt aan de foto van de kinderen die leren hoe ze silhouetten van schaapjes met wol moeten beplakken, is dat het wel lijkt alsof ze aan de lopende band staan. Niet alleen de individualiteit van de kinderen wordt ontkend, maar ook de mogelijkheid tot het maken van verschillende soorten afbeeldingen van schapen. Je gaat je afvragen wat de bedoeling is van de te maken afbeeldingen, als ze allemaal op dezelfde manier gemaakt moeten worden. Blijkbaar leren kleuters omgaan met beelden zoals in de Europese Middeleeuwen of in de Egyptische tijd, toen iedereen nog duidelijk wist hoe een beeld eruit moest zien.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Het schokkende is dat er ook een waarheid schuilt in deze benadering van het beeld. Het enige wat wij werkelijk te zien krijgen van een kunstwerk, is de textuur ervan. De intenties van de kunstenaar moeten tot ons komen via die textuur. Daarom lijkt het juister te zeggen dat een kunstenaar niet zijn gevoelens of gedachten vertaalt in een voorwerp of beeld, maar wel een voorwerp of beeld maakt dat gevoelens of gedachten oproept bij de toeschouwer of luisteraar. In dat geval zou het inderdaad kunnen volstaan iemand te leren hoe hij of zij een voorwerp moet maken, opdat dit voorwerp een toeschouwer zou kunnen ontroeren of aan het denken zetten.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dit moet een ongemakkelijke gedachte zijn voor sommige kunstenaars, maar ze wordt gerelativeerd door het besef dat niemand een kunstwerk kan maken door louter regels toe te passen. Het kunstwerk, het nieuwe inzicht of de ontroering ontstaan juist door de afwijking van de regels, door de mislukking, het scheve en het onvoorspelbare. Het ontsporen van het beeld maakt het individu of de persoonlijke ervaring weer zichtbaar.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nKitsch, sentimentaliteit en kneuterigheid\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eEen ander terugkerend element in het werk van Koen Theys, dat eveneens verband schijnt te houden met deze reeks foto\u0026rsquo;s, is zijn belangstelling voor mythische beelden en rustieke interieurs, die we al aantreffen in video\u0026rsquo;s zoals \u0026lsquo;Diana\u0026rsquo;, \u0026lsquo;Sleepless Night\u0026rsquo; en \u0026lsquo;Het rijngoud\u0026rsquo;. Van in het begin is Koen Theys gefascineerd door kitsch, sentimentaliteit en kneuterigheid, die opduiken in de vorm van jachttrofee\u0026euml;n, brandende kruisen en tafelkleedjes met Vichy-motief. In zijn latere werk valt dit minder op en hebben we zelfs de indruk dat alles wat naar kitsch of kneuterigheid zweemt wordt weggesneden, maar eigenlijk ligt dit thema juist aan de basis van de collages met de foto\u0026rsquo;s van huisjes en van alle werken met afbeeldingen van de zitbanken, vuilnisemmers, lantaarnpalen, geknotte bomen en moderne kunstwerken waarmee onze steden worden verfraaid. Ook in deze reeks foto\u0026rsquo;s voelen we dat de ongemakkelijke lelijkheid van de versierde klaslokalen berust op een hang naar knusheid die formeel geen echte oplossing heeft gekregen, zodat we de indruk hebben dat de werkelijkheid wordt opgeofferd aan een narcistische droom. Het doet een beetje denken aan de manier waarop nostalgische ideologie\u0026euml;n verwijzen naar een harmonisch verleden dat nooit heeft bestaan en op basis daarvan het heden veroordelen. (\u0026lsquo;Wie droomt over de werkelijkheid, zal haar veranderen in een nachtmerrie\u0026rsquo;, schreef Carlos Montera.)\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Tegelijkertijd blaast de kneuterige kitsch van deze klaslokalen zichzelf op in een bombardement van kleuren. Voor Koen Theys is dit een opwindende ervaring. Bij elke foto die hij je toont, wijst hij vrolijk op de wansmakelijke nevenschikking van de felste kleuren. Ik vermoed dat het amusant is foto\u0026rsquo;s te kunnen maken waarin alle kleur-conventies met de voeten worden getreden, omdat het onderwerp het zo verlangt.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nEen kunst die bijna niets toevoegt aan de werkelijkheid\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eToen de Caisse des d\u0026eacute;pots et consignations Koen Theys vorig jaar in Parijs uitnodigde voor een tentoonstelling, stelde hij voor het meisje dat aan de ingang zit om de toeschouwers te verwelkomen en informatie over de exposant te verstrekken, een dubbelgangster te geven. Dit tweede meisje zou, gezeten aan een identiek tafeltje, de toeschouwer inlichten over de Caisse des d\u0026eacute;pots et consignations. Op zoek naar bruikbare informatie over deze bank, kwam Koen Theys terecht in haar archief, waar hij een reusachtige fototheek ontdekte. Jarenlang bleek de bank foto\u0026rsquo;s gemaakt te hebben van alle gebouwen die ze had opgetrokken, gefinancierd of verzekerd. Koen Theys maakte een selectie van deze foto\u0026rsquo;s en besloot de Caisse des d\u0026eacute;pots et consignations aan het publiek voor te stellen als een nieuwe fotograaf. Het mooie aan deze tentoonstelling was onder andere dat Koen Theys erin slaagde ons iets te vertellen over banken, tentoonstellingen, fotografie\u0026euml;n en de esthetica van het Franse bouwbeleid zonder dat hij zelf iets toevoegde aan wat al bestond.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Ik vermeld deze voorgeschiedenis, omdat Koen Theys voor deze tentoonstelling opnieuw optreedt als een tentoonstellingsmaker die ons laat kennismaken met nieuwe kunstenaars, in casu de kleuterleidsters, de kleuterleiders en de kinderen, maar ook omdat het voorbeeld van de Caisse des d\u0026eacute;pots aantoont dat hij dit doet in de grootse, Franse traditie van het positivisme. Door op zoek te gaan naar de werkelijkheid zoals die wordt vastgelegd in ondergrondse archieven of zoals die zich afspeelt in aan onze dagelijkse waarneming onttrokken kleuterklassen, voert hij de hedendaagse kunst terug naar haar oorsprong, toen realisme en naturalisme zijn ontstaan door het kopi\u0026euml;ren van gerechtelijke verslagen en het beschrijven van de meest alledaagse dingen.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 28 december 1999. Jot opgedragen\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"fr","short_description":"","description":"\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eUn cauchemar pr\u0026eacute;cieusement d\u0026eacute;coup\u0026eacute;\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eQuelques mots \u0026agrave; propos d\u0026rsquo;une exposition de Koen Theys\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nEn 1998 Koen Theys a r\u0026eacute;alis\u0026eacute; deux expositions avec des figures d\u0026eacute;tour\u0026eacute;es \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un ordinateur. La premi\u0026egrave;re exposition a eu lieu dans les couloirs d\u0026rsquo;un minist\u0026egrave;re bruxellois, la deuxi\u0026egrave;me \u0026agrave; la Galerie Xippas. Plusieurs personnes lui ont fait remarquer que la fa\u0026ccedil;on de d\u0026eacute;tourer ces images, de les coller sur de la mousse et de les accrocher au mur \u0026eacute;voquait pour elles l\u0026rsquo;\u0026eacute;cole maternelle. A la m\u0026ecirc;me \u0026eacute;poque, il est tomb\u0026eacute;, en parcourant des photos plus anciennes, sur une photo o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on voyait comment on \u0026laquo; apprenait \u0026raquo; collectivement \u0026agrave; des enfants \u0026agrave; remplir la silhouette d\u0026rsquo;un mouton avec des boules d\u0026rsquo;ouate et de la colle. Ce sont ces deux circonstances qui lui ont donn\u0026eacute; l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;aller prendre des photos dans des \u0026eacute;coles maternelles.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Difficile de saisir la \u0026laquo; signification \u0026raquo; de ces photos : d\u0026rsquo;abord elles repr\u0026eacute;sentent des choses assez h\u0026eacute;t\u0026eacute;roclites et puis nous ne comprenons pas pourquoi Koen Theys a photographi\u0026eacute; pr\u0026eacute;cis\u0026eacute;ment ces choses-l\u0026agrave;. En g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral, il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;objets, de dessins ou d\u0026rsquo;illustrations qui ont \u0026eacute;t\u0026eacute; accroch\u0026eacute;s aux murs, coll\u0026eacute;s aux armoires ou aux fen\u0026ecirc;tres d\u0026rsquo;une classe, sans doute dans le but d\u0026rsquo;\u0026eacute;gayer le local ou de le rendre plus convivial. Malheureusement, le r\u0026eacute;sultat n\u0026rsquo;est pas toujours r\u0026eacute;ussi. Nous percevons bien l\u0026rsquo;intention de la ma\u0026icirc;tresse ou du ma\u0026icirc;tre, mais cette intention ne s\u0026rsquo;est pas vraiment concr\u0026eacute;tis\u0026eacute;e. Des images comiques d\u0026rsquo;animaux domestiques jouant du violon ont d\u0026eacute;teint, sont d\u0026eacute;chiquet\u0026eacute;es ou jaunies, des poup\u0026eacute;es dorment dans des barquettes de chez le boucher et sur le mur des dessins d\u0026rsquo;enfants c\u0026ocirc;toient fraternellement les portraits-robots de criminels recherch\u0026eacute;s. Partout se dressent des obstacles : des murs r\u0026eacute;calcitrants, des punaises qui plient, du papier collant dess\u0026eacute;ch\u0026eacute; ou jauni, des boules d\u0026rsquo;ouate, boutons de porte et interrupteurs qui se d\u0026eacute;tachent, des vues moins idylliques, des \u0026eacute;tiquettes de prix, d\u0026rsquo;\u0026eacute;tranges imprim\u0026eacute;s, etc.\u003cbr /\u003e\r\nLes photos de Koen Theys semblent sugg\u0026eacute;rer que ces tentatives de d\u0026eacute;coration ratent souvent. Nous pourrions attribuer ces \u0026eacute;checs \u0026agrave; la gaucherie des ma\u0026icirc;tres et des ma\u0026icirc;tresses, mais cela ne nous dirait pas pourquoi ces images fascinent tant Koen Theys. L\u0026#39;une des raisons est peut-\u0026ecirc;tre que l\u0026#39;\u0026eacute;chec de ces tentatives de d\u0026eacute;coration n\u0026#39;est pas le r\u0026eacute;sultat d\u0026#39;un d\u0026eacute;raillement, mais la cons\u0026eacute;quence in\u0026eacute;luctable d\u0026#39;une certaine conception du beau et de l\u0026#39;agr\u0026eacute;able. Je crois qu\u0026rsquo;il y a une fa\u0026ccedil;on aveugle de confronter la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; et la beaut\u0026eacute;. Je crois que cette fa\u0026ccedil;on se traduit dans la mani\u0026egrave;re dont ces classes sont d\u0026eacute;cor\u0026eacute;es et qu\u0026rsquo;elle s\u0026rsquo;impose \u0026agrave; de nouvelles g\u0026eacute;n\u0026eacute;rations \u0026agrave; travers ces d\u0026eacute;corations. Je crois que Koen Theys est touch\u0026eacute; par cela, mais que son intuition ne se laisse pas facilement formuler. Je pense aussi que toute activit\u0026eacute; artistique peut souffrir de la m\u0026ecirc;me c\u0026eacute;cit\u0026eacute; et qu\u0026rsquo;en cela r\u0026eacute;side le lien intime avec les autres \u0026oelig;uvres de cet artiste, ou ce th\u0026egrave;me est r\u0026eacute;current.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa perception narcissique de la r\u0026eacute;alit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa personne narcissique a peu de confiance en elle-m\u0026ecirc;me. Elle attache beaucoup d\u0026rsquo;importance \u0026agrave; ce que les autres pensent d\u0026rsquo;elle. Elle se regarde \u0026agrave; travers le regard des autres. La valeur intrins\u0026egrave;que des choses ou des \u0026eacute;v\u0026eacute;nements lui \u0026eacute;chappe. Les autres n\u0026rsquo;existent pas. Puisque la personne narcissique ne consid\u0026egrave;re le monde ext\u0026eacute;rieur qu\u0026rsquo;en fonction d\u0026rsquo;elle-m\u0026ecirc;me, ce monde n\u0026rsquo;existe pas vraiment. Le monde n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;une extension de la personne narcissique. Mais sans monde ext\u0026eacute;rieur, il n\u0026rsquo;y a pas d\u0026rsquo;exp\u0026eacute;rience. La personne narcissique n\u0026rsquo;apprend rien. Elle est vide au d\u0026eacute;part et elle sera vide \u0026agrave; la fin.\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\nQuelque part ces photos semblent sugg\u0026eacute;rer que la convivialit\u0026eacute; v\u0026eacute;ritable, la beaut\u0026eacute; v\u0026eacute;ritable et les hommes v\u0026eacute;ritables n\u0026rsquo;existent pas. La r\u0026eacute;alit\u0026eacute; n\u0026rsquo;est pas assez belle et elle a besoin d\u0026rsquo;\u0026ecirc;tre d\u0026eacute;cor\u0026eacute;e. En m\u0026ecirc;me temps nous sentons que cette d\u0026eacute;coration est produite de fa\u0026ccedil;on automatique ou m\u0026eacute;canique. Les ma\u0026icirc;tres et les ma\u0026icirc;tresses respectent des codes qui pr\u0026eacute;tendent garantir la beaut\u0026eacute; et la convivialit\u0026eacute;, mais en m\u0026ecirc;me temps le spectateur sent partout l\u0026rsquo;absence d\u0026rsquo;une v\u0026eacute;ritable exp\u0026eacute;rience.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nL\u0026rsquo;individu disparu\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nDans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys, chaque individu a un ou plusieurs sosies. A c\u0026ocirc;t\u0026eacute; d\u0026rsquo;une poubelle ou d\u0026rsquo;un banc dans un parc public il place une autre poubelle ou un autre banc faisant partie de la m\u0026ecirc;me s\u0026eacute;rie de production. Souvent l\u0026rsquo;individu est confront\u0026eacute; \u0026agrave; une foule ou \u0026agrave; une s\u0026eacute;rie d\u0026rsquo;individus identiques. Le miroir en caoutchouc ne r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chit pas de visage. Partout, l\u0026rsquo;individu est \u0026eacute;cras\u0026eacute; ou rel\u0026eacute;gu\u0026eacute; dans un coin. Les spectateurs des vitres sabl\u0026eacute;es deviennent eux-m\u0026ecirc;mes des objets que l\u0026rsquo;on regarde.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Depuis quelques ann\u0026eacute;es ce th\u0026egrave;me est combin\u0026eacute; avec l\u0026rsquo;image r\u0026eacute;currente du terrier. Un autoportrait en caoutchouc est fait de deux moulages du c\u0026ocirc;t\u0026eacute; post\u0026eacute;rieur d\u0026rsquo;un individu, coll\u0026eacute;s ensemble et formant une esp\u0026egrave;ce de larve \u0026agrave; deux dos dont les faces se seraient recourb\u0026eacute;es \u0026agrave; l\u0026rsquo;int\u0026eacute;rieur. Un autre autoportrait montre une figure couch\u0026eacute;e sur le sol, face contre terre, comme une plaque d\u0026rsquo;\u0026eacute;gout ou une taupini\u0026egrave;re. Dans plusieurs \u0026oelig;uvres nous voyons comment Koen Theys essaie d\u0026rsquo;ordonner son \u0026oelig;uvre dans un environnement qui ressemble \u0026agrave; un terrier, mais son \u0026oelig;uvre a pris vie et ne se laisse plus dompter. L\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre est devenue en m\u0026ecirc;me temps toile et araign\u0026eacute;e. L\u0026rsquo;artiste est d\u0026eacute;vor\u0026eacute; et rendu invisible par son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\nDans le texte \u0026laquo; Un autocar, c\u0026rsquo;est une cam\u0026eacute;ra roulante dans laquelle on peut s\u0026rsquo;asseoir \u0026raquo;, je qualifiais l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys de b\u0026ecirc;te polymorphe, rampante et grimpante, qui se reproduit sous terre et en surface, et que l\u0026rsquo;artiste parvient \u0026agrave; peine \u0026agrave; dominer, alors qu\u0026rsquo;en r\u0026eacute;alit\u0026eacute;, il ne s\u0026rsquo;agit ni plus ni moins que du reflet de ses propres investigations. Je me rends compte \u0026agrave; pr\u0026eacute;sent que nous pourrions tr\u0026egrave;s bien consid\u0026eacute;rer les classes dans lesquelles toutes ces photos ont \u0026eacute;t\u0026eacute; prises comme un r\u0026eacute;seau de galeries et de terriers dans lequel, tout comme dans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de l\u0026rsquo;artiste, on exp\u0026eacute;rimente avec des images. L\u0026rsquo;image d\u0026rsquo;ensemble confuse, anguleuse et parfois sombre de ces exp\u0026eacute;riences rappelle la fa\u0026ccedil;on dont Koen Theys lui-m\u0026ecirc;me cherche des relations entre les diff\u0026eacute;rentes images qu\u0026rsquo;il a r\u0026eacute;alis\u0026eacute;es. Ainsi, cette collection de photos h\u0026eacute;t\u0026eacute;roclites devient un pendant de son \u0026oelig;uvre personnelle.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nUne image d\u0026eacute;viante fait r\u0026eacute;appara\u0026icirc;tre l\u0026rsquo;individu\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nCe qui frappe dans cette photo d\u0026rsquo;enfants qui apprennent \u0026agrave; dessiner un mouton avec de l\u0026rsquo;ouate, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;elle fait penser \u0026agrave; une cha\u0026icirc;ne m\u0026eacute;canique. On se demande \u0026agrave; quoi vont servir ces futures reproductions de moutons, si c\u0026rsquo;est pour les r\u0026eacute;aliser toutes \u0026agrave; l\u0026rsquo;identique. Apparemment, on apprend aux jeunes \u0026eacute;coliers \u0026agrave; se familiariser avec les images comme au moyen \u0026acirc;ge en Europe, ou comme \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque \u0026eacute;gyptienne, lorsque tout le monde savait encore clairement \u0026agrave; quoi devait ressembler une image.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nCe qui choque, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;il y a aussi une v\u0026eacute;rit\u0026eacute; sous-jacente \u0026agrave; cette approche de l\u0026rsquo;image. La seule chose qu\u0026#39;il nous soit vraiment donn\u0026eacute; de voir dans une \u0026oelig;uvre, c\u0026rsquo;est sa texture. Les intentions de l\u0026rsquo;artiste doivent nous parvenir \u0026agrave; travers cette texture. C\u0026rsquo;est pourquoi il semble plus juste de dire qu\u0026rsquo;un artiste n\u0026rsquo;exprime pas ses sentiments ou des pens\u0026eacute;es dans un objet ou une image, mais bien qu\u0026rsquo;il r\u0026eacute;alise un objet ou une image qui \u0026eacute;veille des sentiments ou des pens\u0026eacute;es chez le spectateur ou l\u0026rsquo;auditeur. Dans ce cas, il pourrait effectivement suffire d\u0026rsquo;apprendre \u0026agrave; quelqu\u0026rsquo;un comment il doit r\u0026eacute;aliser un objet de fa\u0026ccedil;on \u0026agrave; ce que cet objet soit capable d\u0026rsquo;\u0026eacute;mouvoir ou de faire r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chir le spectateur.\u003cbr /\u003e\r\nSi cette id\u0026eacute;e doit mettre certains artistes mal \u0026agrave; l\u0026rsquo;aise, elle est vite relativis\u0026eacute;e par la conscience que personne n\u0026rsquo;est en mesure de r\u0026eacute;aliser une \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art rien qu\u0026rsquo;en appliquant des r\u0026egrave;gles. En effet, l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art, l\u0026rsquo;\u0026eacute;motion ou la nouvelle perception des choses na\u0026icirc;t pr\u0026eacute;cis\u0026eacute;ment de l\u0026rsquo;\u0026eacute;cart des r\u0026egrave;gles, par l\u0026rsquo;\u0026eacute;chec, la d\u0026eacute;formation ou l\u0026rsquo;impr\u0026eacute;visible. Le d\u0026eacute;routement de l\u0026rsquo;image fait r\u0026eacute;appara\u0026icirc;tre l\u0026rsquo;individu ou l\u0026rsquo;exp\u0026eacute;rience individuelle.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nKitsch et sentimentalit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nAutre \u0026eacute;l\u0026eacute;ment r\u0026eacute;current dans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys, \u0026eacute;l\u0026eacute;ment qui semble \u0026eacute;galement en rapport avec cette s\u0026eacute;rie de photos : l\u0026rsquo;int\u0026eacute;r\u0026ecirc;t qu\u0026rsquo;il voue aux images archa\u0026iuml;ques et aux int\u0026eacute;rieurs rustiques, et qui \u0026eacute;tait d\u0026eacute;j\u0026agrave; pr\u0026eacute;sent dans les vid\u0026eacute;os \u0026laquo; Diana \u0026raquo;, \u0026laquo; Sleepless Night \u0026raquo; et \u0026laquo; L\u0026rsquo;Or du Rhin \u0026raquo;. Depuis le d\u0026eacute;but, Koen Theys est en effet fascin\u0026eacute; par le kitsch et la sentimentalit\u0026eacute;, qui s\u0026rsquo;incarnent dans des troph\u0026eacute;es de chasse, des croix qui se consument et des nappes en tissu Vichy. Dans ses r\u0026eacute;alisations ult\u0026eacute;rieures, nous le remarquons moins et nous avons m\u0026ecirc;me l\u0026rsquo;impression que le moindre soup\u0026ccedil;on de kitsch a \u0026eacute;t\u0026eacute; gomm\u0026eacute;, alors qu\u0026rsquo;en r\u0026eacute;alit\u0026eacute;, ce th\u0026egrave;me est \u0026agrave; la base m\u0026ecirc;me des collages r\u0026eacute;alis\u0026eacute;s avec des photos de maisonnettes, et de toutes les \u0026oelig;uvres faites \u0026agrave; partir de reproductions de bancs publics, poubelles, lampadaires, arbres \u0026eacute;t\u0026ecirc;t\u0026eacute;s et \u0026oelig;uvres d\u0026rsquo;art tr\u0026egrave;s modernes qui servent \u0026agrave; embellir nos villes. Dans cette s\u0026eacute;rie de photos \u0026eacute;galement, nous sentons que la laideur g\u0026ecirc;nante des classes d\u0026eacute;cor\u0026eacute;es repose sur une aspiration - celle de les rendre plus douillettes - qui, formellement, n\u0026rsquo;a pas vraiment abouti, de sorte que nous avons l\u0026rsquo;impression que la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; est sacrifi\u0026eacute;e au profit d\u0026rsquo;un r\u0026ecirc;ve narcissique. Un peu \u0026agrave; la mani\u0026egrave;re des id\u0026eacute;ologies nostalgiques qui condamnent le pr\u0026eacute;sent en s\u0026rsquo;appuyant sur un pass\u0026eacute; harmonieux qui n\u0026rsquo;a jamais exist\u0026eacute;. (\u0026laquo; Celui qui prend la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; pour un r\u0026ecirc;ve la fera tourner en cauchemar \u0026raquo;, a \u0026eacute;crit Carlos Montera.)\u003cbr /\u003e\r\nEn m\u0026ecirc;me temps, le kitsch douillet de ces classes implose en un bombardement de couleurs. Pour Koen Theys, il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;une exp\u0026eacute;rience passionnante. A chaque photo qu\u0026rsquo;il nous montre, il prend plaisir \u0026agrave; d\u0026eacute;noncer le mauvais go\u0026ucirc;t de la juxtaposition des couleurs les plus vives. Il doit \u0026ecirc;tre amusant de pouvoir faire des photos qui bafouent toutes les conventions chromatiques parce que le th\u0026egrave;me le veut ainsi.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nUn art qui n\u0026rsquo;ajoute presque rien \u0026agrave; la r\u0026eacute;alit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLorsque, l\u0026rsquo;ann\u0026eacute;e derni\u0026egrave;re, la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations invita Koen Theys \u0026agrave; organiser une exposition \u0026agrave; Paris, il proposa de donner un sosie \u0026agrave; la demoiselle charg\u0026eacute;e, \u0026agrave; l\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e, d\u0026rsquo;accueillir les spectateurs et de leur fournir des renseignements sur l\u0026rsquo;exposant. Cette deuxi\u0026egrave;me demoiselle, assise \u0026agrave; une m\u0026ecirc;me petite table, informerait le spectateur sur la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations. En qu\u0026ecirc;te d\u0026rsquo;informations utiles, Koen Theys \u0026eacute;choua dans les archives de cette banque o\u0026ugrave; il mit la main sur une importante phototh\u0026egrave;que. Pendant des ann\u0026eacute;es, en effet, la banque avait r\u0026eacute;alis\u0026eacute; des photos de tous les b\u0026acirc;timents qu\u0026rsquo;elle avait \u0026eacute;rig\u0026eacute;s, financ\u0026eacute;s ou assur\u0026eacute;s. Koen Theys op\u0026eacute;ra une s\u0026eacute;lection parmi ces photos et d\u0026eacute;cida de pr\u0026eacute;senter la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations au public comme un nouveau photographe. Ce qui \u0026eacute;tait bien dans cette exposition, c\u0026rsquo;est que Koen Theys parvenait \u0026agrave; nous raconter quelque chose sur les banques, les expositions, les photographies et la politique fran\u0026ccedil;aise du logement sans ajouter personnellement quoi que ce soit \u0026agrave; ce qui existait d\u0026eacute;j\u0026agrave;.\u003cbr /\u003e\r\nJe mentionne ce travail ant\u0026eacute;rieur parce que cette fois-ci encore Koen Theys agit comme un commissaire d\u0026#39;expositions qui nous pr\u0026eacute;sente de nouveaux artistes - en l\u0026#39;occurrence les ma\u0026icirc;tres et les ma\u0026icirc;tresses qui ont d\u0026eacute;cor\u0026eacute; leur classe - mais aussi parce que l\u0026#39;exemple de la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts montre qu\u0026#39;il agit dans la grande tradition fran\u0026ccedil;aise du positivisme. En allant \u0026agrave; la recherche de la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; dans des archives souterraines ou dans des classes qui normalement \u0026eacute;chappent \u0026agrave; notre exp\u0026eacute;rience quotidienne, il ram\u0026egrave;ne l\u0026rsquo;art contemporain \u0026agrave; ses origines, lorsque le r\u0026eacute;alisme et le naturalisme sont n\u0026eacute;s en copiant des compte rendus juridiques et en d\u0026eacute;crivant la vie de tous les jours.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, le 28 d\u0026eacute;cembre 1999. Pour Jot\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\nTraduit du n\u0026eacute;erlandais par Mich\u0026egrave;le Deghilage\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"ru","short_description":"","description":""},{"locale":"de","short_description":"","description":"\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eUn cauchemar pr\u0026eacute;cieusement d\u0026eacute;coup\u0026eacute;\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eQuelques mots \u0026agrave; propos d\u0026rsquo;une exposition de Koen Theys\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nEn 1998 Koen Theys a r\u0026eacute;alis\u0026eacute; deux expositions avec des figures d\u0026eacute;tour\u0026eacute;es \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;un ordinateur. La premi\u0026egrave;re exposition a eu lieu dans les couloirs d\u0026rsquo;un minist\u0026egrave;re bruxellois, la deuxi\u0026egrave;me \u0026agrave; la Galerie Xippas. Plusieurs personnes lui ont fait remarquer que la fa\u0026ccedil;on de d\u0026eacute;tourer ces images, de les coller sur de la mousse et de les accrocher au mur \u0026eacute;voquait pour elles l\u0026rsquo;\u0026eacute;cole maternelle. A la m\u0026ecirc;me \u0026eacute;poque, il est tomb\u0026eacute;, en parcourant des photos plus anciennes, sur une photo o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on voyait comment on \u0026laquo; apprenait \u0026raquo; collectivement \u0026agrave; des enfants \u0026agrave; remplir la silhouette d\u0026rsquo;un mouton avec des boules d\u0026rsquo;ouate et de la colle. Ce sont ces deux circonstances qui lui ont donn\u0026eacute; l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;aller prendre des photos dans des \u0026eacute;coles maternelles.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Difficile de saisir la \u0026laquo; signification \u0026raquo; de ces photos : d\u0026rsquo;abord elles repr\u0026eacute;sentent des choses assez h\u0026eacute;t\u0026eacute;roclites et puis nous ne comprenons pas pourquoi Koen Theys a photographi\u0026eacute; pr\u0026eacute;cis\u0026eacute;ment ces choses-l\u0026agrave;. En g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral, il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;objets, de dessins ou d\u0026rsquo;illustrations qui ont \u0026eacute;t\u0026eacute; accroch\u0026eacute;s aux murs, coll\u0026eacute;s aux armoires ou aux fen\u0026ecirc;tres d\u0026rsquo;une classe, sans doute dans le but d\u0026rsquo;\u0026eacute;gayer le local ou de le rendre plus convivial. Malheureusement, le r\u0026eacute;sultat n\u0026rsquo;est pas toujours r\u0026eacute;ussi. Nous percevons bien l\u0026rsquo;intention de la ma\u0026icirc;tresse ou du ma\u0026icirc;tre, mais cette intention ne s\u0026rsquo;est pas vraiment concr\u0026eacute;tis\u0026eacute;e. Des images comiques d\u0026rsquo;animaux domestiques jouant du violon ont d\u0026eacute;teint, sont d\u0026eacute;chiquet\u0026eacute;es ou jaunies, des poup\u0026eacute;es dorment dans des barquettes de chez le boucher et sur le mur des dessins d\u0026rsquo;enfants c\u0026ocirc;toient fraternellement les portraits-robots de criminels recherch\u0026eacute;s. Partout se dressent des obstacles : des murs r\u0026eacute;calcitrants, des punaises qui plient, du papier collant dess\u0026eacute;ch\u0026eacute; ou jauni, des boules d\u0026rsquo;ouate, boutons de porte et interrupteurs qui se d\u0026eacute;tachent, des vues moins idylliques, des \u0026eacute;tiquettes de prix, d\u0026rsquo;\u0026eacute;tranges imprim\u0026eacute;s, etc.\u003cbr /\u003e\r\nLes photos de Koen Theys semblent sugg\u0026eacute;rer que ces tentatives de d\u0026eacute;coration ratent souvent. Nous pourrions attribuer ces \u0026eacute;checs \u0026agrave; la gaucherie des ma\u0026icirc;tres et des ma\u0026icirc;tresses, mais cela ne nous dirait pas pourquoi ces images fascinent tant Koen Theys. L\u0026#39;une des raisons est peut-\u0026ecirc;tre que l\u0026#39;\u0026eacute;chec de ces tentatives de d\u0026eacute;coration n\u0026#39;est pas le r\u0026eacute;sultat d\u0026#39;un d\u0026eacute;raillement, mais la cons\u0026eacute;quence in\u0026eacute;luctable d\u0026#39;une certaine conception du beau et de l\u0026#39;agr\u0026eacute;able. Je crois qu\u0026rsquo;il y a une fa\u0026ccedil;on aveugle de confronter la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; et la beaut\u0026eacute;. Je crois que cette fa\u0026ccedil;on se traduit dans la mani\u0026egrave;re dont ces classes sont d\u0026eacute;cor\u0026eacute;es et qu\u0026rsquo;elle s\u0026rsquo;impose \u0026agrave; de nouvelles g\u0026eacute;n\u0026eacute;rations \u0026agrave; travers ces d\u0026eacute;corations. Je crois que Koen Theys est touch\u0026eacute; par cela, mais que son intuition ne se laisse pas facilement formuler. Je pense aussi que toute activit\u0026eacute; artistique peut souffrir de la m\u0026ecirc;me c\u0026eacute;cit\u0026eacute; et qu\u0026rsquo;en cela r\u0026eacute;side le lien intime avec les autres \u0026oelig;uvres de cet artiste, ou ce th\u0026egrave;me est r\u0026eacute;current.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa perception narcissique de la r\u0026eacute;alit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa personne narcissique a peu de confiance en elle-m\u0026ecirc;me. Elle attache beaucoup d\u0026rsquo;importance \u0026agrave; ce que les autres pensent d\u0026rsquo;elle. Elle se regarde \u0026agrave; travers le regard des autres. La valeur intrins\u0026egrave;que des choses ou des \u0026eacute;v\u0026eacute;nements lui \u0026eacute;chappe. Les autres n\u0026rsquo;existent pas. Puisque la personne narcissique ne consid\u0026egrave;re le monde ext\u0026eacute;rieur qu\u0026rsquo;en fonction d\u0026rsquo;elle-m\u0026ecirc;me, ce monde n\u0026rsquo;existe pas vraiment. Le monde n\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;une extension de la personne narcissique. Mais sans monde ext\u0026eacute;rieur, il n\u0026rsquo;y a pas d\u0026rsquo;exp\u0026eacute;rience. La personne narcissique n\u0026rsquo;apprend rien. Elle est vide au d\u0026eacute;part et elle sera vide \u0026agrave; la fin.\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\nQuelque part ces photos semblent sugg\u0026eacute;rer que la convivialit\u0026eacute; v\u0026eacute;ritable, la beaut\u0026eacute; v\u0026eacute;ritable et les hommes v\u0026eacute;ritables n\u0026rsquo;existent pas. La r\u0026eacute;alit\u0026eacute; n\u0026rsquo;est pas assez belle et elle a besoin d\u0026rsquo;\u0026ecirc;tre d\u0026eacute;cor\u0026eacute;e. En m\u0026ecirc;me temps nous sentons que cette d\u0026eacute;coration est produite de fa\u0026ccedil;on automatique ou m\u0026eacute;canique. Les ma\u0026icirc;tres et les ma\u0026icirc;tresses respectent des codes qui pr\u0026eacute;tendent garantir la beaut\u0026eacute; et la convivialit\u0026eacute;, mais en m\u0026ecirc;me temps le spectateur sent partout l\u0026rsquo;absence d\u0026rsquo;une v\u0026eacute;ritable exp\u0026eacute;rience.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nL\u0026rsquo;individu disparu\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nDans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys, chaque individu a un ou plusieurs sosies. A c\u0026ocirc;t\u0026eacute; d\u0026rsquo;une poubelle ou d\u0026rsquo;un banc dans un parc public il place une autre poubelle ou un autre banc faisant partie de la m\u0026ecirc;me s\u0026eacute;rie de production. Souvent l\u0026rsquo;individu est confront\u0026eacute; \u0026agrave; une foule ou \u0026agrave; une s\u0026eacute;rie d\u0026rsquo;individus identiques. Le miroir en caoutchouc ne r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chit pas de visage. Partout, l\u0026rsquo;individu est \u0026eacute;cras\u0026eacute; ou rel\u0026eacute;gu\u0026eacute; dans un coin. Les spectateurs des vitres sabl\u0026eacute;es deviennent eux-m\u0026ecirc;mes des objets que l\u0026rsquo;on regarde.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Depuis quelques ann\u0026eacute;es ce th\u0026egrave;me est combin\u0026eacute; avec l\u0026rsquo;image r\u0026eacute;currente du terrier. Un autoportrait en caoutchouc est fait de deux moulages du c\u0026ocirc;t\u0026eacute; post\u0026eacute;rieur d\u0026rsquo;un individu, coll\u0026eacute;s ensemble et formant une esp\u0026egrave;ce de larve \u0026agrave; deux dos dont les faces se seraient recourb\u0026eacute;es \u0026agrave; l\u0026rsquo;int\u0026eacute;rieur. Un autre autoportrait montre une figure couch\u0026eacute;e sur le sol, face contre terre, comme une plaque d\u0026rsquo;\u0026eacute;gout ou une taupini\u0026egrave;re. Dans plusieurs \u0026oelig;uvres nous voyons comment Koen Theys essaie d\u0026rsquo;ordonner son \u0026oelig;uvre dans un environnement qui ressemble \u0026agrave; un terrier, mais son \u0026oelig;uvre a pris vie et ne se laisse plus dompter. L\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre est devenue en m\u0026ecirc;me temps toile et araign\u0026eacute;e. L\u0026rsquo;artiste est d\u0026eacute;vor\u0026eacute; et rendu invisible par son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\nDans le texte \u0026laquo; Un autocar, c\u0026rsquo;est une cam\u0026eacute;ra roulante dans laquelle on peut s\u0026rsquo;asseoir \u0026raquo;, je qualifiais l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys de b\u0026ecirc;te polymorphe, rampante et grimpante, qui se reproduit sous terre et en surface, et que l\u0026rsquo;artiste parvient \u0026agrave; peine \u0026agrave; dominer, alors qu\u0026rsquo;en r\u0026eacute;alit\u0026eacute;, il ne s\u0026rsquo;agit ni plus ni moins que du reflet de ses propres investigations. Je me rends compte \u0026agrave; pr\u0026eacute;sent que nous pourrions tr\u0026egrave;s bien consid\u0026eacute;rer les classes dans lesquelles toutes ces photos ont \u0026eacute;t\u0026eacute; prises comme un r\u0026eacute;seau de galeries et de terriers dans lequel, tout comme dans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de l\u0026rsquo;artiste, on exp\u0026eacute;rimente avec des images. L\u0026rsquo;image d\u0026rsquo;ensemble confuse, anguleuse et parfois sombre de ces exp\u0026eacute;riences rappelle la fa\u0026ccedil;on dont Koen Theys lui-m\u0026ecirc;me cherche des relations entre les diff\u0026eacute;rentes images qu\u0026rsquo;il a r\u0026eacute;alis\u0026eacute;es. Ainsi, cette collection de photos h\u0026eacute;t\u0026eacute;roclites devient un pendant de son \u0026oelig;uvre personnelle.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nUne image d\u0026eacute;viante fait r\u0026eacute;appara\u0026icirc;tre l\u0026rsquo;individu\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nCe qui frappe dans cette photo d\u0026rsquo;enfants qui apprennent \u0026agrave; dessiner un mouton avec de l\u0026rsquo;ouate, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;elle fait penser \u0026agrave; une cha\u0026icirc;ne m\u0026eacute;canique. On se demande \u0026agrave; quoi vont servir ces futures reproductions de moutons, si c\u0026rsquo;est pour les r\u0026eacute;aliser toutes \u0026agrave; l\u0026rsquo;identique. Apparemment, on apprend aux jeunes \u0026eacute;coliers \u0026agrave; se familiariser avec les images comme au moyen \u0026acirc;ge en Europe, ou comme \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque \u0026eacute;gyptienne, lorsque tout le monde savait encore clairement \u0026agrave; quoi devait ressembler une image.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nCe qui choque, c\u0026rsquo;est qu\u0026rsquo;il y a aussi une v\u0026eacute;rit\u0026eacute; sous-jacente \u0026agrave; cette approche de l\u0026rsquo;image. La seule chose qu\u0026#39;il nous soit vraiment donn\u0026eacute; de voir dans une \u0026oelig;uvre, c\u0026rsquo;est sa texture. Les intentions de l\u0026rsquo;artiste doivent nous parvenir \u0026agrave; travers cette texture. C\u0026rsquo;est pourquoi il semble plus juste de dire qu\u0026rsquo;un artiste n\u0026rsquo;exprime pas ses sentiments ou des pens\u0026eacute;es dans un objet ou une image, mais bien qu\u0026rsquo;il r\u0026eacute;alise un objet ou une image qui \u0026eacute;veille des sentiments ou des pens\u0026eacute;es chez le spectateur ou l\u0026rsquo;auditeur. Dans ce cas, il pourrait effectivement suffire d\u0026rsquo;apprendre \u0026agrave; quelqu\u0026rsquo;un comment il doit r\u0026eacute;aliser un objet de fa\u0026ccedil;on \u0026agrave; ce que cet objet soit capable d\u0026rsquo;\u0026eacute;mouvoir ou de faire r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chir le spectateur.\u003cbr /\u003e\r\nSi cette id\u0026eacute;e doit mettre certains artistes mal \u0026agrave; l\u0026rsquo;aise, elle est vite relativis\u0026eacute;e par la conscience que personne n\u0026rsquo;est en mesure de r\u0026eacute;aliser une \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art rien qu\u0026rsquo;en appliquant des r\u0026egrave;gles. En effet, l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art, l\u0026rsquo;\u0026eacute;motion ou la nouvelle perception des choses na\u0026icirc;t pr\u0026eacute;cis\u0026eacute;ment de l\u0026rsquo;\u0026eacute;cart des r\u0026egrave;gles, par l\u0026rsquo;\u0026eacute;chec, la d\u0026eacute;formation ou l\u0026rsquo;impr\u0026eacute;visible. Le d\u0026eacute;routement de l\u0026rsquo;image fait r\u0026eacute;appara\u0026icirc;tre l\u0026rsquo;individu ou l\u0026rsquo;exp\u0026eacute;rience individuelle.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nKitsch et sentimentalit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nAutre \u0026eacute;l\u0026eacute;ment r\u0026eacute;current dans l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Koen Theys, \u0026eacute;l\u0026eacute;ment qui semble \u0026eacute;galement en rapport avec cette s\u0026eacute;rie de photos : l\u0026rsquo;int\u0026eacute;r\u0026ecirc;t qu\u0026rsquo;il voue aux images archa\u0026iuml;ques et aux int\u0026eacute;rieurs rustiques, et qui \u0026eacute;tait d\u0026eacute;j\u0026agrave; pr\u0026eacute;sent dans les vid\u0026eacute;os \u0026laquo; Diana \u0026raquo;, \u0026laquo; Sleepless Night \u0026raquo; et \u0026laquo; L\u0026rsquo;Or du Rhin \u0026raquo;. Depuis le d\u0026eacute;but, Koen Theys est en effet fascin\u0026eacute; par le kitsch et la sentimentalit\u0026eacute;, qui s\u0026rsquo;incarnent dans des troph\u0026eacute;es de chasse, des croix qui se consument et des nappes en tissu Vichy. Dans ses r\u0026eacute;alisations ult\u0026eacute;rieures, nous le remarquons moins et nous avons m\u0026ecirc;me l\u0026rsquo;impression que le moindre soup\u0026ccedil;on de kitsch a \u0026eacute;t\u0026eacute; gomm\u0026eacute;, alors qu\u0026rsquo;en r\u0026eacute;alit\u0026eacute;, ce th\u0026egrave;me est \u0026agrave; la base m\u0026ecirc;me des collages r\u0026eacute;alis\u0026eacute;s avec des photos de maisonnettes, et de toutes les \u0026oelig;uvres faites \u0026agrave; partir de reproductions de bancs publics, poubelles, lampadaires, arbres \u0026eacute;t\u0026ecirc;t\u0026eacute;s et \u0026oelig;uvres d\u0026rsquo;art tr\u0026egrave;s modernes qui servent \u0026agrave; embellir nos villes. Dans cette s\u0026eacute;rie de photos \u0026eacute;galement, nous sentons que la laideur g\u0026ecirc;nante des classes d\u0026eacute;cor\u0026eacute;es repose sur une aspiration - celle de les rendre plus douillettes - qui, formellement, n\u0026rsquo;a pas vraiment abouti, de sorte que nous avons l\u0026rsquo;impression que la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; est sacrifi\u0026eacute;e au profit d\u0026rsquo;un r\u0026ecirc;ve narcissique. Un peu \u0026agrave; la mani\u0026egrave;re des id\u0026eacute;ologies nostalgiques qui condamnent le pr\u0026eacute;sent en s\u0026rsquo;appuyant sur un pass\u0026eacute; harmonieux qui n\u0026rsquo;a jamais exist\u0026eacute;. (\u0026laquo; Celui qui prend la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; pour un r\u0026ecirc;ve la fera tourner en cauchemar \u0026raquo;, a \u0026eacute;crit Carlos Montera.)\u003cbr /\u003e\r\nEn m\u0026ecirc;me temps, le kitsch douillet de ces classes implose en un bombardement de couleurs. Pour Koen Theys, il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;une exp\u0026eacute;rience passionnante. A chaque photo qu\u0026rsquo;il nous montre, il prend plaisir \u0026agrave; d\u0026eacute;noncer le mauvais go\u0026ucirc;t de la juxtaposition des couleurs les plus vives. Il doit \u0026ecirc;tre amusant de pouvoir faire des photos qui bafouent toutes les conventions chromatiques parce que le th\u0026egrave;me le veut ainsi.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nUn art qui n\u0026rsquo;ajoute presque rien \u0026agrave; la r\u0026eacute;alit\u0026eacute;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLorsque, l\u0026rsquo;ann\u0026eacute;e derni\u0026egrave;re, la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations invita Koen Theys \u0026agrave; organiser une exposition \u0026agrave; Paris, il proposa de donner un sosie \u0026agrave; la demoiselle charg\u0026eacute;e, \u0026agrave; l\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e, d\u0026rsquo;accueillir les spectateurs et de leur fournir des renseignements sur l\u0026rsquo;exposant. Cette deuxi\u0026egrave;me demoiselle, assise \u0026agrave; une m\u0026ecirc;me petite table, informerait le spectateur sur la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations. En qu\u0026ecirc;te d\u0026rsquo;informations utiles, Koen Theys \u0026eacute;choua dans les archives de cette banque o\u0026ugrave; il mit la main sur une importante phototh\u0026egrave;que. Pendant des ann\u0026eacute;es, en effet, la banque avait r\u0026eacute;alis\u0026eacute; des photos de tous les b\u0026acirc;timents qu\u0026rsquo;elle avait \u0026eacute;rig\u0026eacute;s, financ\u0026eacute;s ou assur\u0026eacute;s. Koen Theys op\u0026eacute;ra une s\u0026eacute;lection parmi ces photos et d\u0026eacute;cida de pr\u0026eacute;senter la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts et consignations au public comme un nouveau photographe. Ce qui \u0026eacute;tait bien dans cette exposition, c\u0026rsquo;est que Koen Theys parvenait \u0026agrave; nous raconter quelque chose sur les banques, les expositions, les photographies et la politique fran\u0026ccedil;aise du logement sans ajouter personnellement quoi que ce soit \u0026agrave; ce qui existait d\u0026eacute;j\u0026agrave;.\u003cbr /\u003e\r\nJe mentionne ce travail ant\u0026eacute;rieur parce que cette fois-ci encore Koen Theys agit comme un commissaire d\u0026#39;expositions qui nous pr\u0026eacute;sente de nouveaux artistes - en l\u0026#39;occurrence les ma\u0026icirc;tres et les ma\u0026icirc;tresses qui ont d\u0026eacute;cor\u0026eacute; leur classe - mais aussi parce que l\u0026#39;exemple de la Caisse des d\u0026eacute;p\u0026ocirc;ts montre qu\u0026#39;il agit dans la grande tradition fran\u0026ccedil;aise du positivisme. En allant \u0026agrave; la recherche de la r\u0026eacute;alit\u0026eacute; dans des archives souterraines ou dans des classes qui normalement \u0026eacute;chappent \u0026agrave; notre exp\u0026eacute;rience quotidienne, il ram\u0026egrave;ne l\u0026rsquo;art contemporain \u0026agrave; ses origines, lorsque le r\u0026eacute;alisme et le naturalisme sont n\u0026eacute;s en copiant des compte rendus juridiques et en d\u0026eacute;crivant la vie de tous les jours.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, le 28 d\u0026eacute;cembre 1999. Pour Jot\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\nTraduit du n\u0026eacute;erlandais par Mich\u0026egrave;le Deghilage\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"es","short_description":"","description":""},{"locale":"el","short_description":"","description":""}],"actors":[]}