{"id":19348,"title":"Guy Rombouts - 2000 - Van A tot Z: van autovrije stad tot tentoongestelde autorijschool in Ruimte Z [NL, essay]","dimensions":"11 p.","date_begin":null,"material":"","art_status_id":13,"legal_status_id":47,"category_id":25,"platform_id":1,"deleted":false,"asset_count":1,"stream_count":0,"collection":"Hans Theys Archive / Archief Hans Theys","cached_tag_list":"","publishing_process_id":1,"annotation":"","date_end":null,"reference":"","stream_count_app":15,"permalink":"van-a-tot-z-van-autovrije-stad-tot-tentoongestelde-autorijschool-in-ruimte-z-nl-essay","description_ca":"","short_description_ca":"","description_it":"","short_description_it":"","cached_primary_asset_url":null,"cached_actor_names":"Hans Theys","hide_from_json":true,"prev_platform_id":null,"description_uk":null,"short_description_uk":null,"description_tr":null,"short_description_tr":null,"mhka_works":false,"category":{"en":"Text","nl":"Tekst","fr":"Texte"},"poster_image":null,"poster_credits":null,"translations":[{"locale":"en","short_description":"","description":"\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eD\u0026rsquo;une ville sans voitures \u0026agrave; une auto-\u0026eacute;cole expos\u0026eacute;e\u003cbr /\u003e\r\n\u0026Agrave; propos de quelques mouvements artistiques des ann\u0026eacute;es soixante et septante\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHistoriographie\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eLe 21 juillet 1969, Marcel Broodthaers r\u0026eacute;alise un film sur une excursion qu\u0026rsquo;il fait \u0026agrave; la Butte du Lion \u0026agrave; Waterloo. Au cours de cette excursion, on le voit transbahuter une caisse de transport vide dans un camion de d\u0026eacute;m\u0026eacute;nagement de la firme Continental Menk\u0026eacute;s et sans doute d\u0026eacute;clarer, se tenant debout devant le tube d\u0026rsquo;un canon, que Waterloo fait partie de son mus\u0026eacute;e. (S\u0026rsquo;agissant d\u0026rsquo;un film muet, on ne sait pas exactement ce qu\u0026rsquo;il dit.) Le soir, il \u0026eacute;crit une lettre \u0026agrave; Jacques Charlier, dans laquelle il fait \u0026eacute;tat de ce joyeux \u0026eacute;v\u0026eacute;nement et d\u0026eacute;plore que la lune \u0026laquo; ne f\u0026ucirc;t pas en couleur \u0026raquo;. Lorsque je travaillais avec Maria Gilissen \u0026agrave; la pr\u0026eacute;paration du catalogue Cin\u0026eacute;ma, celle-ci me demanda un jour ce que Broodthaers aurait bien pu vouloir dire avec cette phrase \u0026eacute;nigmatique. Je ne savais que r\u0026eacute;pondre. Ce n\u0026rsquo;est que bien des ann\u0026eacute;es plus tard que je compris le vrai sens, suite \u0026agrave; une anecdote que me confia Guy Rombouts. Il me raconta en effet que le 21 juillet 1969 dans \u0026laquo; Het Gouden Huis \u0026raquo;, comme on appelait A 37 90 89, en raison de sa fa\u0026ccedil;ade dor\u0026eacute;e, on avait organis\u0026eacute; un petit-d\u0026eacute;jeuner au champagne pour regarder ensemble l\u0026rsquo;alunissage. \u0026laquo; Ils ne s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient m\u0026eacute;nag\u0026eacute; aucun effort pour trouver un t\u0026eacute;l\u0026eacute;viseur couleur \u0026raquo;, raconta-t-il, \u0026laquo; jusqu\u0026rsquo;\u0026agrave; ce que nous constations \u0026agrave; notre grande d\u0026eacute;ception que les images \u0026eacute;taient retransmises en noir et blanc \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Walter Swennen raconte parfois que, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, les artistes australiens s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient inspir\u0026eacute;s des illustrations en noir et blanc qu\u0026rsquo;ils d\u0026eacute;couvraient dans leurs revues artistiques.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026laquo; Leurs \u0026oelig;uvres rev\u0026ecirc;taient ainsi une sp\u0026eacute;cificit\u0026eacute; toute particuli\u0026egrave;re \u0026raquo;, poursuivit Swennen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;historien de bonne volont\u0026eacute; qui \u0026eacute;tudie les ann\u0026eacute;es soixante doit essayer de s\u0026rsquo;imaginer un monde avec des moyens de communication d\u0026eacute;fectueux, \u0026agrave; une \u0026eacute;poque o\u0026ugrave; le mot \u0026laquo; communication \u0026raquo; venait \u0026agrave; peine de sortir de la sph\u0026egrave;re militaire. Hugo Heyrman raconte qu\u0026rsquo;il \u0026eacute;tait membre de la biblioth\u0026egrave;que am\u0026eacute;ricaine \u0026agrave; Bruxelles et qu\u0026rsquo;il parvenait ainsi \u0026agrave; obtenir rapidement informations. Les cr\u0026eacute;ations musicales les plus r\u0026eacute;centes \u0026eacute;taient grav\u0026eacute;es sur de grands CD noirs, qui n\u0026rsquo;\u0026eacute;taient pas destin\u0026eacute;s \u0026agrave; la grande distribution, mais que quelqu\u0026rsquo;un rapportait toujours des pays d\u0026rsquo;outre-mer dans son sac \u0026agrave; dos. Tous ceux qui, en Belgique, \u0026eacute;taient au courant des derni\u0026egrave;res nouveaut\u0026eacute;s avaient au moins un membre de leur famille qui se rendait de temps \u0026agrave; autre \u0026agrave; Londres, ou une bonne connaissance qui voyageait au long cours et qui faisait parfois escale dans un port d\u0026rsquo;Am\u0026eacute;rique. Ce qui explique pourquoi Broodthaers croyait au d\u0026eacute;part que le Pop Art \u0026eacute;tait issu de l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Magritte. Et ce qui explique aussi l\u0026rsquo;excitation qui semblait \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque aller de pair avec la d\u0026eacute;couverte de tout ce qui \u0026eacute;tait \u0026laquo; nouveau \u0026raquo;.\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp; \u0026nbsp;Les historiographes consacrent en g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral beaucoup de temps \u0026agrave; la question de savoir avec quoi faire co\u0026iuml;ncider la fin ou le commencement d\u0026rsquo;une \u0026eacute;poque. Certains font d\u0026eacute;buter les ann\u0026eacute;es soixante dans le domaine artistique avec G58 et Zero, d\u0026rsquo;autres avec les premiers happenings. Les cyniques feraient d\u0026eacute;buter cette p\u0026eacute;riode avec la cr\u0026eacute;ation de la Nouvelle Ecole flamande, qui se distancia \u0026laquo; de l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e lucrative en Belgique et \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;tranger selon laquelle il existerait une \u0026eacute;cole de peinture belge, une id\u0026eacute;e qui renferme une contradictio in terminis \u0026raquo;, car cela prouverait \u0026agrave; quel point les artistes pouvaient encore \u0026ecirc;tre arri\u0026eacute;r\u0026eacute;s en 1960.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Moi, ,je ne choisis pas de point de d\u0026eacute;part, parce je n\u0026rsquo;arrive pas \u0026agrave; choisir entre Zero et A. Quant au point final de ma p\u0026eacute;riode, j\u0026rsquo;aimerais le faire co\u0026iuml;ncider avec l\u0026rsquo;inauguration de l\u0026rsquo;auto-\u0026eacute;cole de Guillaume Bijl, qui eut lieu le 20 avril 1979 \u0026agrave; Ruimte Z.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Les membres de VAGA revendiquaient plus de bancs publics et de poubelles dans une ville sans voitures. Trente-cinq ans plus tard, la Belgique pullule de bancs publics et de poubelles. Guillaume Bijl est sans doute le premier artiste qui en a fait un th\u0026egrave;me dans son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Enfin, j\u0026rsquo;aimerais dire quelque chose sur le fait surprenant que l\u0026rsquo;artiste Panamarenko semble si souvent surgir \u0026agrave; des moments d\u0026eacute;cisifs de l\u0026rsquo;histoire de l\u0026rsquo;art contemporain \u0026agrave; Anvers. Ce qui s\u0026rsquo;explique par diff\u0026eacute;rentes raisons. Tout d\u0026rsquo;abord, c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait un artiste qui donna imm\u0026eacute;diatement une forme \u0026agrave; ses happenings. Tout comme il s\u0026rsquo;\u0026eacute;tait donn\u0026eacute; lui-m\u0026ecirc;me un nom aux belles consonances, il veilla \u0026eacute;galement \u0026agrave; ce que ses happenings et autres activit\u0026eacute;s portassent des titres et des noms. Il a d\u0026rsquo;embl\u0026eacute;e consid\u0026eacute;r\u0026eacute; ses happenings comme une forme artistique et ce faisant il a laiss\u0026eacute; des traces. Autre explication plausible : les nombreux catalogues consacr\u0026eacute;s \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Panamarenko ont pouss\u0026eacute; les historiens \u0026agrave; se mettre \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre. Bon nombre des informations sur cette p\u0026eacute;riode d\u0026eacute;coulent en fait de recherches qui ont \u0026eacute;t\u0026eacute; r\u0026eacute;alis\u0026eacute;es dans le cadre de l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Panamarenko. Une troisi\u0026egrave;me raison est peut-\u0026ecirc;tre que Panamarenko n\u0026rsquo;a jamais reni\u0026eacute; cette \u0026eacute;poque et a toujours continu\u0026eacute; \u0026agrave; la consid\u0026eacute;rer comme une partie n\u0026eacute;cessaire de son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nVAGA et A 37 90 89 (Het Gouden Huis)\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eContrairement \u0026agrave; ce que l\u0026rsquo;on pourrait croire, on n\u0026rsquo;a pas tellement consacr\u0026eacute; d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes aux moments o\u0026ugrave; les artistes ont tent\u0026eacute;, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, de parvenir ensemble \u0026agrave; quelque chose. Il existe certes quelques petits ouvrages consacr\u0026eacute;s aux ann\u0026eacute;es soixante \u0026agrave; Anvers, mais on n\u0026rsquo;y trouve jamais un aper\u0026ccedil;u qui se veut exhaustif ou, disons, la publication de tous les pamphlets, de toutes les affiches et autres documents qui nous permettrait de d\u0026eacute;duire nous-m\u0026ecirc;mes l\u0026rsquo;une ou l\u0026rsquo;autre chose. Quant aux \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui ont eu lieu dans les autres villes, il n\u0026rsquo;existe pour ainsi dire rien.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp; \u0026nbsp; En Belgique, nous n\u0026rsquo;avons sans doute jamais eu de rassemblement vraiment organis\u0026eacute; d\u0026rsquo;artistes, comme c\u0026rsquo;est le cas actuellement avec le Nicc. En g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral, \u0026ccedil;a se limite \u0026agrave; un ou deux intellectuels ou \u0026agrave; une poign\u0026eacute;e d\u0026rsquo;artistes hyper-actifs, qui se fabriquent chez eux, assis \u0026agrave; leur bureau ou autour de la table de cuisine, un nom et un id\u0026eacute;al mais qui, par la suite, se traduisent par peu ou pas de vraies rencontres, discussions ou actions.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans les ann\u0026eacute;es soixante, une telle organisation n\u0026rsquo;a pas non plus vraiment exist\u0026eacute;. Du moins pas dans les milieux o\u0026ugrave; \u0026eacute;voluaient les artistes faisant autorit\u0026eacute; \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque. A Anvers, en revanche, il y avait deux \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui y ressemblaient: le Vrije Aktie Groep Antwerpen (VAGA) et A 37 90 89.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le Vrije Aktie Groep Antwerpen est n\u0026eacute; le 1er juin 1968. Les \u0026eacute;tudiants de L\u0026rsquo;Ecole sup\u0026eacute;rieure des Beaux-Arts d\u0026rsquo;Anvers remirent un manifeste au conservateur principal du Mus\u0026eacute;e Royal des Beaux-Arts. Celui-ci les invita \u0026agrave; un premier entretien au mus\u0026eacute;e, qui eut lieu une semaine plus tard. Dans les deux mois qui suivirent, ces r\u0026eacute;unions se r\u0026eacute;p\u0026eacute;t\u0026egrave;rent toutes les semaines et des actions furent organis\u0026eacute;es principalement sur la Conscienceplein. Le quinze juin, le collectif prie avec insistance - dans une deuxi\u0026egrave;me lettre - de pr\u0026eacute;voir \u0026laquo; un nombre important de bancs, quelques poubelles, des arbres, de l\u0026rsquo;herbe et des fleurs et d\u0026rsquo;interdire toute circulation sur la place \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le vendredi 19 juillet, le conseil municipal d\u0026eacute;cide que la Conscienceplein doit \u0026ecirc;tre ferm\u0026eacute;e \u0026agrave; la circulation. Or, VAGA veut que la Conscienceplein devienne une \u0026laquo; zone verte \u0026raquo;. Dans un pamphlet, ils exigent que le conseil municipal proc\u0026egrave;de \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;rection d\u0026rsquo;un journal mural libre sur la Groenplaats, que l\u0026rsquo;abri souterrain sous la Groenplaats soit ouvert au public et serve de centre culturel et que la Groenplaats soit reconnue en tant que tribune publique (\u0026laquo; but: favoriser la communication et l\u0026rsquo;\u0026eacute;change des opinions \u0026raquo;).\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Le journal mural libre se composerait d\u0026rsquo;un mur en b\u0026eacute;ton. Celui-ci serait \u0026eacute;rig\u0026eacute; sur la Groenplaats du c\u0026ocirc;t\u0026eacute; du Grand Bazar, \u0026agrave; environ 5 m\u0026egrave;tres de la route et parall\u0026egrave;lement \u0026agrave; celle-ci. Il s\u0026rsquo;\u0026eacute;tendrait donc sur toute la longueur de la Groenplaats et aurait une hauteur de deux 2 m\u0026egrave;tres et demi et une \u0026eacute;paisseur d\u0026rsquo;un demi-m\u0026egrave;tre. Le conseil municipal devrait veiller \u0026agrave; ce que peinture, colle, papier et autres fournitures soient toujours disponibles sur place. Le journal mural devrait \u0026ecirc;tre \u0026eacute;clair\u0026eacute; tous les jours \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le \u0026laquo; Comit\u0026eacute; Science \u0026raquo;, compos\u0026eacute; du Prof. Hugo Heyrman, du directeur scientifique Panamarenko, Ing\u0026eacute;nieur en Chef et Multimillionnaire, et de quelques conseillers techniques dont le Prof. Joseph Beuys, de la Kunstakademie D\u0026uuml;sseldorf, pilote navigateur et Isi Fiszman, biologiste, Rubenslei, Anvers, propose de construire un \u0026laquo; Arbre G\u0026eacute;ant \u0026raquo; de quatre-vingts m\u0026egrave;tres de haut, en bois de bambou et PVC. Concept et r\u0026eacute;alisation technique: sign\u0026eacute; Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Le calcul et l\u0026rsquo;ex\u0026eacute;cution sont confi\u0026eacute;s aux conseillers techniques, aux ouvriers engag\u0026eacute;s, au Vrije Aktiegroep Antwerpen, et sont plac\u0026eacute;s sous la coordination et la direction de programmation du Prof. Hugo Heyrman, lequel a contribu\u0026eacute; au concept par ses id\u0026eacute;es et suggestions \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le jour o\u0026ugrave; le projet artistique est rejet\u0026eacute; par l\u0026rsquo;assembl\u0026eacute;e g\u0026eacute;n\u0026eacute;rale de VAGA (intitul\u0026eacute;e \u0026laquo; rassemblement du peuple \u0026raquo;), cette organisation met un terme \u0026agrave; son existence.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A partir de 1970, le Mus\u0026eacute;e des Beaux-Arts organisera quelques expositions sur des artistes contemporains tels que Raoul de Keyser, Willy Plompen, Albert Szukalski, C\u0026eacute;sar Bailleux, Jef Geys, Roland van den Berghe et Jacques Charlier. En 1971, une exposition consacr\u0026eacute;e \u0026agrave; Hugo Heyrman sera annul\u0026eacute;e d\u0026rsquo;extr\u0026ecirc;me justesse parce que la conservatrice se heurtait aux \u0026oelig;uvres expos\u0026eacute;es. En fait, elle estimait que l\u0026rsquo;on ne montrait pas assez d\u0026rsquo;\u0026oelig;uvres et qu\u0026rsquo;elles \u0026eacute;taient trop sombres. Hugo Heyrman se confia \u0026agrave; ce propos, dans un entretien avec Piet Sterckx:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Ce que je voulais, c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait cr\u0026eacute;er un espace, concr\u0026eacute;tiser un univers mental\u0026hellip; On ne peut quand m\u0026ecirc;me pas me demander d\u0026rsquo;organiser une r\u0026eacute;trospective. Je ne veux pas faire d\u0026rsquo;exposition en puisant dans ma r\u0026eacute;serve d\u0026rsquo;\u0026oelig;uvres. Je veux proposer quelque chose d\u0026rsquo;actif, de contemporain. Mon pr\u0026eacute;d\u0026eacute;cesseur avait compl\u0026egrave;tement recouvert les murs. Pourquoi ne pas laisser, \u0026agrave; mon tour, les murs nus et cr\u0026eacute;er \u0026agrave; la place un espace avec trois mobiles? Ce que je voulais faire \u0026eacute;tait tr\u0026egrave;s beau. Le visiteur aurait oubli\u0026eacute; qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agissait d\u0026rsquo;un espace neutre dans le mus\u0026eacute;e, ayant l\u0026rsquo;ambiance terne d\u0026rsquo;une salle obscure dans un palais de justice ou une gare. Je voulais que quelque chose se passe \u0026agrave; l\u0026rsquo;int\u0026eacute;rieur du monde du visiteur. L\u0026rsquo;objet n\u0026rsquo;a pas de valeur s\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;\u0026eacute;mane pas d\u0026rsquo;action. Je n\u0026rsquo;en veux pas \u0026agrave; la direction du mus\u0026eacute;e de ne pas comprendre cela. Mais doit-on interdire tout ce que l\u0026rsquo;on ne comprend pas ? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A 37 90 89 est cr\u0026eacute;\u0026eacute; le 24 mai 1969 au cours d\u0026rsquo;un petit d\u0026icirc;ner chez le collectionneur Hubert Peeters. Il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;un espace alternatif, qui se situe \u0026agrave; la Beeldhouwersstraat, en face du mus\u0026eacute;e. Kaspar K\u0026ouml;nig en devient le coordinateur et invite des artistes tels que Ben Vautier, Carl Andr\u0026eacute;, Joseph Kosuth, Marcel Broodthaers et James Lee Byars. Neuf mois plus tard, Panamarenko r\u0026egrave;gle les factures, change les serrures et rach\u0026egrave;te la maison pour y assembler la premi\u0026egrave;re version de son grand ballon intitul\u0026eacute; The Aeromodeller.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans un entretien avec Piet Van Daalen pour la revue d\u0026rsquo;art \u0026laquo; Museumjournaal \u0026raquo;, Anny De Decker raconte que A 37 90 89 provenait du souhait d\u0026rsquo;Isi Fiszman et de James Lee Byars de cr\u0026eacute;er un \u0026laquo; institut \u0026raquo;. Sans doute suivirent-ils, en cela, les traces de Broodthaers qui, le 27 septembre 1968, instaura chez lui \u0026laquo; le Mus\u0026eacute;e d\u0026rsquo;Art Moderne D\u0026eacute;partement des Aigles \u0026raquo;, entre autres, en r\u0026eacute;action \u0026agrave; l\u0026rsquo;occupation du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nQuelques autres mouvements artistiques\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eA 37 90 89 re\u0026ccedil;ut la visite du collectif d\u0026rsquo;artistes Lidl, fond\u0026eacute; par Immendorf et quelques-uns de ses amis. Anny De Decker raconte \u0026agrave; Piet Van Daalen que \u0026laquo; Lidl s\u0026rsquo;adonnait \u0026agrave; des activit\u0026eacute;s para-artistiques, comme faire du sport dans le contexte des Jeux Olympiques, en tant que parodie \u0026raquo;. Le but \u0026eacute;tait de d\u0026eacute;tr\u0026ocirc;ner l\u0026rsquo;esprit de comp\u0026eacute;tition. Ainsi, Lidlsport organisa un match de football entre Lidl et A ; et une course cycliste entre A 37 90 89 et le mus\u0026eacute;e de Broodthaers \u0026agrave; Bruxelles. Le match de football fut remport\u0026eacute; par A, qui avait recrut\u0026eacute; quelques bons footballeurs, et la course cycliste, par Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Toujours \u0026agrave; Anvers, il y avait le collectif d\u0026rsquo;artistes Ercola, qui se d\u0026eacute;finissait comme un \u0026laquo; centre productif et informatif de l\u0026rsquo;art cr\u0026eacute;atif contemporain, par la distribution du son, de la couleur, de la lumi\u0026egrave;re, du temps et de l\u0026rsquo;espace \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Li\u0026egrave;ge, Jacques Charlier avait cr\u0026eacute;\u0026eacute; en 1965 le groupe Total\u0026rsquo;s, une trentaine de personnes qui se regroup\u0026egrave;rent autour de la revue homonyme Total\u0026rsquo;s . Ils organisaient des concerts, participaient \u0026agrave; des manifestations et organisaient des actions, comme la visite d\u0026rsquo;une exposition, o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on emportait un miroir d\u0026rsquo;un m\u0026egrave;tre et demi sur un que l\u0026rsquo;on dressait face au public, que l\u0026rsquo;on invitait ainsi \u0026agrave; s\u0026rsquo;observer comme un spectacle dans le spectacle. Le groupe Total\u0026rsquo;s lutta \u0026eacute;galement pour une \u0026laquo; zone absolue \u0026raquo; : ils propos\u0026egrave;rent de recouvrir compl\u0026egrave;tement la ville de Li\u0026egrave;ge avec du b\u0026eacute;ton et d\u0026rsquo;y semer ensuite du gazon. Ils particip\u0026egrave;rent \u0026eacute;galement \u0026agrave; une manifestation contre les armes nucl\u0026eacute;aires, en portant un drapeau transparent et en distribuant des pamphlets transparents. Un des num\u0026eacute;ros de Total\u0026rsquo;s \u0026eacute;tait \u0026eacute;galement transparent.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Namur, Pierre Goffin avait r\u0026eacute;uni autour de lui quelques amis qui se rencontraient tous les vendredis chez lui. Le groupe se baptisa L\u0026rsquo;entonnoir. Ils organisaient des expositions et des happenings.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Bruxelles, quelques personnes s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient r\u0026eacute;unies autour de la revue Accuse.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; En 1971, Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Filip Francis et Luc Deleu fonde la revue imprim\u0026eacute;e par s\u0026eacute;rigraphie Artworker Star. Deux ans plus tard, Artworker Foundation ach\u0026egrave;te un autobus d\u0026rsquo;occasion avec l\u0026rsquo;argent de Filip Francis qui dessine et finance la d\u0026eacute;coration int\u0026eacute;rieur du bus. L\u0026rsquo;id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;une architecture ambulante \u0026eacute;tait de Luc Deleu. Le samedi 31 mars 1973, ils lancent leur premier festival continental du film avec une s\u0026eacute;rie de repr\u0026eacute;sentations sur le trottoir du ICC (le Centre culturel international). Le but est de montrer des films non-commerciaux dans des villes belges, n\u0026eacute;erlandaises et allemandes. Au programme figurent des noms comme Raoul Servais, Norman McLaren, Robbe De Hert, Patrick Conrad, Ludo Mich, Frans Buyens, Aim\u0026eacute; Vercruysse, Georges Smits, Willy Verlinden et Jacques Charlier.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Il va de soi que dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, il existait encore d\u0026rsquo;autres \u0026laquo; groupes d\u0026rsquo;artistes \u0026raquo;, comme la \u0026laquo; Nouvelle Ecole flamande \u0026raquo; cr\u0026eacute;\u0026eacute;e en 1960 avec, entre autres, Vic Gentils, Jef Verheyen, Guy Vandenbrande et Guy Mees (\u0026laquo; \u0026hellip; reconna\u0026icirc;t en soi cette tradition flamande, qui veut que l\u0026rsquo;universel de la modernit\u0026eacute; soit renferm\u0026eacute; dans sa propre identit\u0026eacute;, \u0026agrave; savoir l\u0026rsquo;identit\u0026eacute; flamande\u0026hellip; \u0026raquo;), la \u0026laquo; Vereniging voor Plastische Kunstenaars \u0026raquo;, cr\u0026eacute;\u0026eacute;e par Herman Jacobs, le groupe limbourgeois \u0026laquo; Research \u0026raquo;, dans lequel quelques artistes unirent leurs forces pour engranger le plus de connaissances possible sur l\u0026rsquo;art contemporain, ou le \u0026laquo; Anarchistisch Collectief \u0026raquo;, fond\u0026eacute; par Janssens, Verbesselt, Stoops et Narcisse Tordoir. Il n\u0026rsquo;emp\u0026ecirc;che que l\u0026rsquo;on ne peut analyser tous ces groupes de la m\u0026ecirc;me mani\u0026egrave;re et que la place nous manque pour le faire diff\u0026eacute;remment.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHAPPENINGS ET ACTIONS\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Il existe \u0026eacute;galement de tr\u0026egrave;s grandes diff\u0026eacute;rences entre les objectifs de VAGA, A 37 90 89, Total\u0026rsquo;s, Accuse et L\u0026rsquo;entonnoir. Pour VAGA, \u0026laquo; tout artiste doit pouvoir exposer au mus\u0026eacute;e \u0026raquo;. Les membres d\u0026rsquo;A 37 90 89 organisent eux, \u0026agrave; l\u0026rsquo;instar de Marcel Broodthaers, leur propre mus\u0026eacute;e. Les membres des groupes Accuse, L\u0026rsquo;entonnoir et Total\u0026rsquo;s \u0026eacute;taient en qu\u0026ecirc;te de nouvelles formes d\u0026rsquo;art \u0026eacute;ph\u0026eacute;m\u0026egrave;res. Au moment o\u0026ugrave; Panamarenko et Hugo Heyrman veulent construire une grande \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art hors du mus\u0026eacute;e et manifestent le d\u0026eacute;sir de la signer, ils entrent en conflit avec le \u0026laquo; rassemblement du peuple \u0026raquo; de VAGA.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Malgr\u0026eacute; leurs objectifs diff\u0026eacute;rents, ces derniers \u0026laquo; groupes \u0026raquo; \u0026eacute;taient apparent\u0026eacute;s par leur pratique des happenings.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Selon l\u0026rsquo;historiographie officielle, les premiers happenings furent organis\u0026eacute;s \u0026agrave; Anvers par Yoshio Nakajima, Panamarenko, Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Bernd Lohaus, Jasper Grootveld et Jeroen Henneman. Le premier happening eut lieu le 9 juillet 1965. La premi\u0026egrave;re activit\u0026eacute; de la galerie Wide White Space, en mars 1966, est un happening sign\u0026eacute; Panamarenko, Hugo Heyrman et Bernd Lohaus. Suit, en d\u0026eacute;cembre, un autre happening de Panamarenko et d\u0026rsquo;Hugo Heyrman dans cette m\u0026ecirc;me galerie. En juin 1968 d\u0026eacute;bute une nouvelle s\u0026eacute;rie de happenings suite \u0026agrave; la cr\u0026eacute;ation de VAGA.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; La plus belle d\u0026eacute;finition que j\u0026rsquo;aie lue de ce qu\u0026rsquo;est ou pourrait \u0026ecirc;tre un happening en r\u0026eacute;alit\u0026eacute; a \u0026eacute;t\u0026eacute; retranscrite par Anny De Decker et est sign\u0026eacute;e Hugo Heyrman :\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Peintres ou sculpteurs ne s\u0026rsquo;adonneront pas tous au happening. Quelqu\u0026rsquo;un qui fait des happenings est, selon moi, quelqu\u0026rsquo;un qui est conscient de ce qui se passe autour de lui et qui \u0026eacute;prouve le besoin de faire plus que travailler simplement dans son atelier\u0026hellip;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le happening est une autre exp\u0026eacute;rience: lorsque les gens vous voient \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre, ils se disent bien s\u0026ucirc;r, c\u0026rsquo;est un jeu d\u0026rsquo;enfant, \u0026ccedil;a n\u0026rsquo;a pas de sens, mais c\u0026rsquo;est justement cette chose insens\u0026eacute;e qui a fait impression sur eux, cela va continuer \u0026agrave; leur trotter dans la t\u0026ecirc;te, ils y repenseront par apr\u0026egrave;s, et peut-\u0026ecirc;tre arriveront-ils quand m\u0026ecirc;me \u0026agrave; se dire que tout compte fait, ce n\u0026rsquo;est pas si insens\u0026eacute; que cela. L\u0026rsquo;art doit aller \u0026agrave; la rencontre des gens et le happening en est le v\u0026eacute;hicule. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Que se passait-il en fait pendant ces happenings? J\u0026rsquo;aurais aim\u0026eacute; d\u0026eacute;crire quelques-uns de ces happenings ici, mais la place me manque. Les descriptions les plus minutieuses figurent en tout cas dans l\u0026rsquo;excellent catalogue Panamarenko qui a \u0026eacute;t\u0026eacute; compos\u0026eacute; en 1978 par Lucius Grisebach.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Un des plus beaux happenings fut sans doute la construction, le 6 juillet 1968, d\u0026rsquo;une barricade avec des blocs de glace sur la Conscienceplein. Panamarenko me confia \u0026agrave; propos de ce happening: \u0026laquo; Hugo Heyrman et moi port\u0026acirc;mes tous deux un uniforme. Comme nous nous heurtions toujours \u0026agrave; la police durant nos happenings, j\u0026rsquo;avais pens\u0026eacute; que le port d\u0026rsquo;un uniforme pourrait nous \u0026ecirc;tre utile. Lorsque nous ouvr\u0026icirc;mes les portes du camion, Hugo voulut directement jeter les blocs de glace sur la rue. Nous avions tous les deux peur. Mais je le for\u0026ccedil;ai \u0026agrave; d\u0026eacute;charger tr\u0026egrave;s calmement ces blocs et \u0026agrave; les empiler pr\u0026eacute;cautionneusement. Ce faisant, les blocs se soud\u0026egrave;rent en quelques secondes l\u0026rsquo;un \u0026agrave; l\u0026rsquo;autre pour devenir compl\u0026egrave;tement solidaires. Si nous nous \u0026eacute;tions content\u0026eacute;s de les jeter en bas du camion, le r\u0026eacute;sultat n\u0026rsquo;aurait pas \u0026eacute;t\u0026eacute; aussi beau et il aurait \u0026eacute;t\u0026eacute; beaucoup plus simple pour eux de se d\u0026eacute;barrasser de cette glace. Or, maintenant, cette construction pesait facilement plusieurs tonnes. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nContexte\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eDe nombreux \u0026eacute;rudits se sont prononc\u0026eacute;s sur les possibles raisons de ce vent de libert\u0026eacute; qui soufflait sur Anvers entre 1964 et 1973. Un des \u0026eacute;l\u0026eacute;ments les plus \u0026eacute;tranges, en effet, c\u0026rsquo;est la tol\u0026eacute;rance dont fit preuve le conseil municipal, les responsables du mus\u0026eacute;e et m\u0026ecirc;me la police. Certains attribuent cela au fait qu\u0026rsquo;Anvers est une ville portuaire, qui \u0026eacute;tait donc habitu\u0026eacute;e \u0026agrave; avoir un peu plus de tapageurs et de fauteurs de troubles, si ce n\u0026rsquo;est dans d\u0026rsquo;autres quartiers; une autre explication r\u0026eacute;siderait dans l\u0026rsquo;essor \u0026eacute;conomique des ann\u0026eacute;es soixante. Comme si l\u0026rsquo;Occident s\u0026rsquo;\u0026eacute;tait enfin d\u0026eacute;barrass\u0026eacute; de toute la mis\u0026egrave;re engendr\u0026eacute;e par la Seconde Guerre mondiale et se mettait, \u0026agrave; l\u0026rsquo;instar de la population des Etats-Unis, \u0026agrave; consommer dans l\u0026rsquo;insouciance. De nombreux artistes sont en r\u0026eacute;alit\u0026eacute; des consommateurs \u0026eacute;gar\u0026eacute;s qui - tout comme le fl\u0026acirc;neur Duchamp qui acheta une pelle \u0026agrave; neige \u0026agrave; New York en 1914 - se mettent \u0026agrave; bricoler avec du polyur\u0026eacute;thane, des couleurs fluorescentes, des n\u0026eacute;ons et des stencils.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Peut-\u0026ecirc;tre pourrait-on consid\u0026eacute;rer l\u0026rsquo;histoire des mouvements artistiques comme une d\u0026eacute;couverte successive de techniques de reproduction bon march\u0026eacute;. Quelle frappante co\u0026iuml;ncidence entre les \u0026eacute;v\u0026eacute;nements des ann\u0026eacute;es soixante et la diffusion du stencil, de la s\u0026eacute;rigraphie et du film super 8. Happening News fut imprim\u0026eacute; sur une photocopieuse Rank Xerox, qui fonctionnait \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque avec des esp\u0026egrave;ces de stencils offset. Panamarenko avait acquis cette machine pour 5000 francs. On assistera, dans les ann\u0026eacute;es quatre-vingts, au m\u0026ecirc;me ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;ne avec la vid\u0026eacute;o et la photocopie couleur. Et lorsque j\u0026rsquo;attirai l\u0026rsquo;attention de Johan Pas sur ce ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;ne, il affirma que dans les ann\u0026eacute;es vingt, on avait sans doute \u0026eacute;galement assist\u0026eacute; \u0026agrave; quelque chose de semblable avec la linogravure.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; En choisissant les pamphlets ou textes cens\u0026eacute;s illustrer le pr\u0026eacute;sent texte, j\u0026rsquo;ai \u0026eacute;t\u0026eacute; frapp\u0026eacute; par le style r\u0026eacute;dactionnel na\u0026iuml;f et percutant, l\u0026rsquo;usage fr\u0026eacute;quent des majuscules et le nombre important de citations de savants ouvrages am\u0026eacute;ricains, comme pour justifier tout le s\u0026eacute;rieux que m\u0026eacute;ritaient ces propos. Le ton g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral est enfantin, affect\u0026eacute;, pompeux, transparent et autoritaire. Mais, de mani\u0026egrave;re g\u0026eacute;n\u0026eacute;rale, il en ressort un plaidoyer universel en faveur de la niaiserie, de la na\u0026iuml;vet\u0026eacute;, de la candeur et de la spontan\u0026eacute;it\u0026eacute;, dont nous ne parvenons plus \u0026agrave; imaginer le bien-fond\u0026eacute; qu\u0026rsquo;en contemplant les costumes et les chapeaux des artistes d\u0026rsquo;avant les ann\u0026eacute;es cinquante ou en nous rem\u0026eacute;morant le ton grave et emphatique de la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision dans les ann\u0026eacute;es cinquante. Ce qui me surprend encore le plus dans ce contexte, c\u0026rsquo;est le nombre impressionnant d\u0026rsquo;articles consacr\u0026eacute;s \u0026agrave; ces happenings et autres \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui sont parus dans la presse. On a l\u0026rsquo;impression que des jeunes gens surgissaient de partout pour \u0026eacute;crire des articles ou r\u0026eacute;aliser des programmes sur des \u0026eacute;v\u0026eacute;nements dans l\u0026rsquo;art contemporain. De nos jours, il semble exclu qu\u0026rsquo;un journal s\u0026rsquo;attarde encore \u0026agrave; l\u0026rsquo;annulation d\u0026rsquo;une exposition, comme ce fut le cas avec celle de Hugo Heyrman en 1972, par exemple. A la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision aussi, il a d\u0026ucirc; se passer quelque chose de semblable. Sans doute ne savait-on, \u0026agrave; vrai dire, pas encore tr\u0026egrave;s bien comment faire de la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision dans les ann\u0026eacute;es soixante, ce qui explique que de temps \u0026agrave; autre, ils aient fait des programmes passionnants\u0026hellip;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLibert\u0026eacute;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eAbstraction faite de ma collaboration avec Panamarenko, je n\u0026rsquo;ai eu qu\u0026rsquo;\u0026agrave; une seule reprise l\u0026rsquo;impression de ressentir vraiment cet esprit de libert\u0026eacute; des ann\u0026eacute;es soixante. On montrait, \u0026agrave; la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision, un documentaire consacr\u0026eacute; \u0026agrave; Frank Zappa, qui se composait d\u0026rsquo;une s\u0026eacute;rie de petits reportages r\u0026eacute;alis\u0026eacute;s, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, pour le compte d\u0026rsquo;une cha\u0026icirc;ne allemande par un certain Rudi. Ce qui frappe avant tout, c\u0026rsquo;est que ce Rudi, qui est en quelque sorte un journaliste, porte de longs cheveux et a l\u0026rsquo;allure d\u0026rsquo;un tire-au-flanc. Impensable aujourd\u0026rsquo;hui. Lorsque la tr\u0026egrave;s belle pr\u0026eacute;sentatrice du journal Sigfrid Spruit commen\u0026ccedil;a \u0026agrave; travailler pour la t\u0026eacute;l\u0026eacute; flamande il y a dix ans, un savant bureau d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes venait tout juste de prouver, chiffres \u0026agrave; l\u0026rsquo;appui, que les femmes \u0026agrave; longs cheveux bien fournis \u0026eacute;taient incapables de pr\u0026eacute;senter le journal de mani\u0026egrave;re objective. Sur ce, la coiffure de madame Spruit fut transform\u0026eacute;e par des mains expertes en quelque chose d\u0026rsquo;\u0026eacute;ternellement informe. Et comme l\u0026rsquo;\u0026eacute;trange et artificielle coiffure de la pr\u0026eacute;sentatrice du journal suscita des commentaires dans tout le pays, il fut d\u0026eacute;cid\u0026eacute;, apr\u0026egrave;s une journ\u0026eacute;e et demie de m\u0026ucirc;re r\u0026eacute;flexion, que l\u0026rsquo;on recouperait tous les jours ses cheveux de mani\u0026egrave;re invisible, afin de ne pas d\u0026eacute;cevoir les spectateurs qui \u0026eacute;taient d\u0026eacute;j\u0026agrave; accrocs \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;trange construction \u0026agrave; la Permeke sur la gentille petite t\u0026ecirc;te de madame Spruit et risquer ainsi de les perdre au profit d\u0026rsquo;une autre cha\u0026icirc;ne. Aujourd\u0026rsquo;hui encore, on coupe, colle et mod\u0026egrave;le quotidiennement la coiffure de madame Spruit.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Mais que voulais-je dire en fait? Frank Zappa en Allemagne! Pendant des ann\u0026eacute;es, il est interview\u0026eacute;, \u0026agrave; chacun de ses passages en Allemagne, par ce m\u0026ecirc;me Rudi, avec qui il semble en fin de compte s\u0026rsquo;\u0026ecirc;tre li\u0026eacute; d\u0026rsquo;amiti\u0026eacute;. La premi\u0026egrave;re question que pose Rudi \u0026agrave; Frank Zappa lors de sa premi\u0026egrave;re interview est la suivante: \u0026laquo; Est-ce que vous n\u0026rsquo;\u0026ecirc;tes pas g\u0026ecirc;n\u0026eacute; de d\u0026eacute;barquer ici avec une voiture aussi capitaliste qu\u0026rsquo;une Cadillac? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Sur quoi Frank Zappa, quelque peu agac\u0026eacute;, r\u0026eacute;pond: \u0026laquo; Je vous donne encore une chance de me poser une question moins idiote que celle-l\u0026agrave;. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;image suivante montre Zappa plant\u0026eacute; devant la cam\u0026eacute;ra comme un journaliste am\u0026eacute;ricain qui assure le direct d\u0026rsquo;une prise d\u0026rsquo;otages. Le microphone devant la bouche, il commente d\u0026rsquo;une voix basse la sc\u0026egrave;ne qui se passe derri\u0026egrave;re lui :\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Me voici, chers t\u0026eacute;l\u0026eacute;spectateurs, t\u0026eacute;moin d\u0026rsquo;un \u0026eacute;v\u0026eacute;nement singulier. Derri\u0026egrave;re moi, Rudi vient de d\u0026eacute;couvrir le confort exceptionnel de la merveilleuse Cadillac et il ne pr\u0026eacute;tend plus quitter cette voiture. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Derri\u0026egrave;re les \u0026eacute;paules de Zappa, on voit deux ou trois acolytes de la star qui tentent d\u0026rsquo;extraire Rudi de la Cadillac, et ce dernier qui se cramponne.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;image suivante nous montre \u0026agrave; nouveau Zappa \u0026agrave; l\u0026rsquo;antenne, le microphone devant la bouche:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; En ce moment m\u0026ecirc;me, mesdames, messieurs, Rudi est en train de se remettre de son premier tour en Cadillac, des mains expertes tentent de le calmer. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Derri\u0026egrave;re Zappa, on voit Rudi \u0026eacute;tendu de tout son long sur les genoux de quelque six assistants et musiciens de la star assis qui le massent et le palpent partout en m\u0026ecirc;me temps.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Ce qui m\u0026rsquo;a frapp\u0026eacute; dans ce petit film, c\u0026rsquo;est la rapidit\u0026eacute; et la libert\u0026eacute; avec laquelle on a r\u0026eacute;alis\u0026eacute; ces images en r\u0026eacute;ponse \u0026agrave; une question quelque peu niaise. C\u0026rsquo;est une tr\u0026egrave;s belle r\u0026eacute;ponse, qui n\u0026rsquo;a besoin d\u0026rsquo;aucun commentaire discursif. Il s\u0026rsquo;agit ici vraiment d\u0026rsquo;\u0026laquo; images \u0026raquo; : une information visuelle qui nous rapproche d\u0026rsquo;une certaine exp\u0026eacute;rience. La libert\u0026eacute; ne r\u0026eacute;side pas dans ce qui est dit, mais dans la mani\u0026egrave;re de renverser instantan\u0026eacute;ment une situation d\u0026rsquo;interview en une s\u0026eacute;rie d\u0026rsquo;images \u0026eacute;loquentes.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa forme de l\u0026rsquo;exposition\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eDepuis le d\u0026eacute;but de ce projet, il y a un an et demi, l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e de participer \u0026agrave; une exposition au Mus\u0026eacute;e des Beaux-Arts pour la p\u0026eacute;riode 60-80 me met mal \u0026agrave; l\u0026rsquo;aise. Comme le prouve l\u0026rsquo;exemple de Hugo Heyrman et de tant d\u0026rsquo;autres, il semble aussi utopique de vouloir concevoir une exposition libre dans un mus\u0026eacute;e que de vouloir montrer une image insolite \u0026agrave; la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision. L\u0026rsquo;id\u0026eacute;e me fait penser \u0026agrave; ces femmes qui d\u0026eacute;sirent instamment rejoindre une Eglise misogyne.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans l\u0026rsquo;habillage de la place devant le mus\u0026eacute;e, y compris l\u0026rsquo;abattage des vieux cerisiers du Japon, je reconnais un asservissement semblable \u0026agrave; une forme morte. Certains pr\u0026eacute;tendent que ces arbres devaient \u0026ecirc;tre abattus parce qu\u0026rsquo;ils \u0026eacute;taient malades. Quelle id\u0026eacute;e grotesque! Presque tous les arbres en Belgique sont malades. Si l\u0026rsquo;on devait abattre tous les arbres qui sont malades, nos enfants ne verraient jamais de leur vie un h\u0026ecirc;tre ou un cerisier japonais \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026acirc;ge adulte. Et puis ces nouveaux arbres? Ne tomberont-ils pas, \u0026agrave; leur tour, malades au cours des quarante ans \u0026agrave; venir? L\u0026rsquo;on sent que derri\u0026egrave;re cette rage born\u0026eacute;e de tout nettoyer se cache une n\u0026eacute;vrose p\u0026eacute;nible et une m\u0026eacute;connaissance totale de ce qu\u0026rsquo;est un arbre. On sent que l\u0026rsquo;architecte de service a quelque chose contre des arbres qui sifflent, au bord de la route, les mains en poche. On sent qu\u0026rsquo;ils ne s\u0026rsquo;int\u0026egrave;grent pas dans ses projets. Anny De Decker me raconta qu\u0026rsquo;un jour, lors d\u0026rsquo;un diner tr\u0026egrave;s int\u0026eacute;ressant, l\u0026rsquo;\u0026eacute;pouse de l\u0026rsquo;architecte en question lui avait confi\u0026eacute;: \u0026laquo; Avoue, un cerisier du Japon, c\u0026rsquo;est tout de m\u0026ecirc;me vulgaire comme arbre? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Avec Guy Rombouts, je me suis mis \u0026agrave; la recherche d\u0026rsquo;une seule image qui pourrait caract\u0026eacute;riser l\u0026rsquo;ambiance des ann\u0026eacute;es soixante et que l\u0026rsquo;on pourrait \u0026eacute;ventuellement quand m\u0026ecirc;me associer au mus\u0026eacute;e. Je trouvais que ce n\u0026rsquo;\u0026eacute;tait pas une mauvaise id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;am\u0026eacute;nager, avec Kris Vanhemelrijck, une grande butte couverte d\u0026rsquo;herbe dans le parc du Middelheim, en lieu et place des arbres fruitiers sans fruits qu\u0026rsquo;ils viennent d\u0026rsquo;y planter. (\u0026laquo; Pourquoi sans fruits? \u0026raquo;, se demande-t-on, \u0026laquo; parce que cela fait moins de salet\u0026eacute;s \u0026raquo;, comprend-on.) On trouvait l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e bonne: une butte qui permettrait d\u0026rsquo;avoir une vue dominante sur tout le parc. Et en hiver, on pourrait y faire de la luge.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Une bonne id\u0026eacute;e \u0026raquo;, estima Luc Deleu, \u0026laquo; lorsqu\u0026rsquo;ils me demand\u0026egrave;rent de r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chir \u0026agrave; un ajout pour la conciergerie kitsch \u0026agrave; l\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e du parc Middelheim, je sugg\u0026eacute;rai de la coiffer d\u0026rsquo;une toiture. On cr\u0026eacute;erait ainsi une terrasse, d\u0026rsquo;o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on pourrait surplomber le parc. Et la construction kitsch sous la toiture, on pouvait \u0026eacute;galement en retirer quelque chose. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Au cours d\u0026rsquo;un entretien t\u0026eacute;l\u0026eacute;phonique avec la biblioth\u0026eacute;caire de l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque, la tr\u0026egrave;s charmante madame Coenen - qui avait r\u0026eacute;pondu au t\u0026eacute;l\u0026eacute;phone pendant la pause de midi - nous sommes arriv\u0026eacute;s \u0026agrave; la conclusion qu\u0026rsquo;une telle butte pourrait bien co\u0026ucirc;ter trop cher.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Nous pouvons tout simplement puiser la terre n\u0026eacute;cessaire en creusant le sol et l\u0026rsquo;amonceler \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;une bande transporteuse \u0026raquo;, sugg\u0026eacute;rai-je, \u0026laquo; nous creuserons un trou aussi grand \u0026agrave; c\u0026ocirc;t\u0026eacute; de notre butte. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Mais quand on creuse dans le parc du Middelheim, on tombe tout de suite sur de l\u0026rsquo;eau \u0026raquo;, r\u0026eacute;pondit madame Coenen, \u0026laquo; la butte va s\u0026rsquo;effriter. Dans de l\u0026rsquo;argile s\u0026egrave;che qui adh\u0026egrave;re bien, on pourrait encore utiliser des pieux en bois, mais au Middelheim, il faut du b\u0026eacute;ton pour stabiliser les constructions et alors, \u0026ccedil;a revient tr\u0026egrave;s cher. Le mieux est de demander au pr\u0026eacute;alable un devis et de nous recontacter ensuite \u0026raquo;, conclut-elle gentiment.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Pourquoi ne pas d\u0026eacute;poser un grand h\u0026ecirc;tre, arrach\u0026eacute; par la temp\u0026ecirc;te, sur le seuil du mus\u0026eacute;e? \u0026raquo;, demandai-je \u0026agrave; Panamarenko, \u0026laquo; ne serait-ce pas une plate-forme de discussion valable? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Je confectionne des robes de bal depuis mes 18 ans \u0026raquo;, r\u0026eacute;pondit-il, \u0026laquo; parce que je me suis rendu compte qu\u0026rsquo;un fagot de bois \u0026agrave; br\u0026ucirc;ler devant la porte ne me passionnait pas beaucoup. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Guillaume Bijl continua entre-temps \u0026agrave; insister pour qu\u0026rsquo;on utilise les caves du mus\u0026eacute;e.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Et des travaux d\u0026rsquo;enneigement ? \u0026raquo;, me demandais-je encore, \u0026laquo; ne pourrait-on pas faire proc\u0026eacute;der \u0026agrave; l\u0026rsquo;enneigement du mus\u0026eacute;e? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Mais lorsque nous nous retrouv\u0026acirc;mes, Guy et moi, dans les caves du mus\u0026eacute;e, nous entend\u0026icirc;mes soudain d\u0026rsquo;interminables solos de guitare et nous v\u0026icirc;mes des mirages kal\u0026eacute;idoscopiques sur les murs et les plafonds. Actuellement, nous recherchons des dias remplies de liquides. Nous verrons bien o\u0026ugrave; cela nous m\u0026egrave;nera.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 30 mars 2000\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eTraduit par Mich\u0026egrave;le Deghilage\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eCe texte a \u0026eacute;t\u0026eacute; publi\u0026eacute; pour la premi\u0026egrave;re fois dans le livre Mo(uve)ments, Nicc et Museum voor Schone Kunsten, Anvers, 2000\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"nl","short_description":"","description":"\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eVan A tot Z: van autovrije\u0026nbsp; stad tot tentoongestelde autorijschool in Ruimte Z\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eEnkele woorden over een paar kunstenaarsbewegingen in de jaren zestig en zeventig\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nGeschiedschrijving\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eOp 21 juli 1969 maakt Broodthaers een film over een uitstap naar de leeuw van Waterloo, waarbij hij met een verhuiswagen van de firma Continental Menk\u0026eacute;s een lege transportkist vervoert en, rechtopstaand voor de loop van een kanon, de leeuw van Waterloo vermoedelijk tot een deel van zijn museum verklaart. (We weten niet wat hij vertelt, het is een stomme film.) \u0026rsquo;s Avonds schrijft hij een brief aan Jacques Charlier, waarin hij bericht over dit vrolijke gebeuren en waarin hij betreurt dat de maan \u0026lsquo;niet in kleur was\u0026rsquo;. Toen ik met Maria Gilissen aan de voorbereiding van de Cin\u0026eacute;ma-catalogus werkte, vroeg ze mij wat Broodthaers met deze raadselachtige zin kon hebben bedoeld. Ik kon geen antwoord verzinnen. Pas jaren later begreep ik de ware toedracht, door een anekdote die mij werd verteld door Guy Rombouts. Hij vertelde dat er op 21 juli 1969 in \u0026lsquo;Het Gouden Huis\u0026rsquo;, zoals A 37 90 89 toen werd genoemd (omdat de voorgevel goud geschilderd was), om vier uur \u0026lsquo;s nachts een champagne-ontbijt was georganiseerd om samen naar de maanlanding te kijken.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;We hadden alle moeite gedaan om een kleurentelevisie te vinden,\u0026rsquo; vertelde Guy, \u0026lsquo;tot we tot onze ontgoocheling vaststelden dat de beelden zwart-wit waren.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Walter Swennen vertelt soms dat de hedendaagse kunst in Australi\u0026euml; een geheel eigen karakter heeft, omdat de kunstenaars er tijdens de jaren zestig en zeventig enkel toegang hadden tot de grote kunstwerken in Amerika en Europa via de zwart-wit afbeeldingen in hun tijdschriften.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; De welwillende historicus van de jaren zestig moet trachten zich een wereld in te beelden met gebrekkige communicatiemiddelen, in een tijd dat het woord \u0026lsquo;communicatie\u0026rsquo; nog maar pas was overgenomen van de militaire terminologie. Hugo Heyrman vertelt dat hij lid was van de Amerikaanse bibliotheek in Brussel en zo snel aan informatie kwam. De nieuwste muziek werd geperst op grote, zwarte CD\u0026rsquo;s, die geen algemene distributie kenden, maar altijd door iemand uit overzeese gebieden werden meegebracht in een rugzak. Al wie in Belgi\u0026euml; op de hoogte was van de nieuwste ontwikkelingen had minstens een familielid dat regelmatig naar Londen reisde of een goede kennis die op de lange omvaart zat en af en toe een Amerikaanse havenstad aandeed. Dit verklaart waarom Marcel Broodthaers aanvankelijk dacht dat de pop art was voortgekomen uit het \u0026oelig;uvre van Magritte. Het verklaart ook de opwinding die toentertijd scheen samen te gaan met de ontdekking van al wat \u0026lsquo;nieuw\u0026rsquo; was.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Geschiedkundigen houden zich veelal uitgebreid bezig met de vraag wanneer ze een tijdperk kunnen laten eindigen of beginnen. Sommigen laten de artistieke jaren zestig beginnen met G58 en Zero, sommigen met de eerste happenings. Cynici zouden deze periode laten aanvangen met de oprichting van de Nieuwe Vlaamse School, die zich afkeerde \u0026lsquo;van de in Belgi\u0026euml; en in het buitenland opgeldmakende opvatting als zou er een \u0026quot;Belgische\u0026quot; schilderschool bestaan, een opvatting die een contradictio in terminis insluit,\u0026rsquo; omdat dit zou aantonen hoe achterlijk kunstenaars in 1960 nog mochten zijn. Ik kies geen beginpunt, omdat ik niet kan kiezen tussen Zero of A. Het eindpunt van mijn periode wil ik laten samenvallen met de opening van Guillaume Bijls autorijschool, die plaatsvond op 20 april 1979 in Ruimte Z.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; De mensen van VAGA eisten meer zitbanken en vuilnisbakken in een auto-vrije stad. Vijfendertig jaar later staat heel Belgi\u0026euml; vol met vuilnisbakken en zitbanken. Guillaume Bijl is allicht de eerste kunstenaar die hier in zijn werk op heeft gewezen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Ten slotte zou ik nog iets willen zeggen over het opvallende feit dat de kunstenaar Panamarenko zo vaak opduikt op beslissende momenten in de geschiedenis van de hedendaagse kunst in Antwerpen. Daar zijn verschillende redenen voor. Ten eerste was hij een kunstenaar die meteen een vorm gaf aan zijn happenings. Net zoals hij zichzelf een welluidende naam had toebedacht, zorgde hij ervoor dat zijn happenings en andere bezigheden titels en namen hadden. Hij heeft zijn happenings meteen als een kunstvorm beschouwd en daardoor heeft hij sporen nagelaten.\u0026nbsp; Een andere mogelijke reden is dat de vele catalogi die over het werk van Panamarenko werden gepubliceerd de historici aan het werk hebben gezet. Veel informatie over dit tijdperk vloeit eigenlijk voort uit opzoekingen die werden gedaan in het kader van het werk van Panamarenko. Een derde reden is misschien dat Panamarenko deze periode nooit heeft verguisd en altijd als een noodzakelijk onderdeel van zijn werk is blijven beschouwen.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nVAGA en A 37 90 89 (Het Gouden Huis)\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nIn tegenstelling met wat je zou verwachten, bestaan er niet zoveel gepubliceerde studies over de momenten waarop kunstenaars in de jaren zestig en zeventig samen geprobeerd hebben iets te bereiken. Er bestaan wel enkele boekjes over de jaren zestig in Antwerpen, maar daarin krijg je nooit een volledigheid betrachtend overzicht of, zeg maar, de publicatie van alle pamfletten, affiches en andere papieren waaruit we zelf een en ander zouden kunnen afleiden. Over de gebeurtenissen in de andere steden bestaat er omzeggens niets.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Een echt georganiseerde samenkomst van kunstenaars, zoals we die nu meemaken met het Nicc, heeft in Belgi\u0026euml; misschien nooit bestaan. Meestal gaat het om een of twee intellectuelen of een paar overijverige kunstenaars die thuis aan hun bureau of keukentafel een naam en een ideaal uitdokteren, die daarna geen of nauwelijks gestalte krijgen in werkelijke ontmoetingen, discussies of acties.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Ook tijdens de jaren zestig heeft zo\u0026rsquo;n organisatie niet echt bestaan. Althans niet in de middens van de toonaangevende kunstenaars van die tijd. In Antwerpen waren er twee gebeurtenissen die er wel op lijken: de Vrije Aktie Groep Antwerpen (VAGA) en A 37 90 89.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; De Vrije Aktie Groep Antwerpen wordt opgericht op 1 juni 1968. Studenten van het Antwerpse Hoger Instituut voor Schone Kunsten overhandigen een manifest aan de hoofdconservator van het Koninklijk Museum voor Schone Kunsten. De conservator nodigt hen uit voor een eerste gesprek in het museum, dat een week later plaatsvindt. In de twee maanden die daarop volgen, worden deze vergaderingen wekelijks herhaald en wordt vooral actie gevoerd op het Conscienceplein. Op 3 augustus nemen Panamarenko en Hugo Heyrman afstand van VAGA met het pamflet \u0026lsquo;Het zaakje van de basisverklaring wordt lek\u0026rsquo;, omdat hun project \u0026lsquo;Reuzeboom\u0026rsquo; door de \u0026lsquo;volksvergadering\u0026rsquo; wordt afgewezen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Het doel van VAGA was in de eerste plaats een open beleid van het Koninklijk Museum af te dwingen, maar al tijdens de eerste vergadering met de conservator van het Museum, op 7 juni, werd hieraan het verkeersvrij maken van het Conscienceplein gekoppeld. Op vijftien juni wordt in een tweede brief aangedrongen op \u0026lsquo;een groot aantal rustbanken, enkele vuilnisbakken, bomen, gras en bloemen en het volledig afsluiten van het plein voor alle verkeer.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Op vrijdag 19 juli beslist het stadsbestuur dat het Conscienceplein autovrij moet worden. VAGA wil echter dat het Conscienceplein een \u0026lsquo;groene zone\u0026rsquo; wordt en in een pamflet wordt ge\u0026euml;ist dat het stadsbestuur op de Groenplaats overgaat tot het oprichten van een Vrije Muurkrant, dat de schuilkelder onder de Groenplaats wordt opengesteld en gebruikt als cultureel centrum en dat de Groenplaats erkend wordt als speaker\u0026rsquo;s corner (\u0026lsquo;doel: de kommunikatie en meningsuiting bevorderen\u0026rsquo;).\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;De vrije muurkrant zou bestaan uit een betonnen muur. Op de Groenplaats zou deze aangebracht worden langs de zijde van de \u0026lsquo;Grand Bazar\u0026rsquo;, ongeveer 5 meter van de rijweg en er evenwijdig mede. Zij zou dus de totale lengte der Groenplaats beslaan en een hoogte hebben van 2,5 meter op een dikte van 0,5 meter. Verf, lijm, papier, e.d. zou door het stadsbestuur steeds ter plaatse moeten gebracht worden. De muurkrant zou dagelijks verlicht moeten worden.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; De \u0026lsquo;Werkgroep Wetenschap\u0026rsquo;, bestaande uit Prof. Heyrman Hugo, de Wetenschappelijke leider Panamarenko, E.A. Ingenieur, Multimiljonair en enkele technische adviseurs waaronder Prof. Beuys Jozef, kunstacademie D\u0026uuml;sseldorf, piloot navigator en Isi Fiszman, Bioloog,\u003cbr /\u003e\r\nRubenslei, Antwerpen, stelt voor een tachtig meter hoge \u0026lsquo;Reuzeboom\u0026rsquo; te bouwen met bamboe en PVC. Project en technische verwezenlijking: patent Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Uitwerking en uitvoering komt in handen van de technische adviseurs, de aangeworven werkmensen, de vrije actiegroep Antwerpen, onder de co\u0026ouml;rdinatie en programmerende leiding van Prof. Heyrman Hugo, dewelke door idee\u0026euml;n en suggesties het patent mede tot stand bracht.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; De dag dat dit artistieke project wordt afgewezen door de \u0026lsquo;volksvergadering\u0026rsquo;, schrijft VAGA zichzelf uit de geschiedenis.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Vanaf 1970 worden in het Museum voor Schone Kunsten enkele tentoonstellingen georganiseerd van hedendaagse kunstenaars zoals Raoul de Keyser, Willy Plompen, Albert Szukalski, C\u0026eacute;sar Bailleux, Jef Geys, Roland van den Berghe en Jacques Charlier. Een tentoonstelling van Hugo Heyrman wordt in 1971 op de valreep afgelast omdat de conservatrice zich niet met het voorgestelde werk kan verzoenen. Eigenlijk vindt ze dat er te weinig werken zijn en dat ze te donker zijn. Hugo Heyrman hierover, in een interview met Piet Sterckx:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Mijn bedoeling was een ruimte te cre\u0026euml;ren; een gedachtenwereld gestalte te geven\u0026hellip; Men kan van mij toch niet verlangen dat ik een retrospectieve zou houden. Ik wil geen tentoonstelling maken uit mijn voorraad werk. Ik wil met iets actiefs, hedendaags uitkomen. Mijn voorganger heeft de muren proppensvol gehangen. Waarom zou ik die muren dan niet eens kaal laten en ruimte maken met drie mobielen? Wat ik wou maken was heel schoon. Men zou vergeten dat het om een neutrale ruimte in het museum ging, met de doffe sfeer van een donkere zaal in het gerechtshof of een station. Ik wou dat er iets ging gebeuren binnenin de wereld van de bezoeker. Het object heeft geen waarde als er geen actie van uitgaat. Ik neem het de museumdirectie niet kwalijk wanneer zij dat niet begrijpt. Maar dient men al wat men niet begrijpt te verbieden?\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A 37 90 89 wordt op 24 mei 1969 opgericht tijdens een etentje bij de verzamelaar Hubert Peeters. Het gaat om een alternatieve ruimte, die gevestigd is in de Beeldhouwersstraat, tegenover het museum. Kaspar K\u0026ouml;nig wordt co\u0026ouml;rdinator en nodigt kunstenaars uit zoals Ben Vautier, Carl Andr\u0026eacute;, Joseph Kosuth, Marcel Broodthaers en James Lee Byars. Negen maand later betaalt Panamarenko de rekeningen, verandert hij het slot en neemt hij het huis over om er de eerste versie van zijn grote ballon \u0026lsquo;The Aeromodeller\u0026rsquo; te plakken.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; In een interview met Piet Van Daalen voor Museumjournaal vertelt Anny De Decker dat A 37 90 89 voortkwam uit de wens van Isi Fiszman en James Lee Byars een \u0026lsquo;instituut\u0026rsquo; op te richten. Allicht traden ze hierbij in de voetsporen van Marcel Broodthaers, die op 27 september 1968, onder andere als reactie op de bezetting van het Brusselse Paleis voor Schone Kunsten, bij hem thuis het Mus\u0026eacute;e d\u0026rsquo;Art Moderne D\u0026eacute;partement des Aigles had opgericht.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nEnkele andere kunstenaarsbewegingen\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eA 37 90 89 kreeg bezoek van de kunstenaarsgroep Lidl, die was gesticht door Immendorf en enkele van zijn vrienden. Anny De Decker vertelt aan Piet Van Daalen dat Lidl \u0026lsquo;para-artistieke activiteiten uitvoerde, zoals aan sport doen in verband met de olympische spelen, als een parodie\u0026rsquo;. De bedoeling was het onttronen van de competitiegeest. Zo organiseerde Lidlsport een voetbalmatch tussen Lidl en A, en een wielerwedstrijd van A 37 90 89 naar Broodthaers\u0026rsquo; museum in Brussel. De voetbalwedstrijd werd gewonnen door A, dat enkele goede voetballers had geronseld, en de wielerwedstrijd werd gewonnen door Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Nog in Antwerpen was er het kunstenaarscollectief Ercola, dat zichzelf omschreef als een \u0026lsquo;productief en informatief centrum van de eigentijdse creatieve kunst, door klank-, kleur, licht-, tijd- en ruimtedistributie\u0026rsquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; In Luik had Jacques Charlier in 1965 de groep Total\u0026rsquo;s opgericht, een dertigtal mensen die zich schaarden rond het tijdschrift Total\u0026rsquo;s. Ze organiseerden concerten, namen deel aan betogingen en deden acties, zoals het bezoek aan een tentoonstelling, waarbij een spiegel van anderhalve bij \u0026eacute;\u0026eacute;n meter werd meegenomen en opgericht tegenover het publiek, dat zo werd uitgenodigd zichzelf waar te nemen als spektakel binnen het spektakel. De groep Total\u0026rsquo;s ijverde ook voor een \u0026lsquo;absolute zone\u0026rsquo;: ze stelden voor de stad Luik helemaal te bedekken met beton en er nadien gras op te zaaien. Ze namen ook deel aan een Ban de bom-betoging, waarbij ze een doorzichtige vlag droegen en doorzichtige pamfletten uitdeelden. Een van de nummers van het tijdschrift Total\u0026rsquo;s was ook doorzichtig.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; In Namen had Pierre Goffin enkele vrienden rond zich verzameld die elkaar elke vrijdag bij hem thuis ontmoetten. De groep noemde zichzelf L\u0026rsquo;entonnoir. Ze organiseerden tentoonstellingen en happenings.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; In Brussel hadden enkele mensen zich verzameld rond het tijdschrift Accuse.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; In 1971 stichten Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Luc Deleu en Filip Francis het gezeefdrukte tijdschrift \u0026lsquo;Artworker Star\u0026rsquo;. Twee jaar later koopt \u0026lsquo;Artworker Foundation\u0026rsquo; met geld van Filip Francis een tweedehands autobus, die wordt ingericht als bioskoop. De inrichting wordt ontworpen en gefinancierd door Filip Francis. Het idee van een mobiele architectuur komt van Luc Deleu.\u0026nbsp; Op zaterdag 31 maart 1973 start de eerste \u0026lsquo;continentale filmtoer\u0026rsquo; met een reeks voorstellingen op het voetpad voor het Internationaal Cultureel Centrum op de Meir. Het is de bedoeling niet-commerci\u0026euml;le films te tonen in Belgische, Nederlandse en Duitse steden. Op het programma vinden we namen zoals Raoul Servais, Norman McLaren, Robbe De Hert, Ludo Mich, Patrick Conrad, Frans Buyens, Aim\u0026eacute; Vercruysse, Georges Smits, Willy Verlinden en Jacques Charlier.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Natuurlijk bestonden er tijdens de jaren zestig en zeventig nog andere \u0026lsquo;kunstenaarsgroepen\u0026rsquo;, zoals de in 1960 opgerichte Nieuwe Vlaamse School, met onder andere Vic Gentils, Jef Verheyen, Guy Vandenbrande en Guy Mees (\u0026lsquo;\u0026hellip; erkent in zichzelf DEZE vlaamse traditie, dat het universele van de moderniteit in de eigen aard, d.i. de vlaamse, vervat ligt\u0026hellip;\u0026rsquo;), de Vereniging voor Plastische Kunstenaars, opgericht door Herman Jacobs, de Limburgse groep \u0026lsquo;Research\u0026rsquo;, waarin enkele kunstenaars hun krachten bundelden om zoveel mogelijk te weten te komen over de hedendaagse kunst, of het Anarchistisch collectief, dat werd opgericht door Janssens, Verbesselt, Stoops en Narcisse Tordoir. Wegens plaatsgebrek komen deze groepen hier niet uitgebreid aan bod.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHappenings en acties\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eEr bestaan grote verschillen tussen de doelstellingen van VAGA, A 37 90 89, Total\u0026rsquo;s, Accuse en L\u0026rsquo;entonnoir.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Voor VAGA moet \u0026lsquo;iedere kunstenaar kunnen eksposeren in het museum\u0026rsquo;. De mensen van A 37 90 89, naar analogie met Marcel Broodthaers, richten eigenlijk hun eigen museum op. De mensen van de groepen Accuse, L\u0026rsquo;entonnoir en Total\u0026rsquo;s zochten naar nieuwe, vergankelijke vormen van kunst. Het ogenblik waarop Panamarenko en Hugo Heyrman een groot kunstwerk willen bouwen buiten het museum, \u0026eacute;n dit kunstwerk ook willen signeren, raken ze in conflict met de \u0026lsquo;volksvergadering\u0026rsquo; van VAGA.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Ondanks deze uiteenlopende doelstellingen, zijn deze \u0026lsquo;groepen\u0026rsquo; wel met elkaar verwant door hun gebruik van de happening.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Volgens de offici\u0026euml;le geschiedschrijving werden de eerste happenings in Antwerpen op touw gezet door Yoshio Nakajima, Panamarenko, Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Bernd Lohaus, Jasper Grootveld en Jeroen Henneman. De eerste happening vond plaats op 9 juli 1965. De eerste activiteit van de galerie Wide White Space, in maart 1966, is een happening van Panamarenko, Hugo Heyrman en Bernd Lohaus. In december volgt er nog een happening van Panamarenko en Hugo Heyrman in deze galerie. In juni 1968 begint een nieuwe reeks happenings naar aanleiding van de oprichting van VAGA. De mooiste beschrijving die ik heb gelezen van wat een happening eigenlijk is of zou kunnen zijn, werd door Anny De Decker opgetekend uit de mond van Hugo Heyrman:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Niet iedere schilder of beeldhouwer zal ertoe komen aan happening te doen. Degene die wel aan happening doet is volgens mij degene die zich bewust is van wat rond hem gebeurt en die de noodzaak voelt meer te doen dan alleen maar in zijn atelier te werken\u0026hellip; Met happening is het anders: als de mensen u bezig zien, zeggen ze wel, dat is kinderspel, dat is onzin, maar juist dat onzinnige heeft een indruk op hen gemaakt, het zal in hun hoofd blijven hangen, ze zullen er daarna nog over terug denken, en misschien zullen ze tot de overweging komen dat het allemaal toch niet zo onzinnig is. De kunst moet naar de mensen gebracht worden en happening is daar het medium voor.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Wat gebeurde er eigenlijk tijdens deze happenings? Graag had ik hier enkele happenings beschreven, maar ik heb er niet genoeg plaats voor. De meest precieze beschrijvingen kan u vinden in de uitstekende Panamarenko-catalogus die in 1978 werd samengesteld door Lucius Grisebach.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Een van de mooiste happenings was allicht het bouwen van een barricade met ijsblokken op het Conscienceplein op 6 juli 1968. Panamarenko vertelde mij hierover: \u0026lsquo;Hugo Heyrman en ik droegen allebei een uniform. Omdat we tijdens onze happenings altijd last kregen met de politie, dacht ik dat het nuttig kon zijn zelf een uniform te dragen. Toen we de deuren van die camion opendeden wilde Hugo direct die ijsblokken op straat smijten. We waren allebei bang. Maar ik heb hem gedwongen die blokken heel kalm uit te laden en voorzichtig op elkaar te leggen. Op die manier vroren die blokken op een paar seconden keihard aan mekaar. Als we ze gewoon naar buiten hadden gegooid, dan zou het niet zo mooi geworden zijn en dan hadden ze dat ijs ook veel gemakkelijker kunnen opruimen. Nu woog dat bouwsel gemakkelijk een paar ton.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nContext\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eTal van geleerde mensen hebben zich uitgesproken over mogelijke redenen voor het gevoel van vrijheid dat in Antwerpen heerste tussen 1964 en 1973. Een van de meest bevreemdende zaken was immers dat het stadsbestuur, de museummensen en zelfs de politie zich tolerant opstelden. Sommigen wijten dit aan het feit dat Antwerpen een havenstad is, die wel wat meer lawaai- en druktemakers gewend was, zij het in andere wijken. Een andere verklaring wordt geboden door het economische succes tijdens de jaren zestig. Het lijkt alsof West-Europa eindelijk loskomt van de ellende van de tweede wereldoorlog en, in navolging van de bevolking van de Verenigde Staten, onbezorgd aan het consumeren gaat. Veel kunstenaars zijn eigenlijk verdwaalde consumenten die, net zoals de flaneur Duchamp in 1914 in New York een sneeuwschop koopt, beginnen te spelen met polyurethaan, fluorescerende kleuren, neonverlichting en stencilmachines. Misschien zouden we de geschiedenis van de kunstenaarsbewegingen kunnen zien als een opeenvolgende ontdekking van goedkope reproductietechnieken. Het is opvallend hoe nauw de gebeurtenissen van de jaren zestig samenhangen met het toegankelijk worden van de stencil, de zeefdruk en de super 8 film. Happening News werd gedrukt op een fotokopiemachine van Rank Xerox, die werkte met een soort van offset-stencils. Panamarenko had zich die machine aangeschaft voor 5000 frank. In de jaren tachtig zien we hetzelfde gebeuren met video en kleurenfotokopies. Johan Pas vertelde me dat in de jaren twintig ongetwijfeld iets gelijkaardigs is gebeurd met de linosnede.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Bij het uitkiezen van de pamfletten of teksten die ik bij deze tekst zou afbeelden, werd ik getroffen door de na\u0026iuml;eve en sloganeske manier van formuleren, het veelvuldige gebruik van hoofdletters en het grote aantal citaten uit geleerde Amerikaanse boeken. De algemene toon is kinderachtig, verwend, bombastisch, doorzichtig \u0026eacute;n autoritair. In het algemeen voel je echter een pleidooi voor onnozelheid, na\u0026iuml;viteit, onbevangenheid en spontaniteit, waarvan wij ons de gegrondheid enkel nog kunnen inbeelden als we kijken naar de kleren en hoeden van de kunstenaars van voor de jaren vijftig of als we ons de serieuze, belerende toon van de eerste televisieprogramma\u0026rsquo;s voor de geest halen. Wat mij nog het meest verbaast, in dit verband, is het grote aantal artikels dat in de pers is verschenen over de happenings en aanverwante gebeurtenissen. Het lijkt wel of er overal jonge mensen opdoken die artikels schreven of programma\u0026rsquo;s maakten over gebeurtenissen in de hedendaagse kunst. Tegenwoordig lijkt het uitgesloten dat er in een krant nog aandacht wordt besteed aan het annuleren van een tentoonstelling, bijvoorbeeld, zoals gebeurde met Hugo Heyrman in 1972. Iets gelijkaardigs gebeurde ook op de televisie, die eigenlijk nog maar pas was uitgevonden. Niemand wist eigenlijk hoe je televisie moest maken (er bestonden nog geen scholen waar je dat allemaal wetenschappelijk kon leren), zodat er af en toe nog boeiende programma\u0026rsquo;s werden gemaakt.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nVrijheid\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eBehalve door met Panamarenko samen te werken, heb ik maar \u0026eacute;\u0026eacute;n keer de indruk gehad de vrijheid van de jaren zestig van dicht bij mee te maken. Op de kijkdoos was een documentaire te zien over Frank Zappa, die bestond uit een aantal korte filmpjes die tijdens de jaren zestig en zeventig door ene Rudi zijn gemaakt voor een Duitse zender. Het eerste wat opvalt is dat Rudi, die toch een soort van journalist is, lang haar heeft en eruitziet als een werkschuw individu. Dat is vandaag niet meer mogelijk.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Toen de beeldschone nieuwsjournaliste Sigrid Spruit tien jaar geleden voor het scherm kwam te werken, had een geleerd studiebureau net becijferd dat vrouwen met lang en weelderig haar het nieuws onmogelijk objectief konden presenteren. Het kapsel van mevrouw Spruit werd daarop vakkundig naar een vormeloze eeuwigheid geknipt. Omdat er vanuit het hele land commentaar kwam op het vreemde, tegennatuurlijke kapsel van de nieuwslezeres, werd na anderhalve dag van rijp beraad besloten haar kapsel dagelijks onzichtbaar bij te knippen, om de kijkers die toch al verslaafd waren geraakt aan het vreemde, Permekiaanse bouwwerk op het bevallige hoofd van mevrouw Spruit, niet teleur te stellen en aan een andere zender te verliezen. Nu nog, tien jaar later, wordt er dagelijks aan het kapsel van mevrouw Spruit geknipt, geplakt en gemodelleerd.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Maar wat wilde ik eigenlijk vertellen? Frank Zappa in Duitsland! Jarenlang wordt hij, bij elk bezoek aan Duitsland, ge\u0026iuml;nterviewd door diezelfde Rudi, met wie hij ten slotte bevriend lijkt te zijn. Als eerste vraag van zijn eerste interview stelt Rudi Frank Zappa de volgende vraag: \u0026lsquo;Schaamt gij u niet van hier met zo\u0026rsquo;n kapitalistische Cadillac te arriveren?\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Waarop Frank Zappa, enigszins geergerd, antwoordt: \u0026lsquo;Ik geef u nog \u0026eacute;\u0026eacute;n kans om een vraag te stellen die niet zo dom is.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Het volgende beeld toont Zappa die voor de camera hangt zoals een Amerikaans journalist die rechtstreeks verslag uitbrengt van een gijzeling. Met de microfoon voor de mond bericht hij met lage stem over een tafereel dat zich achter hem afspeelt:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Ik sta hier, beste kijkers, als getuige van een bijzondere gebeurtenis. Achter mij heeft Rudi kennis gemaakt met het uitzonderlijke comfort van de wonderlijke Cadillac en hij wil de wagen onder geen beding nog verlaten.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Achter Zappa\u0026rsquo;s schouders zien we hoe twee of drie roadies Rudi uit de Cadillac proberen te trekken, waarbij Rudi zich schrap zet.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Het volgende beeld toont ons opnieuw Zappa die met een microfoon voor de mond verslag uitbrengt:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Op dit moment is Rudi aan het bekomen van zijn eerste Cadillac-trip, dames en heren, deskundige handen proberen hem tot rust te brengen.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Achter Zappa ligt Rudi languit op de knie\u0026euml;n van een zestal zittende roadies en muzikanten, die hem overal tegelijk masseren en betasten.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Wat mij heeft getroffen in dit filmpje is de snelheid en de vrijheid waarmee hier beelden zijn gemaakt als antwoord op een ietwat dwaze vraag. Het is een prachtig antwoord, dat geen discursieve toelichting vergt. Het gaat hier echt om \u0026lsquo;beelden\u0026rsquo;: visuele informatie die ons dicht bij een bepaalde ervaring brengt. De vrijheid schuilt niet in wat er gezegd wordt, maar in de manier waarop de interview-situatie meteen wordt omgezet in een reeks van veelzeggende beelden.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nDe vorm van de tentoonstelling Mo(uve)ments\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eVan bij de aanvang van dit project, nu anderhalf jaar geleden, leek het mij een onbehaaglijke gedachte voor de periode 60-80 deel te nemen aan een tentoonstelling in het Museum voor Schone Kunsten. Zoals het voorbeeld van Hugo Heyrman en talloze andere voorbeelden aantonen, lijkt het even utopisch een vrije tentoonstelling te willen opbouwen in een museum, als een ongebruikelijk beeld te willen tonen op de televisie. Het idee doet mij denken aan vrouwen die hoogdringend willen deel uitmaken van een misogyne kerk.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; In de aankleding van het plein voor het museum, inclusief het verwijderen van de oude Japanse kerselaars, herken ik een gelijkaardige onderwerping aan een dode vorm. Sommige mensen beweren dat deze bomen verwijderd moesten worden omdat ze ziek waren. Dat is een potsierlijke gedachte. Omzeggens alle bomen in Belgi\u0026euml; zijn ziek. Als we alle zieke bomen gaan verwijderen, zullen onze kinderen nooit een volwassen beuk of Japanse kerselaar zien. En dan die nieuwe bomen? Zullen die binnen de volgende veertig jaar niet ziek worden? We voelen dat achter deze kortzichtige opruimwoede een genante neurose schuilt en een totaal verkeerd begrip van wat een boom is. We voelen dat de architect van dienst iets heeft tegen bomen die fluitend en met hun handen in hun zakken langs de kant van de weg staan. We voelen dat ze niet symmetrisch ogen op zijn plan. Anny De Decker vertelde eens dat zijn echtgenote tegen haar zei: \u0026lsquo;Geef toe, Japanse kerselaars, dat zijn toch vulgaire bomen?\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Samen met Guy Rombouts ging ik op zoek naar \u0026eacute;\u0026eacute;n beeld dat de sfeer van de jaren zestig zou kunnen samenvatten en eventueel toch combineerbaar was met het museum. Het leek mij wel iets om samen met Kris Vanhemelrijck een grote met gras begroeide heuvel in het Middelheimpark te laten aanleggen, in de plaats van de fruitloze fruitbomen die ze daar nu hebben geplant. (\u0026lsquo;Waarom fruitloos?\u0026rsquo; vragen wij ons af. \u0026lsquo;Om minder vuil te hebben,\u0026rsquo; beseffen we.) We vonden dat wel een goed idee: een heuvel die het zou mogelijk maken het hele park te overzien. En tijdens de winter zou je erop kunnen slee\u0026euml;n.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Toen ze mij vroegen om eens na te denken over een aanbouw voor dat kitscherige portiershuisje aan de ingang van het Middelheim,\u0026rsquo; vertelt Luc Deleu, \u0026lsquo;heb ik voorgesteld er een dak boven te bouwen. Zo kreeg je een terras, waardoor je het park eens van boven kon bezien. En die kitsch onder dat dak, daar was ook iets mee te doen.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Tijdens een telefoongesprek met de toenmalige bibliothecaris, de zeer charmante mevrouw Coenen, die tijdens de middagpauze de telefoon had beantwoord, beseften we dat zo\u0026rsquo;n hoop gras misschien te duur zou worden.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;We kunnen de nodige aarde gewoon uit de grond scheppen en met een transportband op een hoop gooien,\u0026rsquo; opperde ik, \u0026lsquo;we graven een even grote kuil naast onze heuvel.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Maar als je in het Middelheimpark graaft stuit je meteen op water,\u0026rsquo; antwoordde mevrouw Coenen, \u0026lsquo;heel je heuvel zal afkalven. In droge leemgrond die goed plakt zou je nog met houten ondersteuningen kunnen werken, maar in het Middelheim heb je beton nodig om de zaken vast te zetten en dan wordt het heel erg duur. Het lijkt mij het beste als jullie eerst een bestek laten opmaken en ons dan nog eens contacteren,\u0026rsquo; besloot ze zacht.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Waarom kunnen we geen grote, omgewaaide beuk op de dorpel van het museum leggen?\u0026rsquo; vroeg ik aan Panamarenko, \u0026lsquo;zou dat geen bruikbaar discussieplatform zijn?\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;Ik maak al baljurkken sinds mijn 18de,\u0026rsquo; antwoordde hij, \u0026lsquo;omdat ik ontdekte dat een bos brandhout voor de deur mij niet erg kon boeien.\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Intussen bleef Guillaume Bijl erop aandringen dat we de kelder van het museum zouden gebruiken.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026lsquo;En besneeuwingswerken?\u0026rsquo; bedacht ik nog, \u0026lsquo;zouden we het museum niet kunnen laten insneeuwen?\u0026rsquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Maar toen we dan eindelijk in de kelder stonden, Guy en ik, hoorden we ineens eindeloze gitaarsolo\u0026rsquo;s en zagen we kaleidoscopische luchtspiegelingen op de muren en de plafonds. Nu zijn we op zoek naar vloeistofdia\u0026rsquo;s. We zien wel wat het wordt.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 30 maart 2000\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eVoor het eerst gepubliceerd in de catalogus \u0026lsquo;Mo(uve)ments\u0026rsquo;, Nicc en Museum voor Schone Kunsten, Antwerpen, 2000\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"fr","short_description":"","description":"\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eD\u0026rsquo;une ville sans voitures \u0026agrave; une auto-\u0026eacute;cole expos\u0026eacute;e\u003cbr /\u003e\r\n\u0026Agrave; propos de quelques mouvements artistiques des ann\u0026eacute;es soixante et septante\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHistoriographie\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eLe 21 juillet 1969, Marcel Broodthaers r\u0026eacute;alise un film sur une excursion qu\u0026rsquo;il fait \u0026agrave; la Butte du Lion \u0026agrave; Waterloo. Au cours de cette excursion, on le voit transbahuter une caisse de transport vide dans un camion de d\u0026eacute;m\u0026eacute;nagement de la firme Continental Menk\u0026eacute;s et sans doute d\u0026eacute;clarer, se tenant debout devant le tube d\u0026rsquo;un canon, que Waterloo fait partie de son mus\u0026eacute;e. (S\u0026rsquo;agissant d\u0026rsquo;un film muet, on ne sait pas exactement ce qu\u0026rsquo;il dit.) Le soir, il \u0026eacute;crit une lettre \u0026agrave; Jacques Charlier, dans laquelle il fait \u0026eacute;tat de ce joyeux \u0026eacute;v\u0026eacute;nement et d\u0026eacute;plore que la lune \u0026laquo; ne f\u0026ucirc;t pas en couleur \u0026raquo;. Lorsque je travaillais avec Maria Gilissen \u0026agrave; la pr\u0026eacute;paration du catalogue Cin\u0026eacute;ma, celle-ci me demanda un jour ce que Broodthaers aurait bien pu vouloir dire avec cette phrase \u0026eacute;nigmatique. Je ne savais que r\u0026eacute;pondre. Ce n\u0026rsquo;est que bien des ann\u0026eacute;es plus tard que je compris le vrai sens, suite \u0026agrave; une anecdote que me confia Guy Rombouts. Il me raconta en effet que le 21 juillet 1969 dans \u0026laquo; Het Gouden Huis \u0026raquo;, comme on appelait A 37 90 89, en raison de sa fa\u0026ccedil;ade dor\u0026eacute;e, on avait organis\u0026eacute; un petit-d\u0026eacute;jeuner au champagne pour regarder ensemble l\u0026rsquo;alunissage. \u0026laquo; Ils ne s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient m\u0026eacute;nag\u0026eacute; aucun effort pour trouver un t\u0026eacute;l\u0026eacute;viseur couleur \u0026raquo;, raconta-t-il, \u0026laquo; jusqu\u0026rsquo;\u0026agrave; ce que nous constations \u0026agrave; notre grande d\u0026eacute;ception que les images \u0026eacute;taient retransmises en noir et blanc \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Walter Swennen raconte parfois que, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, les artistes australiens s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient inspir\u0026eacute;s des illustrations en noir et blanc qu\u0026rsquo;ils d\u0026eacute;couvraient dans leurs revues artistiques.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026laquo; Leurs \u0026oelig;uvres rev\u0026ecirc;taient ainsi une sp\u0026eacute;cificit\u0026eacute; toute particuli\u0026egrave;re \u0026raquo;, poursuivit Swennen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;historien de bonne volont\u0026eacute; qui \u0026eacute;tudie les ann\u0026eacute;es soixante doit essayer de s\u0026rsquo;imaginer un monde avec des moyens de communication d\u0026eacute;fectueux, \u0026agrave; une \u0026eacute;poque o\u0026ugrave; le mot \u0026laquo; communication \u0026raquo; venait \u0026agrave; peine de sortir de la sph\u0026egrave;re militaire. Hugo Heyrman raconte qu\u0026rsquo;il \u0026eacute;tait membre de la biblioth\u0026egrave;que am\u0026eacute;ricaine \u0026agrave; Bruxelles et qu\u0026rsquo;il parvenait ainsi \u0026agrave; obtenir rapidement informations. Les cr\u0026eacute;ations musicales les plus r\u0026eacute;centes \u0026eacute;taient grav\u0026eacute;es sur de grands CD noirs, qui n\u0026rsquo;\u0026eacute;taient pas destin\u0026eacute;s \u0026agrave; la grande distribution, mais que quelqu\u0026rsquo;un rapportait toujours des pays d\u0026rsquo;outre-mer dans son sac \u0026agrave; dos. Tous ceux qui, en Belgique, \u0026eacute;taient au courant des derni\u0026egrave;res nouveaut\u0026eacute;s avaient au moins un membre de leur famille qui se rendait de temps \u0026agrave; autre \u0026agrave; Londres, ou une bonne connaissance qui voyageait au long cours et qui faisait parfois escale dans un port d\u0026rsquo;Am\u0026eacute;rique. Ce qui explique pourquoi Broodthaers croyait au d\u0026eacute;part que le Pop Art \u0026eacute;tait issu de l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Magritte. Et ce qui explique aussi l\u0026rsquo;excitation qui semblait \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque aller de pair avec la d\u0026eacute;couverte de tout ce qui \u0026eacute;tait \u0026laquo; nouveau \u0026raquo;.\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp; \u0026nbsp;Les historiographes consacrent en g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral beaucoup de temps \u0026agrave; la question de savoir avec quoi faire co\u0026iuml;ncider la fin ou le commencement d\u0026rsquo;une \u0026eacute;poque. Certains font d\u0026eacute;buter les ann\u0026eacute;es soixante dans le domaine artistique avec G58 et Zero, d\u0026rsquo;autres avec les premiers happenings. Les cyniques feraient d\u0026eacute;buter cette p\u0026eacute;riode avec la cr\u0026eacute;ation de la Nouvelle Ecole flamande, qui se distancia \u0026laquo; de l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e lucrative en Belgique et \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;tranger selon laquelle il existerait une \u0026eacute;cole de peinture belge, une id\u0026eacute;e qui renferme une contradictio in terminis \u0026raquo;, car cela prouverait \u0026agrave; quel point les artistes pouvaient encore \u0026ecirc;tre arri\u0026eacute;r\u0026eacute;s en 1960.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Moi, ,je ne choisis pas de point de d\u0026eacute;part, parce je n\u0026rsquo;arrive pas \u0026agrave; choisir entre Zero et A. Quant au point final de ma p\u0026eacute;riode, j\u0026rsquo;aimerais le faire co\u0026iuml;ncider avec l\u0026rsquo;inauguration de l\u0026rsquo;auto-\u0026eacute;cole de Guillaume Bijl, qui eut lieu le 20 avril 1979 \u0026agrave; Ruimte Z.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Les membres de VAGA revendiquaient plus de bancs publics et de poubelles dans une ville sans voitures. Trente-cinq ans plus tard, la Belgique pullule de bancs publics et de poubelles. Guillaume Bijl est sans doute le premier artiste qui en a fait un th\u0026egrave;me dans son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Enfin, j\u0026rsquo;aimerais dire quelque chose sur le fait surprenant que l\u0026rsquo;artiste Panamarenko semble si souvent surgir \u0026agrave; des moments d\u0026eacute;cisifs de l\u0026rsquo;histoire de l\u0026rsquo;art contemporain \u0026agrave; Anvers. Ce qui s\u0026rsquo;explique par diff\u0026eacute;rentes raisons. Tout d\u0026rsquo;abord, c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait un artiste qui donna imm\u0026eacute;diatement une forme \u0026agrave; ses happenings. Tout comme il s\u0026rsquo;\u0026eacute;tait donn\u0026eacute; lui-m\u0026ecirc;me un nom aux belles consonances, il veilla \u0026eacute;galement \u0026agrave; ce que ses happenings et autres activit\u0026eacute;s portassent des titres et des noms. Il a d\u0026rsquo;embl\u0026eacute;e consid\u0026eacute;r\u0026eacute; ses happenings comme une forme artistique et ce faisant il a laiss\u0026eacute; des traces. Autre explication plausible : les nombreux catalogues consacr\u0026eacute;s \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Panamarenko ont pouss\u0026eacute; les historiens \u0026agrave; se mettre \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre. Bon nombre des informations sur cette p\u0026eacute;riode d\u0026eacute;coulent en fait de recherches qui ont \u0026eacute;t\u0026eacute; r\u0026eacute;alis\u0026eacute;es dans le cadre de l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Panamarenko. Une troisi\u0026egrave;me raison est peut-\u0026ecirc;tre que Panamarenko n\u0026rsquo;a jamais reni\u0026eacute; cette \u0026eacute;poque et a toujours continu\u0026eacute; \u0026agrave; la consid\u0026eacute;rer comme une partie n\u0026eacute;cessaire de son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nVAGA et A 37 90 89 (Het Gouden Huis)\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eContrairement \u0026agrave; ce que l\u0026rsquo;on pourrait croire, on n\u0026rsquo;a pas tellement consacr\u0026eacute; d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes aux moments o\u0026ugrave; les artistes ont tent\u0026eacute;, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, de parvenir ensemble \u0026agrave; quelque chose. Il existe certes quelques petits ouvrages consacr\u0026eacute;s aux ann\u0026eacute;es soixante \u0026agrave; Anvers, mais on n\u0026rsquo;y trouve jamais un aper\u0026ccedil;u qui se veut exhaustif ou, disons, la publication de tous les pamphlets, de toutes les affiches et autres documents qui nous permettrait de d\u0026eacute;duire nous-m\u0026ecirc;mes l\u0026rsquo;une ou l\u0026rsquo;autre chose. Quant aux \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui ont eu lieu dans les autres villes, il n\u0026rsquo;existe pour ainsi dire rien.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp; \u0026nbsp; En Belgique, nous n\u0026rsquo;avons sans doute jamais eu de rassemblement vraiment organis\u0026eacute; d\u0026rsquo;artistes, comme c\u0026rsquo;est le cas actuellement avec le Nicc. En g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral, \u0026ccedil;a se limite \u0026agrave; un ou deux intellectuels ou \u0026agrave; une poign\u0026eacute;e d\u0026rsquo;artistes hyper-actifs, qui se fabriquent chez eux, assis \u0026agrave; leur bureau ou autour de la table de cuisine, un nom et un id\u0026eacute;al mais qui, par la suite, se traduisent par peu ou pas de vraies rencontres, discussions ou actions.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans les ann\u0026eacute;es soixante, une telle organisation n\u0026rsquo;a pas non plus vraiment exist\u0026eacute;. Du moins pas dans les milieux o\u0026ugrave; \u0026eacute;voluaient les artistes faisant autorit\u0026eacute; \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque. A Anvers, en revanche, il y avait deux \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui y ressemblaient: le Vrije Aktie Groep Antwerpen (VAGA) et A 37 90 89.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le Vrije Aktie Groep Antwerpen est n\u0026eacute; le 1er juin 1968. Les \u0026eacute;tudiants de L\u0026rsquo;Ecole sup\u0026eacute;rieure des Beaux-Arts d\u0026rsquo;Anvers remirent un manifeste au conservateur principal du Mus\u0026eacute;e Royal des Beaux-Arts. Celui-ci les invita \u0026agrave; un premier entretien au mus\u0026eacute;e, qui eut lieu une semaine plus tard. Dans les deux mois qui suivirent, ces r\u0026eacute;unions se r\u0026eacute;p\u0026eacute;t\u0026egrave;rent toutes les semaines et des actions furent organis\u0026eacute;es principalement sur la Conscienceplein. Le quinze juin, le collectif prie avec insistance - dans une deuxi\u0026egrave;me lettre - de pr\u0026eacute;voir \u0026laquo; un nombre important de bancs, quelques poubelles, des arbres, de l\u0026rsquo;herbe et des fleurs et d\u0026rsquo;interdire toute circulation sur la place \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le vendredi 19 juillet, le conseil municipal d\u0026eacute;cide que la Conscienceplein doit \u0026ecirc;tre ferm\u0026eacute;e \u0026agrave; la circulation. Or, VAGA veut que la Conscienceplein devienne une \u0026laquo; zone verte \u0026raquo;. Dans un pamphlet, ils exigent que le conseil municipal proc\u0026egrave;de \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;rection d\u0026rsquo;un journal mural libre sur la Groenplaats, que l\u0026rsquo;abri souterrain sous la Groenplaats soit ouvert au public et serve de centre culturel et que la Groenplaats soit reconnue en tant que tribune publique (\u0026laquo; but: favoriser la communication et l\u0026rsquo;\u0026eacute;change des opinions \u0026raquo;).\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Le journal mural libre se composerait d\u0026rsquo;un mur en b\u0026eacute;ton. Celui-ci serait \u0026eacute;rig\u0026eacute; sur la Groenplaats du c\u0026ocirc;t\u0026eacute; du Grand Bazar, \u0026agrave; environ 5 m\u0026egrave;tres de la route et parall\u0026egrave;lement \u0026agrave; celle-ci. Il s\u0026rsquo;\u0026eacute;tendrait donc sur toute la longueur de la Groenplaats et aurait une hauteur de deux 2 m\u0026egrave;tres et demi et une \u0026eacute;paisseur d\u0026rsquo;un demi-m\u0026egrave;tre. Le conseil municipal devrait veiller \u0026agrave; ce que peinture, colle, papier et autres fournitures soient toujours disponibles sur place. Le journal mural devrait \u0026ecirc;tre \u0026eacute;clair\u0026eacute; tous les jours \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le \u0026laquo; Comit\u0026eacute; Science \u0026raquo;, compos\u0026eacute; du Prof. Hugo Heyrman, du directeur scientifique Panamarenko, Ing\u0026eacute;nieur en Chef et Multimillionnaire, et de quelques conseillers techniques dont le Prof. Joseph Beuys, de la Kunstakademie D\u0026uuml;sseldorf, pilote navigateur et Isi Fiszman, biologiste, Rubenslei, Anvers, propose de construire un \u0026laquo; Arbre G\u0026eacute;ant \u0026raquo; de quatre-vingts m\u0026egrave;tres de haut, en bois de bambou et PVC. Concept et r\u0026eacute;alisation technique: sign\u0026eacute; Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Le calcul et l\u0026rsquo;ex\u0026eacute;cution sont confi\u0026eacute;s aux conseillers techniques, aux ouvriers engag\u0026eacute;s, au Vrije Aktiegroep Antwerpen, et sont plac\u0026eacute;s sous la coordination et la direction de programmation du Prof. Hugo Heyrman, lequel a contribu\u0026eacute; au concept par ses id\u0026eacute;es et suggestions \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le jour o\u0026ugrave; le projet artistique est rejet\u0026eacute; par l\u0026rsquo;assembl\u0026eacute;e g\u0026eacute;n\u0026eacute;rale de VAGA (intitul\u0026eacute;e \u0026laquo; rassemblement du peuple \u0026raquo;), cette organisation met un terme \u0026agrave; son existence.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A partir de 1970, le Mus\u0026eacute;e des Beaux-Arts organisera quelques expositions sur des artistes contemporains tels que Raoul de Keyser, Willy Plompen, Albert Szukalski, C\u0026eacute;sar Bailleux, Jef Geys, Roland van den Berghe et Jacques Charlier. En 1971, une exposition consacr\u0026eacute;e \u0026agrave; Hugo Heyrman sera annul\u0026eacute;e d\u0026rsquo;extr\u0026ecirc;me justesse parce que la conservatrice se heurtait aux \u0026oelig;uvres expos\u0026eacute;es. En fait, elle estimait que l\u0026rsquo;on ne montrait pas assez d\u0026rsquo;\u0026oelig;uvres et qu\u0026rsquo;elles \u0026eacute;taient trop sombres. Hugo Heyrman se confia \u0026agrave; ce propos, dans un entretien avec Piet Sterckx:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Ce que je voulais, c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait cr\u0026eacute;er un espace, concr\u0026eacute;tiser un univers mental\u0026hellip; On ne peut quand m\u0026ecirc;me pas me demander d\u0026rsquo;organiser une r\u0026eacute;trospective. Je ne veux pas faire d\u0026rsquo;exposition en puisant dans ma r\u0026eacute;serve d\u0026rsquo;\u0026oelig;uvres. Je veux proposer quelque chose d\u0026rsquo;actif, de contemporain. Mon pr\u0026eacute;d\u0026eacute;cesseur avait compl\u0026egrave;tement recouvert les murs. Pourquoi ne pas laisser, \u0026agrave; mon tour, les murs nus et cr\u0026eacute;er \u0026agrave; la place un espace avec trois mobiles? Ce que je voulais faire \u0026eacute;tait tr\u0026egrave;s beau. Le visiteur aurait oubli\u0026eacute; qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agissait d\u0026rsquo;un espace neutre dans le mus\u0026eacute;e, ayant l\u0026rsquo;ambiance terne d\u0026rsquo;une salle obscure dans un palais de justice ou une gare. Je voulais que quelque chose se passe \u0026agrave; l\u0026rsquo;int\u0026eacute;rieur du monde du visiteur. L\u0026rsquo;objet n\u0026rsquo;a pas de valeur s\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;\u0026eacute;mane pas d\u0026rsquo;action. Je n\u0026rsquo;en veux pas \u0026agrave; la direction du mus\u0026eacute;e de ne pas comprendre cela. Mais doit-on interdire tout ce que l\u0026rsquo;on ne comprend pas ? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A 37 90 89 est cr\u0026eacute;\u0026eacute; le 24 mai 1969 au cours d\u0026rsquo;un petit d\u0026icirc;ner chez le collectionneur Hubert Peeters. Il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;un espace alternatif, qui se situe \u0026agrave; la Beeldhouwersstraat, en face du mus\u0026eacute;e. Kaspar K\u0026ouml;nig en devient le coordinateur et invite des artistes tels que Ben Vautier, Carl Andr\u0026eacute;, Joseph Kosuth, Marcel Broodthaers et James Lee Byars. Neuf mois plus tard, Panamarenko r\u0026egrave;gle les factures, change les serrures et rach\u0026egrave;te la maison pour y assembler la premi\u0026egrave;re version de son grand ballon intitul\u0026eacute; The Aeromodeller.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans un entretien avec Piet Van Daalen pour la revue d\u0026rsquo;art \u0026laquo; Museumjournaal \u0026raquo;, Anny De Decker raconte que A 37 90 89 provenait du souhait d\u0026rsquo;Isi Fiszman et de James Lee Byars de cr\u0026eacute;er un \u0026laquo; institut \u0026raquo;. Sans doute suivirent-ils, en cela, les traces de Broodthaers qui, le 27 septembre 1968, instaura chez lui \u0026laquo; le Mus\u0026eacute;e d\u0026rsquo;Art Moderne D\u0026eacute;partement des Aigles \u0026raquo;, entre autres, en r\u0026eacute;action \u0026agrave; l\u0026rsquo;occupation du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nQuelques autres mouvements artistiques\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eA 37 90 89 re\u0026ccedil;ut la visite du collectif d\u0026rsquo;artistes Lidl, fond\u0026eacute; par Immendorf et quelques-uns de ses amis. Anny De Decker raconte \u0026agrave; Piet Van Daalen que \u0026laquo; Lidl s\u0026rsquo;adonnait \u0026agrave; des activit\u0026eacute;s para-artistiques, comme faire du sport dans le contexte des Jeux Olympiques, en tant que parodie \u0026raquo;. Le but \u0026eacute;tait de d\u0026eacute;tr\u0026ocirc;ner l\u0026rsquo;esprit de comp\u0026eacute;tition. Ainsi, Lidlsport organisa un match de football entre Lidl et A ; et une course cycliste entre A 37 90 89 et le mus\u0026eacute;e de Broodthaers \u0026agrave; Bruxelles. Le match de football fut remport\u0026eacute; par A, qui avait recrut\u0026eacute; quelques bons footballeurs, et la course cycliste, par Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Toujours \u0026agrave; Anvers, il y avait le collectif d\u0026rsquo;artistes Ercola, qui se d\u0026eacute;finissait comme un \u0026laquo; centre productif et informatif de l\u0026rsquo;art cr\u0026eacute;atif contemporain, par la distribution du son, de la couleur, de la lumi\u0026egrave;re, du temps et de l\u0026rsquo;espace \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Li\u0026egrave;ge, Jacques Charlier avait cr\u0026eacute;\u0026eacute; en 1965 le groupe Total\u0026rsquo;s, une trentaine de personnes qui se regroup\u0026egrave;rent autour de la revue homonyme Total\u0026rsquo;s . Ils organisaient des concerts, participaient \u0026agrave; des manifestations et organisaient des actions, comme la visite d\u0026rsquo;une exposition, o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on emportait un miroir d\u0026rsquo;un m\u0026egrave;tre et demi sur un que l\u0026rsquo;on dressait face au public, que l\u0026rsquo;on invitait ainsi \u0026agrave; s\u0026rsquo;observer comme un spectacle dans le spectacle. Le groupe Total\u0026rsquo;s lutta \u0026eacute;galement pour une \u0026laquo; zone absolue \u0026raquo; : ils propos\u0026egrave;rent de recouvrir compl\u0026egrave;tement la ville de Li\u0026egrave;ge avec du b\u0026eacute;ton et d\u0026rsquo;y semer ensuite du gazon. Ils particip\u0026egrave;rent \u0026eacute;galement \u0026agrave; une manifestation contre les armes nucl\u0026eacute;aires, en portant un drapeau transparent et en distribuant des pamphlets transparents. Un des num\u0026eacute;ros de Total\u0026rsquo;s \u0026eacute;tait \u0026eacute;galement transparent.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Namur, Pierre Goffin avait r\u0026eacute;uni autour de lui quelques amis qui se rencontraient tous les vendredis chez lui. Le groupe se baptisa L\u0026rsquo;entonnoir. Ils organisaient des expositions et des happenings.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Bruxelles, quelques personnes s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient r\u0026eacute;unies autour de la revue Accuse.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; En 1971, Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Filip Francis et Luc Deleu fonde la revue imprim\u0026eacute;e par s\u0026eacute;rigraphie Artworker Star. Deux ans plus tard, Artworker Foundation ach\u0026egrave;te un autobus d\u0026rsquo;occasion avec l\u0026rsquo;argent de Filip Francis qui dessine et finance la d\u0026eacute;coration int\u0026eacute;rieur du bus. L\u0026rsquo;id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;une architecture ambulante \u0026eacute;tait de Luc Deleu. Le samedi 31 mars 1973, ils lancent leur premier festival continental du film avec une s\u0026eacute;rie de repr\u0026eacute;sentations sur le trottoir du ICC (le Centre culturel international). Le but est de montrer des films non-commerciaux dans des villes belges, n\u0026eacute;erlandaises et allemandes. Au programme figurent des noms comme Raoul Servais, Norman McLaren, Robbe De Hert, Patrick Conrad, Ludo Mich, Frans Buyens, Aim\u0026eacute; Vercruysse, Georges Smits, Willy Verlinden et Jacques Charlier.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Il va de soi que dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, il existait encore d\u0026rsquo;autres \u0026laquo; groupes d\u0026rsquo;artistes \u0026raquo;, comme la \u0026laquo; Nouvelle Ecole flamande \u0026raquo; cr\u0026eacute;\u0026eacute;e en 1960 avec, entre autres, Vic Gentils, Jef Verheyen, Guy Vandenbrande et Guy Mees (\u0026laquo; \u0026hellip; reconna\u0026icirc;t en soi cette tradition flamande, qui veut que l\u0026rsquo;universel de la modernit\u0026eacute; soit renferm\u0026eacute; dans sa propre identit\u0026eacute;, \u0026agrave; savoir l\u0026rsquo;identit\u0026eacute; flamande\u0026hellip; \u0026raquo;), la \u0026laquo; Vereniging voor Plastische Kunstenaars \u0026raquo;, cr\u0026eacute;\u0026eacute;e par Herman Jacobs, le groupe limbourgeois \u0026laquo; Research \u0026raquo;, dans lequel quelques artistes unirent leurs forces pour engranger le plus de connaissances possible sur l\u0026rsquo;art contemporain, ou le \u0026laquo; Anarchistisch Collectief \u0026raquo;, fond\u0026eacute; par Janssens, Verbesselt, Stoops et Narcisse Tordoir. Il n\u0026rsquo;emp\u0026ecirc;che que l\u0026rsquo;on ne peut analyser tous ces groupes de la m\u0026ecirc;me mani\u0026egrave;re et que la place nous manque pour le faire diff\u0026eacute;remment.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHAPPENINGS ET ACTIONS\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Il existe \u0026eacute;galement de tr\u0026egrave;s grandes diff\u0026eacute;rences entre les objectifs de VAGA, A 37 90 89, Total\u0026rsquo;s, Accuse et L\u0026rsquo;entonnoir. Pour VAGA, \u0026laquo; tout artiste doit pouvoir exposer au mus\u0026eacute;e \u0026raquo;. Les membres d\u0026rsquo;A 37 90 89 organisent eux, \u0026agrave; l\u0026rsquo;instar de Marcel Broodthaers, leur propre mus\u0026eacute;e. Les membres des groupes Accuse, L\u0026rsquo;entonnoir et Total\u0026rsquo;s \u0026eacute;taient en qu\u0026ecirc;te de nouvelles formes d\u0026rsquo;art \u0026eacute;ph\u0026eacute;m\u0026egrave;res. Au moment o\u0026ugrave; Panamarenko et Hugo Heyrman veulent construire une grande \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art hors du mus\u0026eacute;e et manifestent le d\u0026eacute;sir de la signer, ils entrent en conflit avec le \u0026laquo; rassemblement du peuple \u0026raquo; de VAGA.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Malgr\u0026eacute; leurs objectifs diff\u0026eacute;rents, ces derniers \u0026laquo; groupes \u0026raquo; \u0026eacute;taient apparent\u0026eacute;s par leur pratique des happenings.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Selon l\u0026rsquo;historiographie officielle, les premiers happenings furent organis\u0026eacute;s \u0026agrave; Anvers par Yoshio Nakajima, Panamarenko, Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Bernd Lohaus, Jasper Grootveld et Jeroen Henneman. Le premier happening eut lieu le 9 juillet 1965. La premi\u0026egrave;re activit\u0026eacute; de la galerie Wide White Space, en mars 1966, est un happening sign\u0026eacute; Panamarenko, Hugo Heyrman et Bernd Lohaus. Suit, en d\u0026eacute;cembre, un autre happening de Panamarenko et d\u0026rsquo;Hugo Heyrman dans cette m\u0026ecirc;me galerie. En juin 1968 d\u0026eacute;bute une nouvelle s\u0026eacute;rie de happenings suite \u0026agrave; la cr\u0026eacute;ation de VAGA.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; La plus belle d\u0026eacute;finition que j\u0026rsquo;aie lue de ce qu\u0026rsquo;est ou pourrait \u0026ecirc;tre un happening en r\u0026eacute;alit\u0026eacute; a \u0026eacute;t\u0026eacute; retranscrite par Anny De Decker et est sign\u0026eacute;e Hugo Heyrman :\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Peintres ou sculpteurs ne s\u0026rsquo;adonneront pas tous au happening. Quelqu\u0026rsquo;un qui fait des happenings est, selon moi, quelqu\u0026rsquo;un qui est conscient de ce qui se passe autour de lui et qui \u0026eacute;prouve le besoin de faire plus que travailler simplement dans son atelier\u0026hellip;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le happening est une autre exp\u0026eacute;rience: lorsque les gens vous voient \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre, ils se disent bien s\u0026ucirc;r, c\u0026rsquo;est un jeu d\u0026rsquo;enfant, \u0026ccedil;a n\u0026rsquo;a pas de sens, mais c\u0026rsquo;est justement cette chose insens\u0026eacute;e qui a fait impression sur eux, cela va continuer \u0026agrave; leur trotter dans la t\u0026ecirc;te, ils y repenseront par apr\u0026egrave;s, et peut-\u0026ecirc;tre arriveront-ils quand m\u0026ecirc;me \u0026agrave; se dire que tout compte fait, ce n\u0026rsquo;est pas si insens\u0026eacute; que cela. L\u0026rsquo;art doit aller \u0026agrave; la rencontre des gens et le happening en est le v\u0026eacute;hicule. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Que se passait-il en fait pendant ces happenings? J\u0026rsquo;aurais aim\u0026eacute; d\u0026eacute;crire quelques-uns de ces happenings ici, mais la place me manque. Les descriptions les plus minutieuses figurent en tout cas dans l\u0026rsquo;excellent catalogue Panamarenko qui a \u0026eacute;t\u0026eacute; compos\u0026eacute; en 1978 par Lucius Grisebach.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Un des plus beaux happenings fut sans doute la construction, le 6 juillet 1968, d\u0026rsquo;une barricade avec des blocs de glace sur la Conscienceplein. Panamarenko me confia \u0026agrave; propos de ce happening: \u0026laquo; Hugo Heyrman et moi port\u0026acirc;mes tous deux un uniforme. Comme nous nous heurtions toujours \u0026agrave; la police durant nos happenings, j\u0026rsquo;avais pens\u0026eacute; que le port d\u0026rsquo;un uniforme pourrait nous \u0026ecirc;tre utile. Lorsque nous ouvr\u0026icirc;mes les portes du camion, Hugo voulut directement jeter les blocs de glace sur la rue. Nous avions tous les deux peur. Mais je le for\u0026ccedil;ai \u0026agrave; d\u0026eacute;charger tr\u0026egrave;s calmement ces blocs et \u0026agrave; les empiler pr\u0026eacute;cautionneusement. Ce faisant, les blocs se soud\u0026egrave;rent en quelques secondes l\u0026rsquo;un \u0026agrave; l\u0026rsquo;autre pour devenir compl\u0026egrave;tement solidaires. Si nous nous \u0026eacute;tions content\u0026eacute;s de les jeter en bas du camion, le r\u0026eacute;sultat n\u0026rsquo;aurait pas \u0026eacute;t\u0026eacute; aussi beau et il aurait \u0026eacute;t\u0026eacute; beaucoup plus simple pour eux de se d\u0026eacute;barrasser de cette glace. Or, maintenant, cette construction pesait facilement plusieurs tonnes. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nContexte\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eDe nombreux \u0026eacute;rudits se sont prononc\u0026eacute;s sur les possibles raisons de ce vent de libert\u0026eacute; qui soufflait sur Anvers entre 1964 et 1973. Un des \u0026eacute;l\u0026eacute;ments les plus \u0026eacute;tranges, en effet, c\u0026rsquo;est la tol\u0026eacute;rance dont fit preuve le conseil municipal, les responsables du mus\u0026eacute;e et m\u0026ecirc;me la police. Certains attribuent cela au fait qu\u0026rsquo;Anvers est une ville portuaire, qui \u0026eacute;tait donc habitu\u0026eacute;e \u0026agrave; avoir un peu plus de tapageurs et de fauteurs de troubles, si ce n\u0026rsquo;est dans d\u0026rsquo;autres quartiers; une autre explication r\u0026eacute;siderait dans l\u0026rsquo;essor \u0026eacute;conomique des ann\u0026eacute;es soixante. Comme si l\u0026rsquo;Occident s\u0026rsquo;\u0026eacute;tait enfin d\u0026eacute;barrass\u0026eacute; de toute la mis\u0026egrave;re engendr\u0026eacute;e par la Seconde Guerre mondiale et se mettait, \u0026agrave; l\u0026rsquo;instar de la population des Etats-Unis, \u0026agrave; consommer dans l\u0026rsquo;insouciance. De nombreux artistes sont en r\u0026eacute;alit\u0026eacute; des consommateurs \u0026eacute;gar\u0026eacute;s qui - tout comme le fl\u0026acirc;neur Duchamp qui acheta une pelle \u0026agrave; neige \u0026agrave; New York en 1914 - se mettent \u0026agrave; bricoler avec du polyur\u0026eacute;thane, des couleurs fluorescentes, des n\u0026eacute;ons et des stencils.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Peut-\u0026ecirc;tre pourrait-on consid\u0026eacute;rer l\u0026rsquo;histoire des mouvements artistiques comme une d\u0026eacute;couverte successive de techniques de reproduction bon march\u0026eacute;. Quelle frappante co\u0026iuml;ncidence entre les \u0026eacute;v\u0026eacute;nements des ann\u0026eacute;es soixante et la diffusion du stencil, de la s\u0026eacute;rigraphie et du film super 8. Happening News fut imprim\u0026eacute; sur une photocopieuse Rank Xerox, qui fonctionnait \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque avec des esp\u0026egrave;ces de stencils offset. Panamarenko avait acquis cette machine pour 5000 francs. On assistera, dans les ann\u0026eacute;es quatre-vingts, au m\u0026ecirc;me ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;ne avec la vid\u0026eacute;o et la photocopie couleur. Et lorsque j\u0026rsquo;attirai l\u0026rsquo;attention de Johan Pas sur ce ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;ne, il affirma que dans les ann\u0026eacute;es vingt, on avait sans doute \u0026eacute;galement assist\u0026eacute; \u0026agrave; quelque chose de semblable avec la linogravure.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; En choisissant les pamphlets ou textes cens\u0026eacute;s illustrer le pr\u0026eacute;sent texte, j\u0026rsquo;ai \u0026eacute;t\u0026eacute; frapp\u0026eacute; par le style r\u0026eacute;dactionnel na\u0026iuml;f et percutant, l\u0026rsquo;usage fr\u0026eacute;quent des majuscules et le nombre important de citations de savants ouvrages am\u0026eacute;ricains, comme pour justifier tout le s\u0026eacute;rieux que m\u0026eacute;ritaient ces propos. Le ton g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral est enfantin, affect\u0026eacute;, pompeux, transparent et autoritaire. Mais, de mani\u0026egrave;re g\u0026eacute;n\u0026eacute;rale, il en ressort un plaidoyer universel en faveur de la niaiserie, de la na\u0026iuml;vet\u0026eacute;, de la candeur et de la spontan\u0026eacute;it\u0026eacute;, dont nous ne parvenons plus \u0026agrave; imaginer le bien-fond\u0026eacute; qu\u0026rsquo;en contemplant les costumes et les chapeaux des artistes d\u0026rsquo;avant les ann\u0026eacute;es cinquante ou en nous rem\u0026eacute;morant le ton grave et emphatique de la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision dans les ann\u0026eacute;es cinquante. Ce qui me surprend encore le plus dans ce contexte, c\u0026rsquo;est le nombre impressionnant d\u0026rsquo;articles consacr\u0026eacute;s \u0026agrave; ces happenings et autres \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui sont parus dans la presse. On a l\u0026rsquo;impression que des jeunes gens surgissaient de partout pour \u0026eacute;crire des articles ou r\u0026eacute;aliser des programmes sur des \u0026eacute;v\u0026eacute;nements dans l\u0026rsquo;art contemporain. De nos jours, il semble exclu qu\u0026rsquo;un journal s\u0026rsquo;attarde encore \u0026agrave; l\u0026rsquo;annulation d\u0026rsquo;une exposition, comme ce fut le cas avec celle de Hugo Heyrman en 1972, par exemple. A la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision aussi, il a d\u0026ucirc; se passer quelque chose de semblable. Sans doute ne savait-on, \u0026agrave; vrai dire, pas encore tr\u0026egrave;s bien comment faire de la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision dans les ann\u0026eacute;es soixante, ce qui explique que de temps \u0026agrave; autre, ils aient fait des programmes passionnants\u0026hellip;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLibert\u0026eacute;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eAbstraction faite de ma collaboration avec Panamarenko, je n\u0026rsquo;ai eu qu\u0026rsquo;\u0026agrave; une seule reprise l\u0026rsquo;impression de ressentir vraiment cet esprit de libert\u0026eacute; des ann\u0026eacute;es soixante. On montrait, \u0026agrave; la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision, un documentaire consacr\u0026eacute; \u0026agrave; Frank Zappa, qui se composait d\u0026rsquo;une s\u0026eacute;rie de petits reportages r\u0026eacute;alis\u0026eacute;s, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, pour le compte d\u0026rsquo;une cha\u0026icirc;ne allemande par un certain Rudi. Ce qui frappe avant tout, c\u0026rsquo;est que ce Rudi, qui est en quelque sorte un journaliste, porte de longs cheveux et a l\u0026rsquo;allure d\u0026rsquo;un tire-au-flanc. Impensable aujourd\u0026rsquo;hui. Lorsque la tr\u0026egrave;s belle pr\u0026eacute;sentatrice du journal Sigfrid Spruit commen\u0026ccedil;a \u0026agrave; travailler pour la t\u0026eacute;l\u0026eacute; flamande il y a dix ans, un savant bureau d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes venait tout juste de prouver, chiffres \u0026agrave; l\u0026rsquo;appui, que les femmes \u0026agrave; longs cheveux bien fournis \u0026eacute;taient incapables de pr\u0026eacute;senter le journal de mani\u0026egrave;re objective. Sur ce, la coiffure de madame Spruit fut transform\u0026eacute;e par des mains expertes en quelque chose d\u0026rsquo;\u0026eacute;ternellement informe. Et comme l\u0026rsquo;\u0026eacute;trange et artificielle coiffure de la pr\u0026eacute;sentatrice du journal suscita des commentaires dans tout le pays, il fut d\u0026eacute;cid\u0026eacute;, apr\u0026egrave;s une journ\u0026eacute;e et demie de m\u0026ucirc;re r\u0026eacute;flexion, que l\u0026rsquo;on recouperait tous les jours ses cheveux de mani\u0026egrave;re invisible, afin de ne pas d\u0026eacute;cevoir les spectateurs qui \u0026eacute;taient d\u0026eacute;j\u0026agrave; accrocs \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;trange construction \u0026agrave; la Permeke sur la gentille petite t\u0026ecirc;te de madame Spruit et risquer ainsi de les perdre au profit d\u0026rsquo;une autre cha\u0026icirc;ne. Aujourd\u0026rsquo;hui encore, on coupe, colle et mod\u0026egrave;le quotidiennement la coiffure de madame Spruit.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Mais que voulais-je dire en fait? Frank Zappa en Allemagne! Pendant des ann\u0026eacute;es, il est interview\u0026eacute;, \u0026agrave; chacun de ses passages en Allemagne, par ce m\u0026ecirc;me Rudi, avec qui il semble en fin de compte s\u0026rsquo;\u0026ecirc;tre li\u0026eacute; d\u0026rsquo;amiti\u0026eacute;. La premi\u0026egrave;re question que pose Rudi \u0026agrave; Frank Zappa lors de sa premi\u0026egrave;re interview est la suivante: \u0026laquo; Est-ce que vous n\u0026rsquo;\u0026ecirc;tes pas g\u0026ecirc;n\u0026eacute; de d\u0026eacute;barquer ici avec une voiture aussi capitaliste qu\u0026rsquo;une Cadillac? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Sur quoi Frank Zappa, quelque peu agac\u0026eacute;, r\u0026eacute;pond: \u0026laquo; Je vous donne encore une chance de me poser une question moins idiote que celle-l\u0026agrave;. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;image suivante montre Zappa plant\u0026eacute; devant la cam\u0026eacute;ra comme un journaliste am\u0026eacute;ricain qui assure le direct d\u0026rsquo;une prise d\u0026rsquo;otages. Le microphone devant la bouche, il commente d\u0026rsquo;une voix basse la sc\u0026egrave;ne qui se passe derri\u0026egrave;re lui :\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Me voici, chers t\u0026eacute;l\u0026eacute;spectateurs, t\u0026eacute;moin d\u0026rsquo;un \u0026eacute;v\u0026eacute;nement singulier. Derri\u0026egrave;re moi, Rudi vient de d\u0026eacute;couvrir le confort exceptionnel de la merveilleuse Cadillac et il ne pr\u0026eacute;tend plus quitter cette voiture. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Derri\u0026egrave;re les \u0026eacute;paules de Zappa, on voit deux ou trois acolytes de la star qui tentent d\u0026rsquo;extraire Rudi de la Cadillac, et ce dernier qui se cramponne.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;image suivante nous montre \u0026agrave; nouveau Zappa \u0026agrave; l\u0026rsquo;antenne, le microphone devant la bouche:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; En ce moment m\u0026ecirc;me, mesdames, messieurs, Rudi est en train de se remettre de son premier tour en Cadillac, des mains expertes tentent de le calmer. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Derri\u0026egrave;re Zappa, on voit Rudi \u0026eacute;tendu de tout son long sur les genoux de quelque six assistants et musiciens de la star assis qui le massent et le palpent partout en m\u0026ecirc;me temps.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Ce qui m\u0026rsquo;a frapp\u0026eacute; dans ce petit film, c\u0026rsquo;est la rapidit\u0026eacute; et la libert\u0026eacute; avec laquelle on a r\u0026eacute;alis\u0026eacute; ces images en r\u0026eacute;ponse \u0026agrave; une question quelque peu niaise. C\u0026rsquo;est une tr\u0026egrave;s belle r\u0026eacute;ponse, qui n\u0026rsquo;a besoin d\u0026rsquo;aucun commentaire discursif. Il s\u0026rsquo;agit ici vraiment d\u0026rsquo;\u0026laquo; images \u0026raquo; : une information visuelle qui nous rapproche d\u0026rsquo;une certaine exp\u0026eacute;rience. La libert\u0026eacute; ne r\u0026eacute;side pas dans ce qui est dit, mais dans la mani\u0026egrave;re de renverser instantan\u0026eacute;ment une situation d\u0026rsquo;interview en une s\u0026eacute;rie d\u0026rsquo;images \u0026eacute;loquentes.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa forme de l\u0026rsquo;exposition\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eDepuis le d\u0026eacute;but de ce projet, il y a un an et demi, l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e de participer \u0026agrave; une exposition au Mus\u0026eacute;e des Beaux-Arts pour la p\u0026eacute;riode 60-80 me met mal \u0026agrave; l\u0026rsquo;aise. Comme le prouve l\u0026rsquo;exemple de Hugo Heyrman et de tant d\u0026rsquo;autres, il semble aussi utopique de vouloir concevoir une exposition libre dans un mus\u0026eacute;e que de vouloir montrer une image insolite \u0026agrave; la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision. L\u0026rsquo;id\u0026eacute;e me fait penser \u0026agrave; ces femmes qui d\u0026eacute;sirent instamment rejoindre une Eglise misogyne.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans l\u0026rsquo;habillage de la place devant le mus\u0026eacute;e, y compris l\u0026rsquo;abattage des vieux cerisiers du Japon, je reconnais un asservissement semblable \u0026agrave; une forme morte. Certains pr\u0026eacute;tendent que ces arbres devaient \u0026ecirc;tre abattus parce qu\u0026rsquo;ils \u0026eacute;taient malades. Quelle id\u0026eacute;e grotesque! Presque tous les arbres en Belgique sont malades. Si l\u0026rsquo;on devait abattre tous les arbres qui sont malades, nos enfants ne verraient jamais de leur vie un h\u0026ecirc;tre ou un cerisier japonais \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026acirc;ge adulte. Et puis ces nouveaux arbres? Ne tomberont-ils pas, \u0026agrave; leur tour, malades au cours des quarante ans \u0026agrave; venir? L\u0026rsquo;on sent que derri\u0026egrave;re cette rage born\u0026eacute;e de tout nettoyer se cache une n\u0026eacute;vrose p\u0026eacute;nible et une m\u0026eacute;connaissance totale de ce qu\u0026rsquo;est un arbre. On sent que l\u0026rsquo;architecte de service a quelque chose contre des arbres qui sifflent, au bord de la route, les mains en poche. On sent qu\u0026rsquo;ils ne s\u0026rsquo;int\u0026egrave;grent pas dans ses projets. Anny De Decker me raconta qu\u0026rsquo;un jour, lors d\u0026rsquo;un diner tr\u0026egrave;s int\u0026eacute;ressant, l\u0026rsquo;\u0026eacute;pouse de l\u0026rsquo;architecte en question lui avait confi\u0026eacute;: \u0026laquo; Avoue, un cerisier du Japon, c\u0026rsquo;est tout de m\u0026ecirc;me vulgaire comme arbre? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Avec Guy Rombouts, je me suis mis \u0026agrave; la recherche d\u0026rsquo;une seule image qui pourrait caract\u0026eacute;riser l\u0026rsquo;ambiance des ann\u0026eacute;es soixante et que l\u0026rsquo;on pourrait \u0026eacute;ventuellement quand m\u0026ecirc;me associer au mus\u0026eacute;e. Je trouvais que ce n\u0026rsquo;\u0026eacute;tait pas une mauvaise id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;am\u0026eacute;nager, avec Kris Vanhemelrijck, une grande butte couverte d\u0026rsquo;herbe dans le parc du Middelheim, en lieu et place des arbres fruitiers sans fruits qu\u0026rsquo;ils viennent d\u0026rsquo;y planter. (\u0026laquo; Pourquoi sans fruits? \u0026raquo;, se demande-t-on, \u0026laquo; parce que cela fait moins de salet\u0026eacute;s \u0026raquo;, comprend-on.) On trouvait l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e bonne: une butte qui permettrait d\u0026rsquo;avoir une vue dominante sur tout le parc. Et en hiver, on pourrait y faire de la luge.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Une bonne id\u0026eacute;e \u0026raquo;, estima Luc Deleu, \u0026laquo; lorsqu\u0026rsquo;ils me demand\u0026egrave;rent de r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chir \u0026agrave; un ajout pour la conciergerie kitsch \u0026agrave; l\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e du parc Middelheim, je sugg\u0026eacute;rai de la coiffer d\u0026rsquo;une toiture. On cr\u0026eacute;erait ainsi une terrasse, d\u0026rsquo;o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on pourrait surplomber le parc. Et la construction kitsch sous la toiture, on pouvait \u0026eacute;galement en retirer quelque chose. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Au cours d\u0026rsquo;un entretien t\u0026eacute;l\u0026eacute;phonique avec la biblioth\u0026eacute;caire de l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque, la tr\u0026egrave;s charmante madame Coenen - qui avait r\u0026eacute;pondu au t\u0026eacute;l\u0026eacute;phone pendant la pause de midi - nous sommes arriv\u0026eacute;s \u0026agrave; la conclusion qu\u0026rsquo;une telle butte pourrait bien co\u0026ucirc;ter trop cher.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Nous pouvons tout simplement puiser la terre n\u0026eacute;cessaire en creusant le sol et l\u0026rsquo;amonceler \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;une bande transporteuse \u0026raquo;, sugg\u0026eacute;rai-je, \u0026laquo; nous creuserons un trou aussi grand \u0026agrave; c\u0026ocirc;t\u0026eacute; de notre butte. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Mais quand on creuse dans le parc du Middelheim, on tombe tout de suite sur de l\u0026rsquo;eau \u0026raquo;, r\u0026eacute;pondit madame Coenen, \u0026laquo; la butte va s\u0026rsquo;effriter. Dans de l\u0026rsquo;argile s\u0026egrave;che qui adh\u0026egrave;re bien, on pourrait encore utiliser des pieux en bois, mais au Middelheim, il faut du b\u0026eacute;ton pour stabiliser les constructions et alors, \u0026ccedil;a revient tr\u0026egrave;s cher. Le mieux est de demander au pr\u0026eacute;alable un devis et de nous recontacter ensuite \u0026raquo;, conclut-elle gentiment.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Pourquoi ne pas d\u0026eacute;poser un grand h\u0026ecirc;tre, arrach\u0026eacute; par la temp\u0026ecirc;te, sur le seuil du mus\u0026eacute;e? \u0026raquo;, demandai-je \u0026agrave; Panamarenko, \u0026laquo; ne serait-ce pas une plate-forme de discussion valable? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Je confectionne des robes de bal depuis mes 18 ans \u0026raquo;, r\u0026eacute;pondit-il, \u0026laquo; parce que je me suis rendu compte qu\u0026rsquo;un fagot de bois \u0026agrave; br\u0026ucirc;ler devant la porte ne me passionnait pas beaucoup. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Guillaume Bijl continua entre-temps \u0026agrave; insister pour qu\u0026rsquo;on utilise les caves du mus\u0026eacute;e.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Et des travaux d\u0026rsquo;enneigement ? \u0026raquo;, me demandais-je encore, \u0026laquo; ne pourrait-on pas faire proc\u0026eacute;der \u0026agrave; l\u0026rsquo;enneigement du mus\u0026eacute;e? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Mais lorsque nous nous retrouv\u0026acirc;mes, Guy et moi, dans les caves du mus\u0026eacute;e, nous entend\u0026icirc;mes soudain d\u0026rsquo;interminables solos de guitare et nous v\u0026icirc;mes des mirages kal\u0026eacute;idoscopiques sur les murs et les plafonds. Actuellement, nous recherchons des dias remplies de liquides. Nous verrons bien o\u0026ugrave; cela nous m\u0026egrave;nera.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 30 mars 2000\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eTraduit par Mich\u0026egrave;le Deghilage\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003e\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"text-align: justify;\"\u003eCe texte a \u0026eacute;t\u0026eacute; publi\u0026eacute; pour la premi\u0026egrave;re fois dans le livre Mo(uve)ments, Nicc et Museum voor Schone Kunsten, Anvers, 2000\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"ru","short_description":"","description":""},{"locale":"de","short_description":"","description":"\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n__________\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHans Theys\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cstrong\u003eD\u0026rsquo;une ville sans voitures \u0026agrave; une auto-\u0026eacute;cole expos\u0026eacute;e\u003cbr /\u003e\r\n\u0026Agrave; propos de quelques mouvements artistiques des ann\u0026eacute;es soixante et septante\u003c/strong\u003e\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHistoriographie\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eLe 21 juillet 1969, Marcel Broodthaers r\u0026eacute;alise un film sur une excursion qu\u0026rsquo;il fait \u0026agrave; la Butte du Lion \u0026agrave; Waterloo. Au cours de cette excursion, on le voit transbahuter une caisse de transport vide dans un camion de d\u0026eacute;m\u0026eacute;nagement de la firme Continental Menk\u0026eacute;s et sans doute d\u0026eacute;clarer, se tenant debout devant le tube d\u0026rsquo;un canon, que Waterloo fait partie de son mus\u0026eacute;e. (S\u0026rsquo;agissant d\u0026rsquo;un film muet, on ne sait pas exactement ce qu\u0026rsquo;il dit.) Le soir, il \u0026eacute;crit une lettre \u0026agrave; Jacques Charlier, dans laquelle il fait \u0026eacute;tat de ce joyeux \u0026eacute;v\u0026eacute;nement et d\u0026eacute;plore que la lune \u0026laquo; ne f\u0026ucirc;t pas en couleur \u0026raquo;. Lorsque je travaillais avec Maria Gilissen \u0026agrave; la pr\u0026eacute;paration du catalogue Cin\u0026eacute;ma, celle-ci me demanda un jour ce que Broodthaers aurait bien pu vouloir dire avec cette phrase \u0026eacute;nigmatique. Je ne savais que r\u0026eacute;pondre. Ce n\u0026rsquo;est que bien des ann\u0026eacute;es plus tard que je compris le vrai sens, suite \u0026agrave; une anecdote que me confia Guy Rombouts. Il me raconta en effet que le 21 juillet 1969 dans \u0026laquo; Het Gouden Huis \u0026raquo;, comme on appelait A 37 90 89, en raison de sa fa\u0026ccedil;ade dor\u0026eacute;e, on avait organis\u0026eacute; un petit-d\u0026eacute;jeuner au champagne pour regarder ensemble l\u0026rsquo;alunissage. \u0026laquo; Ils ne s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient m\u0026eacute;nag\u0026eacute; aucun effort pour trouver un t\u0026eacute;l\u0026eacute;viseur couleur \u0026raquo;, raconta-t-il, \u0026laquo; jusqu\u0026rsquo;\u0026agrave; ce que nous constations \u0026agrave; notre grande d\u0026eacute;ception que les images \u0026eacute;taient retransmises en noir et blanc \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Walter Swennen raconte parfois que, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, les artistes australiens s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient inspir\u0026eacute;s des illustrations en noir et blanc qu\u0026rsquo;ils d\u0026eacute;couvraient dans leurs revues artistiques.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026laquo; Leurs \u0026oelig;uvres rev\u0026ecirc;taient ainsi une sp\u0026eacute;cificit\u0026eacute; toute particuli\u0026egrave;re \u0026raquo;, poursuivit Swennen.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;historien de bonne volont\u0026eacute; qui \u0026eacute;tudie les ann\u0026eacute;es soixante doit essayer de s\u0026rsquo;imaginer un monde avec des moyens de communication d\u0026eacute;fectueux, \u0026agrave; une \u0026eacute;poque o\u0026ugrave; le mot \u0026laquo; communication \u0026raquo; venait \u0026agrave; peine de sortir de la sph\u0026egrave;re militaire. Hugo Heyrman raconte qu\u0026rsquo;il \u0026eacute;tait membre de la biblioth\u0026egrave;que am\u0026eacute;ricaine \u0026agrave; Bruxelles et qu\u0026rsquo;il parvenait ainsi \u0026agrave; obtenir rapidement informations. Les cr\u0026eacute;ations musicales les plus r\u0026eacute;centes \u0026eacute;taient grav\u0026eacute;es sur de grands CD noirs, qui n\u0026rsquo;\u0026eacute;taient pas destin\u0026eacute;s \u0026agrave; la grande distribution, mais que quelqu\u0026rsquo;un rapportait toujours des pays d\u0026rsquo;outre-mer dans son sac \u0026agrave; dos. Tous ceux qui, en Belgique, \u0026eacute;taient au courant des derni\u0026egrave;res nouveaut\u0026eacute;s avaient au moins un membre de leur famille qui se rendait de temps \u0026agrave; autre \u0026agrave; Londres, ou une bonne connaissance qui voyageait au long cours et qui faisait parfois escale dans un port d\u0026rsquo;Am\u0026eacute;rique. Ce qui explique pourquoi Broodthaers croyait au d\u0026eacute;part que le Pop Art \u0026eacute;tait issu de l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Magritte. Et ce qui explique aussi l\u0026rsquo;excitation qui semblait \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque aller de pair avec la d\u0026eacute;couverte de tout ce qui \u0026eacute;tait \u0026laquo; nouveau \u0026raquo;.\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp; \u0026nbsp;Les historiographes consacrent en g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral beaucoup de temps \u0026agrave; la question de savoir avec quoi faire co\u0026iuml;ncider la fin ou le commencement d\u0026rsquo;une \u0026eacute;poque. Certains font d\u0026eacute;buter les ann\u0026eacute;es soixante dans le domaine artistique avec G58 et Zero, d\u0026rsquo;autres avec les premiers happenings. Les cyniques feraient d\u0026eacute;buter cette p\u0026eacute;riode avec la cr\u0026eacute;ation de la Nouvelle Ecole flamande, qui se distancia \u0026laquo; de l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e lucrative en Belgique et \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;tranger selon laquelle il existerait une \u0026eacute;cole de peinture belge, une id\u0026eacute;e qui renferme une contradictio in terminis \u0026raquo;, car cela prouverait \u0026agrave; quel point les artistes pouvaient encore \u0026ecirc;tre arri\u0026eacute;r\u0026eacute;s en 1960.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Moi, ,je ne choisis pas de point de d\u0026eacute;part, parce je n\u0026rsquo;arrive pas \u0026agrave; choisir entre Zero et A. Quant au point final de ma p\u0026eacute;riode, j\u0026rsquo;aimerais le faire co\u0026iuml;ncider avec l\u0026rsquo;inauguration de l\u0026rsquo;auto-\u0026eacute;cole de Guillaume Bijl, qui eut lieu le 20 avril 1979 \u0026agrave; Ruimte Z.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Les membres de VAGA revendiquaient plus de bancs publics et de poubelles dans une ville sans voitures. Trente-cinq ans plus tard, la Belgique pullule de bancs publics et de poubelles. Guillaume Bijl est sans doute le premier artiste qui en a fait un th\u0026egrave;me dans son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Enfin, j\u0026rsquo;aimerais dire quelque chose sur le fait surprenant que l\u0026rsquo;artiste Panamarenko semble si souvent surgir \u0026agrave; des moments d\u0026eacute;cisifs de l\u0026rsquo;histoire de l\u0026rsquo;art contemporain \u0026agrave; Anvers. Ce qui s\u0026rsquo;explique par diff\u0026eacute;rentes raisons. Tout d\u0026rsquo;abord, c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait un artiste qui donna imm\u0026eacute;diatement une forme \u0026agrave; ses happenings. Tout comme il s\u0026rsquo;\u0026eacute;tait donn\u0026eacute; lui-m\u0026ecirc;me un nom aux belles consonances, il veilla \u0026eacute;galement \u0026agrave; ce que ses happenings et autres activit\u0026eacute;s portassent des titres et des noms. Il a d\u0026rsquo;embl\u0026eacute;e consid\u0026eacute;r\u0026eacute; ses happenings comme une forme artistique et ce faisant il a laiss\u0026eacute; des traces. Autre explication plausible : les nombreux catalogues consacr\u0026eacute;s \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Panamarenko ont pouss\u0026eacute; les historiens \u0026agrave; se mettre \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre. Bon nombre des informations sur cette p\u0026eacute;riode d\u0026eacute;coulent en fait de recherches qui ont \u0026eacute;t\u0026eacute; r\u0026eacute;alis\u0026eacute;es dans le cadre de l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre de Panamarenko. Une troisi\u0026egrave;me raison est peut-\u0026ecirc;tre que Panamarenko n\u0026rsquo;a jamais reni\u0026eacute; cette \u0026eacute;poque et a toujours continu\u0026eacute; \u0026agrave; la consid\u0026eacute;rer comme une partie n\u0026eacute;cessaire de son \u0026oelig;uvre.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nVAGA et A 37 90 89 (Het Gouden Huis)\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eContrairement \u0026agrave; ce que l\u0026rsquo;on pourrait croire, on n\u0026rsquo;a pas tellement consacr\u0026eacute; d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes aux moments o\u0026ugrave; les artistes ont tent\u0026eacute;, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, de parvenir ensemble \u0026agrave; quelque chose. Il existe certes quelques petits ouvrages consacr\u0026eacute;s aux ann\u0026eacute;es soixante \u0026agrave; Anvers, mais on n\u0026rsquo;y trouve jamais un aper\u0026ccedil;u qui se veut exhaustif ou, disons, la publication de tous les pamphlets, de toutes les affiches et autres documents qui nous permettrait de d\u0026eacute;duire nous-m\u0026ecirc;mes l\u0026rsquo;une ou l\u0026rsquo;autre chose. Quant aux \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui ont eu lieu dans les autres villes, il n\u0026rsquo;existe pour ainsi dire rien.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp; \u0026nbsp; En Belgique, nous n\u0026rsquo;avons sans doute jamais eu de rassemblement vraiment organis\u0026eacute; d\u0026rsquo;artistes, comme c\u0026rsquo;est le cas actuellement avec le Nicc. En g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral, \u0026ccedil;a se limite \u0026agrave; un ou deux intellectuels ou \u0026agrave; une poign\u0026eacute;e d\u0026rsquo;artistes hyper-actifs, qui se fabriquent chez eux, assis \u0026agrave; leur bureau ou autour de la table de cuisine, un nom et un id\u0026eacute;al mais qui, par la suite, se traduisent par peu ou pas de vraies rencontres, discussions ou actions.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans les ann\u0026eacute;es soixante, une telle organisation n\u0026rsquo;a pas non plus vraiment exist\u0026eacute;. Du moins pas dans les milieux o\u0026ugrave; \u0026eacute;voluaient les artistes faisant autorit\u0026eacute; \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque. A Anvers, en revanche, il y avait deux \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui y ressemblaient: le Vrije Aktie Groep Antwerpen (VAGA) et A 37 90 89.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le Vrije Aktie Groep Antwerpen est n\u0026eacute; le 1er juin 1968. Les \u0026eacute;tudiants de L\u0026rsquo;Ecole sup\u0026eacute;rieure des Beaux-Arts d\u0026rsquo;Anvers remirent un manifeste au conservateur principal du Mus\u0026eacute;e Royal des Beaux-Arts. Celui-ci les invita \u0026agrave; un premier entretien au mus\u0026eacute;e, qui eut lieu une semaine plus tard. Dans les deux mois qui suivirent, ces r\u0026eacute;unions se r\u0026eacute;p\u0026eacute;t\u0026egrave;rent toutes les semaines et des actions furent organis\u0026eacute;es principalement sur la Conscienceplein. Le quinze juin, le collectif prie avec insistance - dans une deuxi\u0026egrave;me lettre - de pr\u0026eacute;voir \u0026laquo; un nombre important de bancs, quelques poubelles, des arbres, de l\u0026rsquo;herbe et des fleurs et d\u0026rsquo;interdire toute circulation sur la place \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le vendredi 19 juillet, le conseil municipal d\u0026eacute;cide que la Conscienceplein doit \u0026ecirc;tre ferm\u0026eacute;e \u0026agrave; la circulation. Or, VAGA veut que la Conscienceplein devienne une \u0026laquo; zone verte \u0026raquo;. Dans un pamphlet, ils exigent que le conseil municipal proc\u0026egrave;de \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;rection d\u0026rsquo;un journal mural libre sur la Groenplaats, que l\u0026rsquo;abri souterrain sous la Groenplaats soit ouvert au public et serve de centre culturel et que la Groenplaats soit reconnue en tant que tribune publique (\u0026laquo; but: favoriser la communication et l\u0026rsquo;\u0026eacute;change des opinions \u0026raquo;).\u0026nbsp;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Le journal mural libre se composerait d\u0026rsquo;un mur en b\u0026eacute;ton. Celui-ci serait \u0026eacute;rig\u0026eacute; sur la Groenplaats du c\u0026ocirc;t\u0026eacute; du Grand Bazar, \u0026agrave; environ 5 m\u0026egrave;tres de la route et parall\u0026egrave;lement \u0026agrave; celle-ci. Il s\u0026rsquo;\u0026eacute;tendrait donc sur toute la longueur de la Groenplaats et aurait une hauteur de deux 2 m\u0026egrave;tres et demi et une \u0026eacute;paisseur d\u0026rsquo;un demi-m\u0026egrave;tre. Le conseil municipal devrait veiller \u0026agrave; ce que peinture, colle, papier et autres fournitures soient toujours disponibles sur place. Le journal mural devrait \u0026ecirc;tre \u0026eacute;clair\u0026eacute; tous les jours \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le \u0026laquo; Comit\u0026eacute; Science \u0026raquo;, compos\u0026eacute; du Prof. Hugo Heyrman, du directeur scientifique Panamarenko, Ing\u0026eacute;nieur en Chef et Multimillionnaire, et de quelques conseillers techniques dont le Prof. Joseph Beuys, de la Kunstakademie D\u0026uuml;sseldorf, pilote navigateur et Isi Fiszman, biologiste, Rubenslei, Anvers, propose de construire un \u0026laquo; Arbre G\u0026eacute;ant \u0026raquo; de quatre-vingts m\u0026egrave;tres de haut, en bois de bambou et PVC. Concept et r\u0026eacute;alisation technique: sign\u0026eacute; Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Le calcul et l\u0026rsquo;ex\u0026eacute;cution sont confi\u0026eacute;s aux conseillers techniques, aux ouvriers engag\u0026eacute;s, au Vrije Aktiegroep Antwerpen, et sont plac\u0026eacute;s sous la coordination et la direction de programmation du Prof. Hugo Heyrman, lequel a contribu\u0026eacute; au concept par ses id\u0026eacute;es et suggestions \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le jour o\u0026ugrave; le projet artistique est rejet\u0026eacute; par l\u0026rsquo;assembl\u0026eacute;e g\u0026eacute;n\u0026eacute;rale de VAGA (intitul\u0026eacute;e \u0026laquo; rassemblement du peuple \u0026raquo;), cette organisation met un terme \u0026agrave; son existence.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A partir de 1970, le Mus\u0026eacute;e des Beaux-Arts organisera quelques expositions sur des artistes contemporains tels que Raoul de Keyser, Willy Plompen, Albert Szukalski, C\u0026eacute;sar Bailleux, Jef Geys, Roland van den Berghe et Jacques Charlier. En 1971, une exposition consacr\u0026eacute;e \u0026agrave; Hugo Heyrman sera annul\u0026eacute;e d\u0026rsquo;extr\u0026ecirc;me justesse parce que la conservatrice se heurtait aux \u0026oelig;uvres expos\u0026eacute;es. En fait, elle estimait que l\u0026rsquo;on ne montrait pas assez d\u0026rsquo;\u0026oelig;uvres et qu\u0026rsquo;elles \u0026eacute;taient trop sombres. Hugo Heyrman se confia \u0026agrave; ce propos, dans un entretien avec Piet Sterckx:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Ce que je voulais, c\u0026rsquo;\u0026eacute;tait cr\u0026eacute;er un espace, concr\u0026eacute;tiser un univers mental\u0026hellip; On ne peut quand m\u0026ecirc;me pas me demander d\u0026rsquo;organiser une r\u0026eacute;trospective. Je ne veux pas faire d\u0026rsquo;exposition en puisant dans ma r\u0026eacute;serve d\u0026rsquo;\u0026oelig;uvres. Je veux proposer quelque chose d\u0026rsquo;actif, de contemporain. Mon pr\u0026eacute;d\u0026eacute;cesseur avait compl\u0026egrave;tement recouvert les murs. Pourquoi ne pas laisser, \u0026agrave; mon tour, les murs nus et cr\u0026eacute;er \u0026agrave; la place un espace avec trois mobiles? Ce que je voulais faire \u0026eacute;tait tr\u0026egrave;s beau. Le visiteur aurait oubli\u0026eacute; qu\u0026rsquo;il s\u0026rsquo;agissait d\u0026rsquo;un espace neutre dans le mus\u0026eacute;e, ayant l\u0026rsquo;ambiance terne d\u0026rsquo;une salle obscure dans un palais de justice ou une gare. Je voulais que quelque chose se passe \u0026agrave; l\u0026rsquo;int\u0026eacute;rieur du monde du visiteur. L\u0026rsquo;objet n\u0026rsquo;a pas de valeur s\u0026rsquo;il n\u0026rsquo;\u0026eacute;mane pas d\u0026rsquo;action. Je n\u0026rsquo;en veux pas \u0026agrave; la direction du mus\u0026eacute;e de ne pas comprendre cela. Mais doit-on interdire tout ce que l\u0026rsquo;on ne comprend pas ? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A 37 90 89 est cr\u0026eacute;\u0026eacute; le 24 mai 1969 au cours d\u0026rsquo;un petit d\u0026icirc;ner chez le collectionneur Hubert Peeters. Il s\u0026rsquo;agit d\u0026rsquo;un espace alternatif, qui se situe \u0026agrave; la Beeldhouwersstraat, en face du mus\u0026eacute;e. Kaspar K\u0026ouml;nig en devient le coordinateur et invite des artistes tels que Ben Vautier, Carl Andr\u0026eacute;, Joseph Kosuth, Marcel Broodthaers et James Lee Byars. Neuf mois plus tard, Panamarenko r\u0026egrave;gle les factures, change les serrures et rach\u0026egrave;te la maison pour y assembler la premi\u0026egrave;re version de son grand ballon intitul\u0026eacute; The Aeromodeller.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans un entretien avec Piet Van Daalen pour la revue d\u0026rsquo;art \u0026laquo; Museumjournaal \u0026raquo;, Anny De Decker raconte que A 37 90 89 provenait du souhait d\u0026rsquo;Isi Fiszman et de James Lee Byars de cr\u0026eacute;er un \u0026laquo; institut \u0026raquo;. Sans doute suivirent-ils, en cela, les traces de Broodthaers qui, le 27 septembre 1968, instaura chez lui \u0026laquo; le Mus\u0026eacute;e d\u0026rsquo;Art Moderne D\u0026eacute;partement des Aigles \u0026raquo;, entre autres, en r\u0026eacute;action \u0026agrave; l\u0026rsquo;occupation du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nQuelques autres mouvements artistiques\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eA 37 90 89 re\u0026ccedil;ut la visite du collectif d\u0026rsquo;artistes Lidl, fond\u0026eacute; par Immendorf et quelques-uns de ses amis. Anny De Decker raconte \u0026agrave; Piet Van Daalen que \u0026laquo; Lidl s\u0026rsquo;adonnait \u0026agrave; des activit\u0026eacute;s para-artistiques, comme faire du sport dans le contexte des Jeux Olympiques, en tant que parodie \u0026raquo;. Le but \u0026eacute;tait de d\u0026eacute;tr\u0026ocirc;ner l\u0026rsquo;esprit de comp\u0026eacute;tition. Ainsi, Lidlsport organisa un match de football entre Lidl et A ; et une course cycliste entre A 37 90 89 et le mus\u0026eacute;e de Broodthaers \u0026agrave; Bruxelles. Le match de football fut remport\u0026eacute; par A, qui avait recrut\u0026eacute; quelques bons footballeurs, et la course cycliste, par Panamarenko.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Toujours \u0026agrave; Anvers, il y avait le collectif d\u0026rsquo;artistes Ercola, qui se d\u0026eacute;finissait comme un \u0026laquo; centre productif et informatif de l\u0026rsquo;art cr\u0026eacute;atif contemporain, par la distribution du son, de la couleur, de la lumi\u0026egrave;re, du temps et de l\u0026rsquo;espace \u0026raquo;.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Li\u0026egrave;ge, Jacques Charlier avait cr\u0026eacute;\u0026eacute; en 1965 le groupe Total\u0026rsquo;s, une trentaine de personnes qui se regroup\u0026egrave;rent autour de la revue homonyme Total\u0026rsquo;s . Ils organisaient des concerts, participaient \u0026agrave; des manifestations et organisaient des actions, comme la visite d\u0026rsquo;une exposition, o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on emportait un miroir d\u0026rsquo;un m\u0026egrave;tre et demi sur un que l\u0026rsquo;on dressait face au public, que l\u0026rsquo;on invitait ainsi \u0026agrave; s\u0026rsquo;observer comme un spectacle dans le spectacle. Le groupe Total\u0026rsquo;s lutta \u0026eacute;galement pour une \u0026laquo; zone absolue \u0026raquo; : ils propos\u0026egrave;rent de recouvrir compl\u0026egrave;tement la ville de Li\u0026egrave;ge avec du b\u0026eacute;ton et d\u0026rsquo;y semer ensuite du gazon. Ils particip\u0026egrave;rent \u0026eacute;galement \u0026agrave; une manifestation contre les armes nucl\u0026eacute;aires, en portant un drapeau transparent et en distribuant des pamphlets transparents. Un des num\u0026eacute;ros de Total\u0026rsquo;s \u0026eacute;tait \u0026eacute;galement transparent.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Namur, Pierre Goffin avait r\u0026eacute;uni autour de lui quelques amis qui se rencontraient tous les vendredis chez lui. Le groupe se baptisa L\u0026rsquo;entonnoir. Ils organisaient des expositions et des happenings.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; A Bruxelles, quelques personnes s\u0026rsquo;\u0026eacute;taient r\u0026eacute;unies autour de la revue Accuse.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; En 1971, Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Filip Francis et Luc Deleu fonde la revue imprim\u0026eacute;e par s\u0026eacute;rigraphie Artworker Star. Deux ans plus tard, Artworker Foundation ach\u0026egrave;te un autobus d\u0026rsquo;occasion avec l\u0026rsquo;argent de Filip Francis qui dessine et finance la d\u0026eacute;coration int\u0026eacute;rieur du bus. L\u0026rsquo;id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;une architecture ambulante \u0026eacute;tait de Luc Deleu. Le samedi 31 mars 1973, ils lancent leur premier festival continental du film avec une s\u0026eacute;rie de repr\u0026eacute;sentations sur le trottoir du ICC (le Centre culturel international). Le but est de montrer des films non-commerciaux dans des villes belges, n\u0026eacute;erlandaises et allemandes. Au programme figurent des noms comme Raoul Servais, Norman McLaren, Robbe De Hert, Patrick Conrad, Ludo Mich, Frans Buyens, Aim\u0026eacute; Vercruysse, Georges Smits, Willy Verlinden et Jacques Charlier.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Il va de soi que dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, il existait encore d\u0026rsquo;autres \u0026laquo; groupes d\u0026rsquo;artistes \u0026raquo;, comme la \u0026laquo; Nouvelle Ecole flamande \u0026raquo; cr\u0026eacute;\u0026eacute;e en 1960 avec, entre autres, Vic Gentils, Jef Verheyen, Guy Vandenbrande et Guy Mees (\u0026laquo; \u0026hellip; reconna\u0026icirc;t en soi cette tradition flamande, qui veut que l\u0026rsquo;universel de la modernit\u0026eacute; soit renferm\u0026eacute; dans sa propre identit\u0026eacute;, \u0026agrave; savoir l\u0026rsquo;identit\u0026eacute; flamande\u0026hellip; \u0026raquo;), la \u0026laquo; Vereniging voor Plastische Kunstenaars \u0026raquo;, cr\u0026eacute;\u0026eacute;e par Herman Jacobs, le groupe limbourgeois \u0026laquo; Research \u0026raquo;, dans lequel quelques artistes unirent leurs forces pour engranger le plus de connaissances possible sur l\u0026rsquo;art contemporain, ou le \u0026laquo; Anarchistisch Collectief \u0026raquo;, fond\u0026eacute; par Janssens, Verbesselt, Stoops et Narcisse Tordoir. Il n\u0026rsquo;emp\u0026ecirc;che que l\u0026rsquo;on ne peut analyser tous ces groupes de la m\u0026ecirc;me mani\u0026egrave;re et que la place nous manque pour le faire diff\u0026eacute;remment.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nHAPPENINGS ET ACTIONS\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Il existe \u0026eacute;galement de tr\u0026egrave;s grandes diff\u0026eacute;rences entre les objectifs de VAGA, A 37 90 89, Total\u0026rsquo;s, Accuse et L\u0026rsquo;entonnoir. Pour VAGA, \u0026laquo; tout artiste doit pouvoir exposer au mus\u0026eacute;e \u0026raquo;. Les membres d\u0026rsquo;A 37 90 89 organisent eux, \u0026agrave; l\u0026rsquo;instar de Marcel Broodthaers, leur propre mus\u0026eacute;e. Les membres des groupes Accuse, L\u0026rsquo;entonnoir et Total\u0026rsquo;s \u0026eacute;taient en qu\u0026ecirc;te de nouvelles formes d\u0026rsquo;art \u0026eacute;ph\u0026eacute;m\u0026egrave;res. Au moment o\u0026ugrave; Panamarenko et Hugo Heyrman veulent construire une grande \u0026oelig;uvre d\u0026rsquo;art hors du mus\u0026eacute;e et manifestent le d\u0026eacute;sir de la signer, ils entrent en conflit avec le \u0026laquo; rassemblement du peuple \u0026raquo; de VAGA.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Malgr\u0026eacute; leurs objectifs diff\u0026eacute;rents, ces derniers \u0026laquo; groupes \u0026raquo; \u0026eacute;taient apparent\u0026eacute;s par leur pratique des happenings.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Selon l\u0026rsquo;historiographie officielle, les premiers happenings furent organis\u0026eacute;s \u0026agrave; Anvers par Yoshio Nakajima, Panamarenko, Hugo Heyrman, Wout Vercammen, Bernd Lohaus, Jasper Grootveld et Jeroen Henneman. Le premier happening eut lieu le 9 juillet 1965. La premi\u0026egrave;re activit\u0026eacute; de la galerie Wide White Space, en mars 1966, est un happening sign\u0026eacute; Panamarenko, Hugo Heyrman et Bernd Lohaus. Suit, en d\u0026eacute;cembre, un autre happening de Panamarenko et d\u0026rsquo;Hugo Heyrman dans cette m\u0026ecirc;me galerie. En juin 1968 d\u0026eacute;bute une nouvelle s\u0026eacute;rie de happenings suite \u0026agrave; la cr\u0026eacute;ation de VAGA.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; La plus belle d\u0026eacute;finition que j\u0026rsquo;aie lue de ce qu\u0026rsquo;est ou pourrait \u0026ecirc;tre un happening en r\u0026eacute;alit\u0026eacute; a \u0026eacute;t\u0026eacute; retranscrite par Anny De Decker et est sign\u0026eacute;e Hugo Heyrman :\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Peintres ou sculpteurs ne s\u0026rsquo;adonneront pas tous au happening. Quelqu\u0026rsquo;un qui fait des happenings est, selon moi, quelqu\u0026rsquo;un qui est conscient de ce qui se passe autour de lui et qui \u0026eacute;prouve le besoin de faire plus que travailler simplement dans son atelier\u0026hellip;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Le happening est une autre exp\u0026eacute;rience: lorsque les gens vous voient \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026oelig;uvre, ils se disent bien s\u0026ucirc;r, c\u0026rsquo;est un jeu d\u0026rsquo;enfant, \u0026ccedil;a n\u0026rsquo;a pas de sens, mais c\u0026rsquo;est justement cette chose insens\u0026eacute;e qui a fait impression sur eux, cela va continuer \u0026agrave; leur trotter dans la t\u0026ecirc;te, ils y repenseront par apr\u0026egrave;s, et peut-\u0026ecirc;tre arriveront-ils quand m\u0026ecirc;me \u0026agrave; se dire que tout compte fait, ce n\u0026rsquo;est pas si insens\u0026eacute; que cela. L\u0026rsquo;art doit aller \u0026agrave; la rencontre des gens et le happening en est le v\u0026eacute;hicule. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Que se passait-il en fait pendant ces happenings? J\u0026rsquo;aurais aim\u0026eacute; d\u0026eacute;crire quelques-uns de ces happenings ici, mais la place me manque. Les descriptions les plus minutieuses figurent en tout cas dans l\u0026rsquo;excellent catalogue Panamarenko qui a \u0026eacute;t\u0026eacute; compos\u0026eacute; en 1978 par Lucius Grisebach.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Un des plus beaux happenings fut sans doute la construction, le 6 juillet 1968, d\u0026rsquo;une barricade avec des blocs de glace sur la Conscienceplein. Panamarenko me confia \u0026agrave; propos de ce happening: \u0026laquo; Hugo Heyrman et moi port\u0026acirc;mes tous deux un uniforme. Comme nous nous heurtions toujours \u0026agrave; la police durant nos happenings, j\u0026rsquo;avais pens\u0026eacute; que le port d\u0026rsquo;un uniforme pourrait nous \u0026ecirc;tre utile. Lorsque nous ouvr\u0026icirc;mes les portes du camion, Hugo voulut directement jeter les blocs de glace sur la rue. Nous avions tous les deux peur. Mais je le for\u0026ccedil;ai \u0026agrave; d\u0026eacute;charger tr\u0026egrave;s calmement ces blocs et \u0026agrave; les empiler pr\u0026eacute;cautionneusement. Ce faisant, les blocs se soud\u0026egrave;rent en quelques secondes l\u0026rsquo;un \u0026agrave; l\u0026rsquo;autre pour devenir compl\u0026egrave;tement solidaires. Si nous nous \u0026eacute;tions content\u0026eacute;s de les jeter en bas du camion, le r\u0026eacute;sultat n\u0026rsquo;aurait pas \u0026eacute;t\u0026eacute; aussi beau et il aurait \u0026eacute;t\u0026eacute; beaucoup plus simple pour eux de se d\u0026eacute;barrasser de cette glace. Or, maintenant, cette construction pesait facilement plusieurs tonnes. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nContexte\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eDe nombreux \u0026eacute;rudits se sont prononc\u0026eacute;s sur les possibles raisons de ce vent de libert\u0026eacute; qui soufflait sur Anvers entre 1964 et 1973. Un des \u0026eacute;l\u0026eacute;ments les plus \u0026eacute;tranges, en effet, c\u0026rsquo;est la tol\u0026eacute;rance dont fit preuve le conseil municipal, les responsables du mus\u0026eacute;e et m\u0026ecirc;me la police. Certains attribuent cela au fait qu\u0026rsquo;Anvers est une ville portuaire, qui \u0026eacute;tait donc habitu\u0026eacute;e \u0026agrave; avoir un peu plus de tapageurs et de fauteurs de troubles, si ce n\u0026rsquo;est dans d\u0026rsquo;autres quartiers; une autre explication r\u0026eacute;siderait dans l\u0026rsquo;essor \u0026eacute;conomique des ann\u0026eacute;es soixante. Comme si l\u0026rsquo;Occident s\u0026rsquo;\u0026eacute;tait enfin d\u0026eacute;barrass\u0026eacute; de toute la mis\u0026egrave;re engendr\u0026eacute;e par la Seconde Guerre mondiale et se mettait, \u0026agrave; l\u0026rsquo;instar de la population des Etats-Unis, \u0026agrave; consommer dans l\u0026rsquo;insouciance. De nombreux artistes sont en r\u0026eacute;alit\u0026eacute; des consommateurs \u0026eacute;gar\u0026eacute;s qui - tout comme le fl\u0026acirc;neur Duchamp qui acheta une pelle \u0026agrave; neige \u0026agrave; New York en 1914 - se mettent \u0026agrave; bricoler avec du polyur\u0026eacute;thane, des couleurs fluorescentes, des n\u0026eacute;ons et des stencils.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Peut-\u0026ecirc;tre pourrait-on consid\u0026eacute;rer l\u0026rsquo;histoire des mouvements artistiques comme une d\u0026eacute;couverte successive de techniques de reproduction bon march\u0026eacute;. Quelle frappante co\u0026iuml;ncidence entre les \u0026eacute;v\u0026eacute;nements des ann\u0026eacute;es soixante et la diffusion du stencil, de la s\u0026eacute;rigraphie et du film super 8. Happening News fut imprim\u0026eacute; sur une photocopieuse Rank Xerox, qui fonctionnait \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque avec des esp\u0026egrave;ces de stencils offset. Panamarenko avait acquis cette machine pour 5000 francs. On assistera, dans les ann\u0026eacute;es quatre-vingts, au m\u0026ecirc;me ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;ne avec la vid\u0026eacute;o et la photocopie couleur. Et lorsque j\u0026rsquo;attirai l\u0026rsquo;attention de Johan Pas sur ce ph\u0026eacute;nom\u0026egrave;ne, il affirma que dans les ann\u0026eacute;es vingt, on avait sans doute \u0026eacute;galement assist\u0026eacute; \u0026agrave; quelque chose de semblable avec la linogravure.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; En choisissant les pamphlets ou textes cens\u0026eacute;s illustrer le pr\u0026eacute;sent texte, j\u0026rsquo;ai \u0026eacute;t\u0026eacute; frapp\u0026eacute; par le style r\u0026eacute;dactionnel na\u0026iuml;f et percutant, l\u0026rsquo;usage fr\u0026eacute;quent des majuscules et le nombre important de citations de savants ouvrages am\u0026eacute;ricains, comme pour justifier tout le s\u0026eacute;rieux que m\u0026eacute;ritaient ces propos. Le ton g\u0026eacute;n\u0026eacute;ral est enfantin, affect\u0026eacute;, pompeux, transparent et autoritaire. Mais, de mani\u0026egrave;re g\u0026eacute;n\u0026eacute;rale, il en ressort un plaidoyer universel en faveur de la niaiserie, de la na\u0026iuml;vet\u0026eacute;, de la candeur et de la spontan\u0026eacute;it\u0026eacute;, dont nous ne parvenons plus \u0026agrave; imaginer le bien-fond\u0026eacute; qu\u0026rsquo;en contemplant les costumes et les chapeaux des artistes d\u0026rsquo;avant les ann\u0026eacute;es cinquante ou en nous rem\u0026eacute;morant le ton grave et emphatique de la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision dans les ann\u0026eacute;es cinquante. Ce qui me surprend encore le plus dans ce contexte, c\u0026rsquo;est le nombre impressionnant d\u0026rsquo;articles consacr\u0026eacute;s \u0026agrave; ces happenings et autres \u0026eacute;v\u0026eacute;nements qui sont parus dans la presse. On a l\u0026rsquo;impression que des jeunes gens surgissaient de partout pour \u0026eacute;crire des articles ou r\u0026eacute;aliser des programmes sur des \u0026eacute;v\u0026eacute;nements dans l\u0026rsquo;art contemporain. De nos jours, il semble exclu qu\u0026rsquo;un journal s\u0026rsquo;attarde encore \u0026agrave; l\u0026rsquo;annulation d\u0026rsquo;une exposition, comme ce fut le cas avec celle de Hugo Heyrman en 1972, par exemple. A la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision aussi, il a d\u0026ucirc; se passer quelque chose de semblable. Sans doute ne savait-on, \u0026agrave; vrai dire, pas encore tr\u0026egrave;s bien comment faire de la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision dans les ann\u0026eacute;es soixante, ce qui explique que de temps \u0026agrave; autre, ils aient fait des programmes passionnants\u0026hellip;\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLibert\u0026eacute;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eAbstraction faite de ma collaboration avec Panamarenko, je n\u0026rsquo;ai eu qu\u0026rsquo;\u0026agrave; une seule reprise l\u0026rsquo;impression de ressentir vraiment cet esprit de libert\u0026eacute; des ann\u0026eacute;es soixante. On montrait, \u0026agrave; la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision, un documentaire consacr\u0026eacute; \u0026agrave; Frank Zappa, qui se composait d\u0026rsquo;une s\u0026eacute;rie de petits reportages r\u0026eacute;alis\u0026eacute;s, dans les ann\u0026eacute;es soixante et septante, pour le compte d\u0026rsquo;une cha\u0026icirc;ne allemande par un certain Rudi. Ce qui frappe avant tout, c\u0026rsquo;est que ce Rudi, qui est en quelque sorte un journaliste, porte de longs cheveux et a l\u0026rsquo;allure d\u0026rsquo;un tire-au-flanc. Impensable aujourd\u0026rsquo;hui. Lorsque la tr\u0026egrave;s belle pr\u0026eacute;sentatrice du journal Sigfrid Spruit commen\u0026ccedil;a \u0026agrave; travailler pour la t\u0026eacute;l\u0026eacute; flamande il y a dix ans, un savant bureau d\u0026rsquo;\u0026eacute;tudes venait tout juste de prouver, chiffres \u0026agrave; l\u0026rsquo;appui, que les femmes \u0026agrave; longs cheveux bien fournis \u0026eacute;taient incapables de pr\u0026eacute;senter le journal de mani\u0026egrave;re objective. Sur ce, la coiffure de madame Spruit fut transform\u0026eacute;e par des mains expertes en quelque chose d\u0026rsquo;\u0026eacute;ternellement informe. Et comme l\u0026rsquo;\u0026eacute;trange et artificielle coiffure de la pr\u0026eacute;sentatrice du journal suscita des commentaires dans tout le pays, il fut d\u0026eacute;cid\u0026eacute;, apr\u0026egrave;s une journ\u0026eacute;e et demie de m\u0026ucirc;re r\u0026eacute;flexion, que l\u0026rsquo;on recouperait tous les jours ses cheveux de mani\u0026egrave;re invisible, afin de ne pas d\u0026eacute;cevoir les spectateurs qui \u0026eacute;taient d\u0026eacute;j\u0026agrave; accrocs \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026eacute;trange construction \u0026agrave; la Permeke sur la gentille petite t\u0026ecirc;te de madame Spruit et risquer ainsi de les perdre au profit d\u0026rsquo;une autre cha\u0026icirc;ne. Aujourd\u0026rsquo;hui encore, on coupe, colle et mod\u0026egrave;le quotidiennement la coiffure de madame Spruit.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Mais que voulais-je dire en fait? Frank Zappa en Allemagne! Pendant des ann\u0026eacute;es, il est interview\u0026eacute;, \u0026agrave; chacun de ses passages en Allemagne, par ce m\u0026ecirc;me Rudi, avec qui il semble en fin de compte s\u0026rsquo;\u0026ecirc;tre li\u0026eacute; d\u0026rsquo;amiti\u0026eacute;. La premi\u0026egrave;re question que pose Rudi \u0026agrave; Frank Zappa lors de sa premi\u0026egrave;re interview est la suivante: \u0026laquo; Est-ce que vous n\u0026rsquo;\u0026ecirc;tes pas g\u0026ecirc;n\u0026eacute; de d\u0026eacute;barquer ici avec une voiture aussi capitaliste qu\u0026rsquo;une Cadillac? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Sur quoi Frank Zappa, quelque peu agac\u0026eacute;, r\u0026eacute;pond: \u0026laquo; Je vous donne encore une chance de me poser une question moins idiote que celle-l\u0026agrave;. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;image suivante montre Zappa plant\u0026eacute; devant la cam\u0026eacute;ra comme un journaliste am\u0026eacute;ricain qui assure le direct d\u0026rsquo;une prise d\u0026rsquo;otages. Le microphone devant la bouche, il commente d\u0026rsquo;une voix basse la sc\u0026egrave;ne qui se passe derri\u0026egrave;re lui :\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Me voici, chers t\u0026eacute;l\u0026eacute;spectateurs, t\u0026eacute;moin d\u0026rsquo;un \u0026eacute;v\u0026eacute;nement singulier. Derri\u0026egrave;re moi, Rudi vient de d\u0026eacute;couvrir le confort exceptionnel de la merveilleuse Cadillac et il ne pr\u0026eacute;tend plus quitter cette voiture. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Derri\u0026egrave;re les \u0026eacute;paules de Zappa, on voit deux ou trois acolytes de la star qui tentent d\u0026rsquo;extraire Rudi de la Cadillac, et ce dernier qui se cramponne.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; L\u0026rsquo;image suivante nous montre \u0026agrave; nouveau Zappa \u0026agrave; l\u0026rsquo;antenne, le microphone devant la bouche:\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; En ce moment m\u0026ecirc;me, mesdames, messieurs, Rudi est en train de se remettre de son premier tour en Cadillac, des mains expertes tentent de le calmer. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Derri\u0026egrave;re Zappa, on voit Rudi \u0026eacute;tendu de tout son long sur les genoux de quelque six assistants et musiciens de la star assis qui le massent et le palpent partout en m\u0026ecirc;me temps.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Ce qui m\u0026rsquo;a frapp\u0026eacute; dans ce petit film, c\u0026rsquo;est la rapidit\u0026eacute; et la libert\u0026eacute; avec laquelle on a r\u0026eacute;alis\u0026eacute; ces images en r\u0026eacute;ponse \u0026agrave; une question quelque peu niaise. C\u0026rsquo;est une tr\u0026egrave;s belle r\u0026eacute;ponse, qui n\u0026rsquo;a besoin d\u0026rsquo;aucun commentaire discursif. Il s\u0026rsquo;agit ici vraiment d\u0026rsquo;\u0026laquo; images \u0026raquo; : une information visuelle qui nous rapproche d\u0026rsquo;une certaine exp\u0026eacute;rience. La libert\u0026eacute; ne r\u0026eacute;side pas dans ce qui est dit, mais dans la mani\u0026egrave;re de renverser instantan\u0026eacute;ment une situation d\u0026rsquo;interview en une s\u0026eacute;rie d\u0026rsquo;images \u0026eacute;loquentes.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nLa forme de l\u0026rsquo;exposition\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eDepuis le d\u0026eacute;but de ce projet, il y a un an et demi, l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e de participer \u0026agrave; une exposition au Mus\u0026eacute;e des Beaux-Arts pour la p\u0026eacute;riode 60-80 me met mal \u0026agrave; l\u0026rsquo;aise. Comme le prouve l\u0026rsquo;exemple de Hugo Heyrman et de tant d\u0026rsquo;autres, il semble aussi utopique de vouloir concevoir une exposition libre dans un mus\u0026eacute;e que de vouloir montrer une image insolite \u0026agrave; la t\u0026eacute;l\u0026eacute;vision. L\u0026rsquo;id\u0026eacute;e me fait penser \u0026agrave; ces femmes qui d\u0026eacute;sirent instamment rejoindre une Eglise misogyne.\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Dans l\u0026rsquo;habillage de la place devant le mus\u0026eacute;e, y compris l\u0026rsquo;abattage des vieux cerisiers du Japon, je reconnais un asservissement semblable \u0026agrave; une forme morte. Certains pr\u0026eacute;tendent que ces arbres devaient \u0026ecirc;tre abattus parce qu\u0026rsquo;ils \u0026eacute;taient malades. Quelle id\u0026eacute;e grotesque! Presque tous les arbres en Belgique sont malades. Si l\u0026rsquo;on devait abattre tous les arbres qui sont malades, nos enfants ne verraient jamais de leur vie un h\u0026ecirc;tre ou un cerisier japonais \u0026agrave; l\u0026rsquo;\u0026acirc;ge adulte. Et puis ces nouveaux arbres? Ne tomberont-ils pas, \u0026agrave; leur tour, malades au cours des quarante ans \u0026agrave; venir? L\u0026rsquo;on sent que derri\u0026egrave;re cette rage born\u0026eacute;e de tout nettoyer se cache une n\u0026eacute;vrose p\u0026eacute;nible et une m\u0026eacute;connaissance totale de ce qu\u0026rsquo;est un arbre. On sent que l\u0026rsquo;architecte de service a quelque chose contre des arbres qui sifflent, au bord de la route, les mains en poche. On sent qu\u0026rsquo;ils ne s\u0026rsquo;int\u0026egrave;grent pas dans ses projets. Anny De Decker me raconta qu\u0026rsquo;un jour, lors d\u0026rsquo;un diner tr\u0026egrave;s int\u0026eacute;ressant, l\u0026rsquo;\u0026eacute;pouse de l\u0026rsquo;architecte en question lui avait confi\u0026eacute;: \u0026laquo; Avoue, un cerisier du Japon, c\u0026rsquo;est tout de m\u0026ecirc;me vulgaire comme arbre? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Avec Guy Rombouts, je me suis mis \u0026agrave; la recherche d\u0026rsquo;une seule image qui pourrait caract\u0026eacute;riser l\u0026rsquo;ambiance des ann\u0026eacute;es soixante et que l\u0026rsquo;on pourrait \u0026eacute;ventuellement quand m\u0026ecirc;me associer au mus\u0026eacute;e. Je trouvais que ce n\u0026rsquo;\u0026eacute;tait pas une mauvaise id\u0026eacute;e d\u0026rsquo;am\u0026eacute;nager, avec Kris Vanhemelrijck, une grande butte couverte d\u0026rsquo;herbe dans le parc du Middelheim, en lieu et place des arbres fruitiers sans fruits qu\u0026rsquo;ils viennent d\u0026rsquo;y planter. (\u0026laquo; Pourquoi sans fruits? \u0026raquo;, se demande-t-on, \u0026laquo; parce que cela fait moins de salet\u0026eacute;s \u0026raquo;, comprend-on.) On trouvait l\u0026rsquo;id\u0026eacute;e bonne: une butte qui permettrait d\u0026rsquo;avoir une vue dominante sur tout le parc. Et en hiver, on pourrait y faire de la luge.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Une bonne id\u0026eacute;e \u0026raquo;, estima Luc Deleu, \u0026laquo; lorsqu\u0026rsquo;ils me demand\u0026egrave;rent de r\u0026eacute;fl\u0026eacute;chir \u0026agrave; un ajout pour la conciergerie kitsch \u0026agrave; l\u0026rsquo;entr\u0026eacute;e du parc Middelheim, je sugg\u0026eacute;rai de la coiffer d\u0026rsquo;une toiture. On cr\u0026eacute;erait ainsi une terrasse, d\u0026rsquo;o\u0026ugrave; l\u0026rsquo;on pourrait surplomber le parc. Et la construction kitsch sous la toiture, on pouvait \u0026eacute;galement en retirer quelque chose. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Au cours d\u0026rsquo;un entretien t\u0026eacute;l\u0026eacute;phonique avec la biblioth\u0026eacute;caire de l\u0026rsquo;\u0026eacute;poque, la tr\u0026egrave;s charmante madame Coenen - qui avait r\u0026eacute;pondu au t\u0026eacute;l\u0026eacute;phone pendant la pause de midi - nous sommes arriv\u0026eacute;s \u0026agrave; la conclusion qu\u0026rsquo;une telle butte pourrait bien co\u0026ucirc;ter trop cher.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Nous pouvons tout simplement puiser la terre n\u0026eacute;cessaire en creusant le sol et l\u0026rsquo;amonceler \u0026agrave; l\u0026rsquo;aide d\u0026rsquo;une bande transporteuse \u0026raquo;, sugg\u0026eacute;rai-je, \u0026laquo; nous creuserons un trou aussi grand \u0026agrave; c\u0026ocirc;t\u0026eacute; de notre butte. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Mais quand on creuse dans le parc du Middelheim, on tombe tout de suite sur de l\u0026rsquo;eau \u0026raquo;, r\u0026eacute;pondit madame Coenen, \u0026laquo; la butte va s\u0026rsquo;effriter. Dans de l\u0026rsquo;argile s\u0026egrave;che qui adh\u0026egrave;re bien, on pourrait encore utiliser des pieux en bois, mais au Middelheim, il faut du b\u0026eacute;ton pour stabiliser les constructions et alors, \u0026ccedil;a revient tr\u0026egrave;s cher. Le mieux est de demander au pr\u0026eacute;alable un devis et de nous recontacter ensuite \u0026raquo;, conclut-elle gentiment.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Pourquoi ne pas d\u0026eacute;poser un grand h\u0026ecirc;tre, arrach\u0026eacute; par la temp\u0026ecirc;te, sur le seuil du mus\u0026eacute;e? \u0026raquo;, demandai-je \u0026agrave; Panamarenko, \u0026laquo; ne serait-ce pas une plate-forme de discussion valable? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Je confectionne des robes de bal depuis mes 18 ans \u0026raquo;, r\u0026eacute;pondit-il, \u0026laquo; parce que je me suis rendu compte qu\u0026rsquo;un fagot de bois \u0026agrave; br\u0026ucirc;ler devant la porte ne me passionnait pas beaucoup. \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Guillaume Bijl continua entre-temps \u0026agrave; insister pour qu\u0026rsquo;on utilise les caves du mus\u0026eacute;e.\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; \u0026laquo; Et des travaux d\u0026rsquo;enneigement ? \u0026raquo;, me demandais-je encore, \u0026laquo; ne pourrait-on pas faire proc\u0026eacute;der \u0026agrave; l\u0026rsquo;enneigement du mus\u0026eacute;e? \u0026raquo;\u003cbr /\u003e\r\n\u0026nbsp;\u0026nbsp;\u0026nbsp; Mais lorsque nous nous retrouv\u0026acirc;mes, Guy et moi, dans les caves du mus\u0026eacute;e, nous entend\u0026icirc;mes soudain d\u0026rsquo;interminables solos de guitare et nous v\u0026icirc;mes des mirages kal\u0026eacute;idoscopiques sur les murs et les plafonds. Actuellement, nous recherchons des dias remplies de liquides. Nous verrons bien o\u0026ugrave; cela nous m\u0026egrave;nera.\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\n\u003cbr /\u003e\r\nMontagne de Miel, 30 mars 2000\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eTraduit par Mich\u0026egrave;le Deghilage\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003e\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\r\n\r\n\u003cp style=\"color: rgb(51, 51, 51); font-family: sans-serif,Arial,Verdana,\u0026amp;quot;trebuchet ms\u0026amp;quot;; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; word-spacing: 0px;\"\u003eCe texte a \u0026eacute;t\u0026eacute; publi\u0026eacute; pour la premi\u0026egrave;re fois dans le livre Mo(uve)ments, Nicc et Museum voor Schone Kunsten, Anvers, 2000\u003c/p\u003e\r\n"},{"locale":"es","short_description":"","description":""},{"locale":"el","short_description":"","description":""}],"actors":[]}